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.. Stricto sangsues

Couverture du livre Stricto sangsues

Auteur : Thomas Lugos

Date de saisie : 10/10/2008

Genre : Policiers

Editeur : Atelier in 8, Serres-Morlaàs, France

Prix : 14.00 € / 91.83 F

ISBN : 978-2-916159-58-4

GENCOD : 9782916159584

Sorti le : 10/10/2008

  • Le courrier des auteurs : 09/02/2009

J'avais au bide comme une sorte de trouille.
Sur les cent derniers mètres, je te jure, j'ai accéléré le pas.
Enfin je pousse la porte de chez toi...
Mon libraire, mon refuge...
Je réorganise mon souffle. Je me ressemble de nouveau. Je me reconnais.
Je sais que dans ton espace, aucun jingle ne viendra irriter mes tympans. Je sais que tu ne me feras pas me sentir coupable des blessures de ce monde. Je sais qu'aucun sens ni aucune vitesse de circulation ne me seront imposés. Pas de ridicule petit gilet jaune si je m'arrête devant la table des derniers romans parus. Je sais aussi que je n'aurai pas à justifier de ma nationalité ni à décliner mon identité. Ce n'est pas rien.
Chez toi, je suis ce quidam qui tourne des pages, qui caresse une couverture, qui revient sur ses pas, qui hésite entre deux livres, entre le sujet de l'un et le tempo de l'autre... avant de se diriger avec les deux vers ta caisse- enregistreuse.
Dehors, livres en main, je n'aurai plus peur... fort de me sentir de nouveau, grâce à ces prochaines lectures, un Humain, ce à quoi j'ai toujours aspiré. Au fond, ma seule réelle ambition.

Thomas Lugos


  • Les présentations des éditeurs : 23/01/2009

«C'est fou ce qu'on peut faire en une seule seconde si on sait la gérer. Dans celle-ci, par exemple, j'ai en le temps de bondir sur mon bonhomme, de croiser vite fait son regard d'ahuri... Avant ça, j'avais armé mon bras comme on tend un arc, j'avais serré mon poing autour de mon couteau, lames repliées, certes, mais avec l'intention de mettre, un peu plus clé peps dans le choc, façon poing américain... Et j'ai frappé.
Je peux dire que j'ai mis le paquet ! Comme ingrédients dans la puissance du coup, il y avait en vrac mes huit années de taille, la bille rouge, mon manque de Loli, la mort de Rafael... et tout un tas d'autres facteurs qui m'ont toujours accompagné et que je ne saurais pas formuler, mais qui tendent vers la rage.»
Barcelone sous le soleil de septembre.
Une cité comme il y en a tant d'autres : son incontournable hypermarché, ses inévitables associations caritatives et ses milliers de laissés-pour-compte... Crasse, violence, trafics, mais il y a pire encore lorsque les vampires sont en costume trois pièces et que la grande distribution n'écrase pas que les prix...
Ici comme ailleurs, dans les zones de non-droit, la misère fournit le meilleur terreau qui soit pour les magouilleurs de tout poil.
Marti ne fait pas exception à la règle ; combines, sexe, drogue... tout lui va jusqu'au jour où la mort d'un ami d'enfance donne un autre sens à son errance... Et c'est la vie qui dérape... car il y a ceux que le malheur anesthésie et les autres...
Du sang sur fond de grande distribution.



  • La revue de presse Marie-José Sirach - L'Humanité du 22 janvier 2009

Le roman de Thomas Lugos est une plongée en apnée dans les bas-fonds de la ville. On passe du Barcelone du lumpenprolétariat à celui des quartiers chics à bord d'un autobus quelconque. Tant pis pour les touristes, cette ville-là ne figure nulle part sur les guides. Et tous les ingrédients du roman noir sont là : rage, violence, machination, déshumanisation... Rien n'est laissé au hasard dans la construction narrative qui vous tient en haleine jusqu'au bout. Page après page, avec une incroyable concision et précision, se dessine le portrait d'une ville où les prédateurs portent des costards-cravates et n'ont de sentiments que pour leur portefeuille. Le cynisme est leur seule religion et rien ni personne ne semble pouvoir les arrêter. Point de manichéisme, les protagonistes se trimballent avec leur névrose, et c'est le récit qui les bouscule, les oblige à prendre un chemin qu'ils n'imaginaient pas...
L'écriture de Thomas Lugos est nerveuse à souhait ; sa construction narrative fait mouche et parvient à se faire croiser les différents récits en des lieux improbables, surprenants. Les rebondissements ne sont pas là pour amuser la galerie : ils font évoluer la dramaturgie, imposent un rythme effréné à l'histoire jusqu'à ce que triomphe un peu de vérité.


  • Les courts extraits de livres : 12/02/2009

D'accord, je n'aurais jamais dû y aller...

Mais ça faisait un bout de temps qu'elle me taraudait avec ses ren­dez-vous du vendredi soir. Fallait l'entendre : «Pourquoi ne veux-tu pas m'accompagner là-bas, chéri ? Je ne te comprends pas. Si je te dis que c'est l'éclate totale, tu peux me croire.» Quand elle avait la patate, elle me donnait aussi des trucs du genre : «Oh, Marti ! Tu as vraiment si peu confiance en moi ? Tu me fais de la peine, tu sais, chéri.» Elle n'avait pas tort -je n'avais aucune confiance en elle. Qu'on me présente le type capable de faire confiance à une nana qui minaude autant et qui te donne du «chéri» du matin au soir.

J'étais avec Loli depuis près de deux ans. Je l'avais rencontrée un soir, au Divino. Je ne l'avais jamais vue avant. Pourtant j'étais un habi­tué du Divino. C'était une putain de bonne adresse. Il se passait tou­jours quelque chose là-bas. Soit un groupe sympa jouait, soit il y avait une bonne baston... Sinon, on se rabattait sur les filles - il y en avait par grappes de douze. C'était rare quand on n'y trouvait pas son bon­heur. Pour ce qui était des consos, ce n'étaient pas les meilleures, mais c'étaient les moins chères dans tout Barcelone. Surtout quand la soeur d'Angel était au bar.
Ce soir-là, donc, sur le parking, j'avais vu une fille qui tenait sa culotte à la main, c'est ce qui avait attiré mon attention. C'était Loli. Elle pleurait... et ça aussi, ça m'avait un peu bougé. Je m'étais avancé vers elle et je lui avais demandé ce qu'elle avait, si je pouvais faire quelque chose pour elle. Elle m'avait répondu que oui. La minute d'après, on baisait dans la voiture. Ce genre de truc - aussi rapide - m'était déjà arrivé avant, mais il m'avait toujours fallu lâcher un peu de blé.


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