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.. Sur le sable

Couverture du livre Sur le sable

Auteur : Michèle Lesbre

Date de saisie : 18/06/2009

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Sabine Wespieser éditeur, Paris, France

Prix : 17.00 € / 111.51 F

ISBN : 978-2-84805-071-3

GENCOD : 9782848050713

Sorti le : 07/05/2009

Un homme, une femme, une plage le soir sur un horizon qui brûle. Ils ne se connaissent pas. Lui se raconte, des souvenirs en flammes qui, peu à peu, mêlent leurs vies comme un écho de lui à elle, également en rupture. Modiano en fil conducteur lumineux de cette errance pour ce très beau livre, subtil et sensible sur les sables mouvants de l'existence.


Elle a quitté Paris et s'arrête sur la côte près d'une maison en flammes. Un homme est là qui ne cesse de lui parler, de déverser sur elle ses souvenirs. Elle aussi se plonge dans son passé, sa rupture récente, son amour perdu lors de l'attentat de Bologne. Les deux monologues se répondent, s'entremêlent harmonieusement, comme deux mouvements de la même partition. L'univers de Patrick Modiano colore le tout, des lieux aux personnages, du vocabulaire à la syntaxe.
Cette femme qui a choisi la «pente douce», disponible à l'offre du hasard, ressemble à l'héroïne du «Canapé rouge», le précédent roman de M. Lesbre, finaliste du Goncourt 2007.


  • Le courrier des auteurs : 15/06/2009

Cher libraire de ma jeunesse,

J'ai appris que tu étais mort il y a quelques mois. Je ne peux croire à cette mauvaise nouvelle. Ta minuscule librairie, en haut de la rue des Gras et sous l'ombre de la cathédrale, à Clermont-Ferrand, a été si longtemps le seul paradis réel pour ceux qui pensaient que la littérature pouvait peut-être sauver le monde, un jour.
Ne nous oublie pas.
Mes jeunes années ont grandi dans ce beau désordre de livres qui étaient en somme ta bibliothèque idéale, dans laquelle je venais picorer. Quels auteurs ai-je découvert avec toi ? Je ne sais plus, peut-être Daumal, Bove, Dhôtel, Calet, Dietrich, Chardonne et tant d'autres. Je me souviens de ces joyeuses assemblées, dans le brouillard de la fumée des cigarettes, où ta passion et ta culture nous clouaient le bec. Nous en repartions avec en tête des nuits blanches en perspective.
Je ne sais si j'aurai le courage de grimper la rue des Gras, lors d'un prochain passage à Clermont, pour découvrir qu'un boutique de fringues a jeté tes livres dehors ; je pense aujourd'hui que t'avoir connu a fait que les librairies sont et seront toujours mes terres promises, j'y entre avec, chaque fois, l'impression de reprendre mon souffle, de poursuivre cette aventure commencée il y a bien longtemps, en haut de cette rue sévère au nom si laid, où tu nous inventais de belles raisons d'être heureux. Je te le demande encore, ne nous oublie pas.

Michèle Lesbre


  • Les présentations des éditeurs : 21/04/2009

SUR LE SABLE. Apercevant des flammes derrière une dune qu'elle longeait au gré de ses pérégrinations, la narratrice s'arrête. A la lisière de l'incendie, recroquevillé sous une couverture, un homme prostré contemple le sinistre. Intriguée, la femme accepte de rester près de lui.
En rupture de ban, elle vient de quitter un poste de veilleuse de nuit dans un hôtel parisien. Elle a également rompu avec l'homme qu'elle aimait. Les personnages des romans de Modiano, qu'elle a intégralement relus à la faveur de ses nuits de veille, lui offraient sans doute une meilleure compagnie... Flottant entre les êtres réels et les êtres de fiction, elle suit ce qu'elle appelle sa «pente douce».
L'homme de la plage ne cesse de parler. Il est venu enterrer sa mère et, dirait-on, voir disparaître cette maison de malheur où se sont noués pour lui tant de drames : la jeune noyée d'un dimanche de son enfance, sa mère qui venait y rejoindre son amant, un ancien de l'OAS, et Sandra, avec qui il aurait aimé vivre là mais qui a été brutalement extradée vers l'Italie pour y être emprisonnée.
Au fil du monologue de ce compagnon de hasard, son auditrice est comme malgré elle envahie par ses propres fantômes. Ses deuils, son amour perdu à Bologne, sa quête et ses combats ressurgissent, brossant par touches légères le portrait d'une femme dont la liberté et la solitude sont les véritables compagnes.
Avec ce onzième livre, Michèle Lesbre poursuit sa route, déterminée et lumineuse, où le pouvoir enchanteur des mots réveille la rumeur du monde.

MICHÈLE LESBRE vit à Paris. Son précédent roman, Le Canapé rouge (2007), a été finaliste du prix Concourt. Il est déjà traduit dans huit langues.



  • La revue de presse Mohammed Aïssaoui - Le Figaro du 12 juin 2009

Dans «Sur le sable» de Michèle Lesbre, deux êtres cabossés par la vie se rencontrent sur une plage. Un livre mélancolique et lumineux...
L'écriture de Michèle Lesbre, tout en finesse et presque en rupture, donne à cette rencontre fortuite entre deux cabossés une lumière légèrement voilée, quelque chose qui ressemble à un vague espoir. La femme s'interroge : «Les livres pouvaient-ils prendre le pouvoir sur nos existences, les faire ressembler à ce qu'ils laissent en nous, des traces indélébiles parfois ?» Sur le sable donne envie de répondre oui.


  • La revue de presse Xavier Houssin - Le Monde du 29 mai 2009

Il en est ainsi des romans quand ils se révèlent comme la part d'une oeuvre : ils se bouclent, se rejoignent imperceptiblement. Dans la terre d'écriture courent des racines traçantes, fines comme des cheveux d'enfant. Le dernier texte de Michèle Lesbre est, à cet égard, d'une évidence discrète. Il est un point de rencontre dans les ramifications qui vont d'une histoire à l'autre...
Des pièces d'un puzzle épars à partir desquelles elle va insensiblement reconstituer des pans entiers de son propre destin fait d'élans, d'engagements, et où la liberté se paie d'une profonde solitude. C'est l'écriture bord à bord de Michèle Lesbre. Un ravaudage des lieux, des temps, des sentiments. Assemblage pièce à pièce. "Je suis une chiffonnière, une glaneuse, continue-t-elle. Sylvie Germain a dit très justement : "Nous n'inventons rien, nous glanons"." Paris de Modiano, Nantes de Jacques Demy et de Julien Gracq, Bologne du meurtrier attentat, ce récit se glisse dans un "entrevilles" où chaque endroit porte une charge très personnelle. Une vérité qui se découvre et se comprend.


  • La revue de presse Claire Julliard - Le Nouvel Observateur du 25 mai 2009

La surprise d'un récit qui revendique sa filiation modianesque avec autant de force, c'est qu'il s'apparente plus souvent à l'univers d'une Duras période «Moderato cantabile» qu'à celui de l'auteur de «Quartier perdu». Quoi qu'il en soit, ce court roman atmosphérique est une belle oeuvre, singulière, parfaitement aboutie. Il possède sa musique propre, une émotivité sur le fil. Le petit théâtre d'ombres de Michèle Lesbre n'appartient qu'à elle.


  • La revue de presse Christine Ferniot - Lire, mai 2009

A l'instar de son héroïne, Michèle Lesbre a relu Patrick Modiano, aimant cette porosité entre la lecture et l'écriture, cherchant toujours à rendre hommage aux écrivains sous forme de ping-pong littéraire. L'exercice était risqué, mais le résultat tient de la magie...
Sans jamais perdre de vue son inspiration mélancolique, sa méditation sur l'absence et le passé, Michèle Lesbre réussit à nous donner une furieuse envie de lire. Mais également, de reprendre ses romans précédents qui forment une seule et même oeuvre en écho.


  • La revue de presse Michel Abescat - Télérama du 20 mai 2009

Il y a dans les romans de Michèle Lesbre un charme tenace qui tient à la simplicité de son écriture, à la limpidité de son style délivré de tout effet, à l'infinie sensibilité de son regard, aussi aigu que généreux. Sur le sable dit avec autant de force que de douceur des émotions universelles et essentielles, la fragilité de nos existences trouées de deuils et d'occasions manquées, le mystère irréductible des êtres qui nous sont les plus proches, les sables mouvants de la mémoire et l'impossibilité, à jamais, d'accéder à la vérité de nos vies. Aucune tristesse pourtant dans ce texte lumineux, aucune mélancolie, ni nostalgie. Juste un regard lucide, qui enrichit et renforce. Si tout est provisoire, si la vie ne laisse que des empreintes sur le sable, il faut «saisir les choses et les gens, ne rien laisser filer, jamais».


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