Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.
Comment Kandata, le bandit, tenta de quitter te les enfers à l'aide d'un simple fil d'araignée.
Comment le Prince Cinq-Armes berna le géant Poigne-Velue.
Comment des amours orageux d'Izanagi et d'Izanami, les deux vivants célestes, naquirent la vie et la mort.
D'Inde, de Chine, du Vietnam ou du Japon, les contes rassemblés dans ce recueil transmettent la sagesse universelle tout en nous plongeant dans des univers fantasques.
Un recueil de 20 contes de Henri Gougaud qui trouve toujours les mots justes pour nous plonger dans une culture étrangère.
Né en 1936, dans la région de Carcassonne, Henri Gougaud est un écrivain, un poète et un conteur reconnu. Pour lui, «les contes sont au monde parce qu'ils sont nécessaires, comme l'air, comme la lumière du jour, comme les arbres».
Les courts extraits de livres : 13/01/2009
LE FIL D'ARAIGNÉE
Voici ce qui advint, un jour, au paradis.
Shakiamouni flânait solitaire et serein dans la beauté des fleurs au bord d'un lac céleste. La brise parfumée ridait à peine l'eau. C'était un matin de printemps ordinaire, doux et parfait. Or, comme ce dieu tranquille cheminait à pas lents dans l'herbe tiède de la rive, son regard se laissa captiver par le scintillement du soleil sur les vagues transparentes. Il fit halte, et le désir lui vint de regarder, au travers de l'eau claire, ce qui se passait ce matin-là dans le tréfonds du monde où était l'enfer. Car sous ce lac du paradis, infiniment lointains mais parfaitement visibles aux yeux divins de Shakiamouni, étaient les marais de sang et de feu où remuait la foule épaisse des damnés.
Parmi cette foule, le dieu remarqua un homme qui se débattait plus furieusement que les autres, s'acharnait à se hisser sur les échines, à tendre les mains aux cieux vides, à s'agripper aux flammes errantes pour hurler sa révolte dans les fumées de soufre. Shakiamouni le reconnut : c'était Kandata, un bandit de grande force et de haute gueule. Cet homme n'avait occupé son séjour terrestre qu'à piller, incendier, assassiner et violer sans vergogne. Avait-il jamais eu le moindre élan de bonté, même infime ? Shakiamouni s'interrogea, et lui vint, comme une brume légère, un souvenir.