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L'ultime combat d'un taureau dans l'arène...
L'art macabre d'un sculpteur épris de pureté...
Les caprices d'une fillette bien trop sage...
La quête désespérée d'une vieille femme...
La dernière heure d'une courtisane damnée...
Le prisme de l'arc-en-ciel pour évoquer le jeu de la mort et de la vie.
La palette des gris pour esquisser la tristesse, le deuil et la folie.
Prysmes compose, en onze nouvelles chromatiques et vingt-sept illustrations, un paysage fantastique où se fondent, au seuil du tombeau, l'amour, les remords et la mélancolie.
Philosophe de formation, passionnée par l'histoire et la mythologie, par les contes et le fantastique, Charlotte Bousquet est une adepte de la confusion des genres : la diversité de ses écrits le montre bien. Aux éditions Le Calepin Jaune, cette auteure kaléidoscope a déjà publié un roman fantastique, Lettres aux ténèbres et dirigé une anthologie, Le crépuscule des loups dont les droits sont entièrement reversés au Parc à loups du Gévaudan.
Prysmes, recueil grave et poétique, est une fenêtre ouverte sur des thèmes qui, discrets leitmotive, accompagnent depuis longtemps son travail.
Les courts extraits de livres : 18/01/2009
D'OR ET DE SANG
Pour Léonor, qui a donné le coup d'envoi.
D'or et de sang.
Le blanc de la poussière de l'arène. L'écarlate que l'on agite devant mes yeux.
Et tout autour, les encouragements, les hurlements d'excitation, auxquels font écho les efflorescences de sueur et de musc. La transpiration des hommes. L'odeur forte, puissante, des chevaux. De ma propre suée, aussi. L'écume ruisselle sur mes flancs d'ébène, les maculant de nuées blêmes. De purpurines rigoles viennent s'y mêler, créant une mousse rosâtre qui, je le devine, décuple l'exaltation des spectateurs. Et renforce mon adversaire dans sa fallacieuse suffisance. Il est le mâle. La quintessence de la virilité. Du courage. Mélange en son être la force du toro et l'intelligence de l'homme. Et je représente son ultime défi. Le dernier obstacle avant sa consécration.
Lui, Fernando Gomez, El Demador - le plus grand torero de son temps.
Moi, que le peuple d'Espagne a nommé Espirito negro.
Le spectre noir. Le spectre de la mort.
N'ai-je pas empalé sur mes lances ivoirines sept arrogants matadors, déjà ?
Les picadors s'avancent vers moi, prêts une fois encore à transpercer mes chairs ; prêts à risquer la vie de leurs montures pour permettre à l'orgueilleux toréador de vaincre.
Dédaigneux, El Demador leur fait signe de reculer, de nous abandonner la place.