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Auteur : Jean-Philippe Blondel
Date de saisie : 25/03/2009
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Robert Laffont, Paris, France
Prix : 19.00 € / 124.63 F
ISBN : 978-2-221-11149-9
GENCOD : 9782221111499
Sorti le : 08/01/2009
Hugo a 17 ans, l'âge où l'on passe le bac et où l'on doit aussi penser à son avenir. Mais Hugo ne sait pas du tout ce qu'il veut faire et, pour se débarrasser de sa mère et pouvoir réviser tranquillement, il décide brusquement qu'il fera des études de lettres à Paris. "Au bout d'un moment, excédé, j'avais répondu "lettres" : je devinais qu'elle me ficherait la paix le temps d'encaisser le coup". Après tout, ce serait aussi le prolongement de sa passion pour la lecture qui l'a empêché depuis l'enfance de s'ennuyer dans sa famille. "Le problème, c'est vraiment la lecture. J'ai par moments l'impression que les livres mettent une sorte de film plastique entre les autres et moi. S'ils repèrent un roman dans mon sac, alors il y a dans leurs yeux un étrange mélange de respect et de mépris".
Le voilà donc, début septembre, à Paris, logé dans l'appartement de Jean Debat, cinquantenaire divorcé, tranquille et discret. Aucune communication ne semble vouloir s'établir entre Hugo et son logeur. Jusqu'au jour où, dans la librairie de son amie Michèle, Hugo découvre un roman publié dans les années 70, seul et unique roman d'un inconnu. Et si cet inconnu n'était autre que le pseudonyme utilisé par son logeur ?
D'une rencontre improbable entre un jeune homme "assoiffé de fiction et un "écrivain oublié" va naître un très beau roman où Jean-Philippe Blondel nous parle des écrivains, du monde étrange de l'édition dans les années 70 avec ses personnages hauts en couleurs et au fort caractère, de la difficulté pour les écrivains devenus célèbres de ne pas se laisser emporter par le succès au point d'en perdre l'inspiration. Mais il parle aussi de l'influence de la littérature dans nos vies de lecteurs surtout lorsque, comme Hugo, la fiction prend souvent le pas sur le réel.
Une belle écriture au service d'une histoire où les personnages s'ignorent dans un premier temps pour s'apprivoiser et devenir complices... grâce à un livre !
Voici un auteur qui, au fil de ses livres : «Un minuscule inventaire», «This is not a love song», «passage du gué», ne cesse de me plaire !
Et autant le dire tout de suite, je considère «A contretemps», comme l'un de ses meilleurs romans et contenant quelques-unes des plus belles pages qu'il ait écrites jusqu'ici !
Entre Paris et Londres, voici la rencontre aussi inattendue qu'attachante d'un jeune étudiant affamé de fiction et d'un écrivain oublié...
Jean-Philippe Blondel pose ici des questions essentielles pour nous qui aimons les livres : La place de la littérature dans nos vies... son emprise sur celles-ci... et ce qui peut arriver si l'écriture nous quitte...
Lecture fortement recommandée...
À dix-huit ans, Hugo quitte sa province et débarque à Paris pour y suivre des études de lettres. Jean, son logeur, peu aimable, peu loquace, a toutes les apparences du personnage tristement passe-muraille. Et puis, peu à peu, à cause d'un roman tombé sur sa route presque par hasard et qui a eu beaucoup de succès dans les années 1970, Hugo va percer la véritable identité de Jean : c'est lui l'auteur de ce roman. Et s'il le cache avec tant de soin, c'est parce qu'il n'y en a eu qu'un : il est, depuis, un écrivain raté... Par-delà les plis du temps, le jeune lecteur va rendre son histoire à l'homme qui a perdu l'écriture.
À tous ceux pour qui la littérature est cette étrange life-supporting machine, comme disent les Anglais, ce refuge qui permet de rester en vie : à travers l'histoire de Hugo et de Jean, ce sont eux que raconte le septième roman de Jean-Philippe Blondel. Pour la première fois, ce romancier qui est avant tout un grand lecteur nous entraîne à sa suite sur un thème qui lui est crucial : quelle est la place de la littérature, son emprise sur nos vies, que se passe-t-il si l'écriture nous quitte ? Au passage, À contretemps brosse avec une énergie communicative un portrait gentiment satirique du petit monde de l'édition et de ses cruautés, dans lequel on rit de bon coeur.
Marié, père de deux enfants, professeur d'anglais, Jean-Philippe Blondel vit à Troyes. Il est l'auteur de Accès direct à la plage (prix Québec-France du premier roman), 1979, et, chez Robert Laffont, de Juke-Box, Un minuscule inventaire, Passage du gué (prix Gaël et prix Fol'Lire), et This is not a love song (prix Exbrayat 2008).
«À contretemps» de Jean-Philippe Blondel raconte la rencontre entre un étudiant en lettres et un vieil homme qui se croyait écrivain...
Jean-Philippe Blondel conduit son roman avec brio et brosse le portrait d'un couple attachant : le jeune homme qui aime les livres et l'écrivain raté que la déception a rendu misanthrope. Blondel a beaucoup plus de talent que son vieux héros, heureusement.
Je suis terriblement mal à l'aise.
En montant les escaliers du métro, j'essaye de ne penser à rien - mais j'entends les gargouillis dans mon ventre et je ne parviens pas à empêcher le léger tremblement de mes mains. Je maudis mes parents. Ma mère, surtout. C'est elle qui a tout manigancé. C'est à cause d'elle que je me retrouve là, au milieu de gens pressés qui semblent tous courir vers une destination, un avenir proche fait de repas chauds, de soirées télévisées, de spectacles programmés, d'enfants ou de conjoints à embrasser et à dorloter, tandis que j'avance d'un pas mal assuré vers la sortie. Sans savoir s'il y aura quelqu'un à l'appartement.
Ça a commencé au printemps. J'étais obnubilé par les épreuves du bac qui se profilaient à l'horizon, mais ma mère, comme d'habitude, voyait plus loin. Elle ne cessait de me questionner sur ce qu'elle nommait «la suite des événements». Il faut être prêt, disait-elle. Le bac, ce n'était qu'un tremplin, une étape un peu douloureuse dans le processus de recherche d'emploi et, plus généralement, dans la mise en place de ma future vie d'adulte. Quel métier voulais-je avoir ? Quelles études voulais-je suivre ? Dans quel environnement ? Université, IUT, IUP, UTT ? DEUG, DUT, BTS ? L'existence semblait se limiter à des séries de sigles pour formulaires de l'Éducation nationale.
Au bout d'un moment, excédé, j'avais répondu «lettres» : je devinais qu'elle me ficherait la paix le temps d'encaisser le coup. Je ne souhaitais qu'une chose : qu'elle me laisse réviser sur mes fiches en bristol bleues, vertes et roses, qu'elle s'en aille.
Elle a eu de longues conversations avec mon père, dans la cuisine, porte fermée. Puis elle a tenté de me dissuader. Elle me rêvait en médecin, en ingénieur, voire, au pire, en professeur de mathématiques «dans un lycée, parce que le collège, maintenant, c'est l'horreur». Mais elle savait au fond d'elle-même que j'allais avoir dix-huit ans, que je n'étais pas une lumière en sciences et que si je décrochais le bac S cette année, ce serait certainement grâce aux matières annexes. Elle était également consciente du fait que je passais une bonne partie de mon temps libre plongé dans des bouquins, même si elle ne voyait que la partie immergée de l'iceberg. Et elle se souvenait que, parfois, je pouvais faire preuve d'un très mauvais caractère amenant blocages, brouilles et querelles. J'avais de qui tenir - elle était fière de ces traits de personnalité même si elle s'en défendait.
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