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Devant la gare du Nord, à Paris, un homme contemple son avenir et son passé. Il se trompe, se perd, se retrouve... Les heures, les jours ne se succèdent plus. Est-ce la folie qui le prend ou le temps s'est-il ouvert comme une brèche dans la quatrième dimension ?
Philippe, l'homme, triche, va chercher son avenir dans le Temps, mais... soudain, la Mort... et c'est la plongée dans l'impossible. Le Temps s'émiette, l'esprit du Temps intervient. Pris au piège, Philippe s'affole. Voyage-t-il vraiment dans la quatrième dimension ? Que sont ces strates de temps qui l'absorbent ?
Ce court roman se joue des paradoxes et des illusions.
Après Le Temps, un récit très singulier, La Quadrature, dont les personnages sont des figures géométriques.
François Martini est un touche-à-tout original. Né dans les années cinquante, architecte comme son héros, il n'est venu que tardivement à l'écriture. Auteur de farces littéraires expérimentales, qu'il publie lui-même, relie et colle au pinceau. Peintre en bâtiment, chauffeur de taxi, agent de l'ANPE, il a fait tous les métiers, du plus noble au plus triste.
Les courts extraits de livres : 21/02/2009
Chaque samedi, Hélène arrivait de Bruxelles par le Thalys de midi dix. «Suis-je en retard ?» se demanda Philippe Vavin en sortant du métro. Midi l'éblouissait. Il avait perdu sa montre. La gare du Nord se dressait, là, face à lui, majestueuse, étincelante de blancheur dans le soleil de mai. Était-il vraiment en retard ? L'horloge de la façade le rassura. Du parvis, il crut voir Hélène se diriger vers la station de taxis.
- Hélène ?
Non, ce n'était pas elle, sûrement pas. Il n'était pas encore midi. Il avait dormi trop longtemps, s'était pressé de courir à la gare ; il était donc en avance, pas bien réveillé, un peu affolé, oui, c'était sûrement cela. Le vendredi soir, il finissait tard, trop tard. Toujours. Architecte jusqu'au bout des ongles, il était incapable de planifier. Seul dans l'agence déserte, il bouclait les affaires en route jusqu'à plus d'heure; puis il rentrait à pied par les rues du Quartier latin et terminait la soirée au pub irlandais de la rue des Boulangers, où il habitait. Ensuite, l'esprit embrumé, il s'écroulait et s'endormait profondément.
Elle prévenait toujours la veille d'un coup de fil, d'une cabine de hasard : «J'arrive demain. Je t'aime.»