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Le narrateur est au chevet de sa mère. C'est la nuit, dans un hôpital. Près du corps qui s'est endormi et ne se réveillera plus, le narrateur évoque à voix haute leur vie d'autrefois. Dans une langue poétique et sensible, Xavier Houssin raconte son enfance - fils unique et chéri de sa mère qui l'a mis au monde en l'absence du père -, la rue d'Avelghem, le Nord et la Normandie.
Le lendemain, commence l'après. L'organisation des funérailles. Des journées hors du temps, pendant lesquelles le narrateur enveloppe de mots sa mère disparue.
Xavier Houssin place en exergue de son livre une phrase du journal de Loti qui annonce la mort de sa mère : Je suis en bas, dans la petite salle à manger, écrivant à tous la même dépêche : «Ma mère vient de m'ouvrir»... Lapsus qu'il fait sien tout au long de ces pages émouvantes.
Xavier Houssin est journaliste, écrivain et éditeur. Il collabore au «Monde des livres» et à l'émission «Jeux d'épreuves» sur France Culture. Il est l'auteur de trois romans, La Ballade de Lola, 16 rue d'Avelghem, Le premier pas suffit, parus chez Buchet/Chastel où il dirige la collection «Domaine public».
La revue de presse Raphaëlle Rérolle - Le Monde du 27 mars 2009
Les livres de deuil possèdent un statut très particulier. Qu'ils soient écrits au lendemain de la mort ou plus longtemps après, ces récits se rattachent à la littérature d'une seule main : celle qui, précisément, entreprend de faire le deuil. L'autre tient le mouchoir, écrase les larmes, cherche encore la trace de l'être aimé dans le creux d'un fauteuil ou dans les plis d'un lit. De cette tension peuvent surgir des livres mièvres et d'autres très beaux, très justes, comme l'est celui de Xavier Houssin...
Empreint d'une indispensable et magnifique délicatesse, son texte suggère le renversement des rôles : il est devenu celui qui veille sur l'autre, dans cette bulle où sont enfermés l'enfant et sa mère, au moment de la naissance et, parfois, à celui de la mort. C'est lui qui chante les comptines. Lui qui parle doucement, lui qui rassure, lui qui s'inquiète de savoir s'il fait trop froid, trop chaud, dans cette chambre de passage.
La revue de presse Sabine Audrerie - La Croix du 4 mars 2009
Quelle beauté que ce livre ! Écrit par un fils après la mort de sa mère, il retrace à la première personne les heures qui ont entouré cette disparition, de son arrivée auprès d'elle, déjà mourante, à son enterrement, qui clôt le récit...
Il y a là de la mélancolie, mais aussi de la joie dans les échappées de souvenirs de l'adulte devenu orphelin vers le petit garçon qu'il fut, vers les moments avec elle, les balades, les cueillettes, les regards.
La revue de presse Nathalie Crom - Télérama du 4 février 2009
Souvenirs d'une enfance vécue en tête à tête, mère et fils seuls et heureux dans la petite maison de Senlis ; le jeudi matin, l'autocar et la journée passée à Paris ; l'été, les vacances du côté d'Arras, et les virées parfois, à deux toujours, de l'autre côté de la Manche... Passé et présent mêlés disent un même amour, un même chagrin : «Je t'aime et j'ai très peur de ce qui nous attend», confie silencieusement le fils à sa mère qui se meurt.