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.. Une vie à coucher dehors

Couverture du livre Une vie à coucher dehors

Auteur : Sylvain Tesson

Date de saisie : 19/06/2009

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Blanche

Prix : 16.90 € / 110.86 F

ISBN : 978-2-07-012466-4

GENCOD : 9782070124664

Sorti le : 12/03/2009

15 récits dans lesquels la nature est très présente. L'homme est là aussi bien sûr, face à cette nature toujours plus forte que lui. C'est bien écrit, parfois drôle, souvent tragique, et on est tenu en haleine.
15 histoires succulentes !


  • Le courrier des auteurs : 17/07/2009

Cher libraire,

Tu vis dans un temple aux murs de papier. Poussant la porte de chez toi, je fais la même chose qu'en franchissant les porches sacrés : je me retranche du monde. Une librairie, c'est le dernier endroit des grandes villes où les gens marchent lentement et parlent à voix basse. J'aime les observer, tes clients. On croirait les personnages d'un petit théâtre. On retrouve toujours les mêmes, où qu'on soit. Il y a le vieux monsieur la tête penchée sur les tables qui retourne lentement les livres pour lire les quatrièmes de couverture. Il y a la grosse dame qui cherche un livre mais elle a oublié le titre, elle ne se souvient plus de l'auteur et elle ne sait pas qui l'a édité ni si c'est de cette année mais on lui a dit que c'était extraordinaire. Il y a la fille très belle qui serre amoureusement le livre qu'elle vient d'acheter et on se dit qu'il va peut être la tenir éveillée cette nuit ou bien changer sa vie et on la regarde partir et on aimerait être le livre. Il y a le type qui parle très fort, pour que chacun entende, et qui déclare qu'il cherche Le Monde comme volonté et comme représentation et l'on est sûr que lui, il emportera le livre partout, dans la rue, au bistro et qu'il le mettra bien en évidence parce que tout de même, Schopenhauer, c'est classe. Et puis il y a celui qui se dirige vers la caisse avec une énorme pile et l'on se prend à rêver que c'est un glaciologue qui se prépare à deux ans de survie sur une base arctique ou un sous-marinier ou un moine, enfin un de ces types qui doivent absolument se précautionner de l'Ennui. Et puis il y a toi au milieu de cette lente agitation qui conseille, qui répond, qui oriente qui dit «non, nous ne faisons pas de cartes postales» et qui met dans les mains des gens ces drôles de petits compagnons silencieux, lesquels ne réclament rien, se tiennent toujours disponibles et ont été inventés pour arracher les larmes et faire battre les coeurs.

Sylvain Tesson


  • Les présentations des éditeurs : 20/06/2009

En Sibérie, dans les glens écossais, les criques de l'Égée ou les montagnes de Géorgie, les héros de ces quinze nouvelles ne devraient jamais oublier que les lois du destin et les forces de la nature sont plus puissantes que les désirs et les espérances. Rien ne sert à l'homme de trop s'agiter dans la toile de l'existence, car la vie, même quand elle ne commence pas très bien, finit toujours mal. Et puis une mauvaise chute vaut mieux qu'une fin insignifiante.
S. T.



  • La revue de presseFrançois Busnel - L'Express du 18 juin 2009

Sylvain Tesson abandonne le récit de voyage pour la fiction. Les fictions, plus exactement. Voici 15 nouvelles effrayantes et épatantes. Elles forment un recueil parfait. Les jurés du prix Goncourt l'ont bien compris, qui viennent de décerner à ce livre hors norme leur bourse de la nouvelle...
Toutes ont en commun un goût de l'absurde et d'un comique tragique qui évoque bien plus Ionesco que les fiers «écrivains voyageurs». Le culte du progrès, l'agitation occidentale, le règne de la dissimulation, la révolte des femmes... Sylvain Tesson ne donne pas de leçon, ne prophétise rien: il raconte. Les grandes histoires, parfois, valent toutes les théories. Ces nouvelles en apportent la superbe et indubitable preuve.


  • La revue de presse Tristan Savin - Lire, mai 2009

Son remarqué Petit traité sur l'immensité du monde (Editions des Equateurs, 2005) et son Eloge de l'énergie vagabonde ont achevé de nous en convaincre: ce garçon est de la trempe des vrais écrivains. Il trouve enfin une consécration avec la publication de ses nouvelles dans la prestigieuse collection Blanche de Gallimard...
Une manière de voir sa propre vie à la lueur des étoiles - et de ramener l'existence humaine à sa juste proportion: infiniment minuscule. Il y a de la lucidité - un bouddhiste dirait de la sagesse -, peut-être même un poil de cruauté d'entomologiste dans sa vision, non pas du monde, mais de l'homme sur terre: une créature à peu près égale à une araignée, qui devrait cesser de s'agiter dans sa toile, et de détruire le décor. Le destin des «héros» de ses quinze nouvelles nous le rappelle à chaque page.


  • La revue de presse Étienne Gernelle - Le Point du 30 avril 2009

Mauvaises chutes, hasards désastreux, insultes inutiles et coups de couteau absurdes construisent une cathédrale du rire funèbre d'autant plus spectaculaire que ses fondations sont mondiales. De l'Australie à l'Ecosse, de Valparaiso à la taïga russe, Tesson le voyageur a rapporté de ses pérégrinations des trésors d'humour noir...
C'est toute l'ambiguïté de cet écrivain à causes, torturé par les souffrances des autres, mais qui semble céder parfois à ce nihilisme joyeux appris, peut-être, lors de ses aventures dans l'ex-Empire soviétique. L'issue de ce combat intérieur n'est pas certaine.


  • La revue de presse Bruno Bouvet - La Croix du 22 avril 2009

La forme du conte, qu'il développe dans Une vie à coucher dehors, se prête bien à l'intelligence poétique de cet agrégé de philosophie, qui met en garde ses amis les humains contre le plus funeste des orgueils : se prétendre plus fort que la nature. Accostant des terres fermes qu'il connaît bien pour les avoir parcourues à pied, à vélo ou à cheval, il navigue bientôt sur les rives de l'imaginaire où l'entraîne une plume futée et pétrie d'idiomes exotiques...
Sylvain Tesson veut continuer à regarder le monde, ses parcelles délaissées comme ses ermites abandonnés, car il ne se lasse pas de sa beauté sauvage, arrachée à la marche galopante de la civilisation. Il célèbre la fragilité de la vie, l'impérieuse nécessité de la goûter à sa juste valeur à l'abri du pouvoir et de la consommation.


  • La revue de presse Etienne de Montety - Le Figaro du 19 mars 2009

Son style est d'une précision de limier. Il se nourrit de détails qui surgissent au fil de sa marche et forment peu à peu un motif. Un paysage apparaît, puis un village, une maison, un être humain, une parole. Le vaste monde qu'il parcourt à longueur d'année tient soudain dans ses mots, comme une colombe dans la main de l'oiseleur. C'est la magie de l'écrivain. Une vie à coucher dehors est un merveilleux recueil de nouvelles du monde entier...
Il nous distrait et nous transporte. Et nous le bénissons. Inutile de voyager, Tesson le fait à notre place, nous rapportant fraternellement dans son sac à dos des images et des mots inoubliables.


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