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Auteur : Pascal Morin
Date de saisie : 09/09/2009
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Rouergue, Arles, France
Collection : La brune
Prix : 15.50 € / 101.67 F
ISBN : 978-2-8126-0062-3
GENCOD : 9782812600623
Sorti le : 19/08/2009
Chers libraires,
J'ai constaté que vous aviez horreur du vide. Sur les piliers, dans les interstices, parfois même sur vos vitrines, partout où les rayonnages n'ont pas leur place, vous accrochez des images pour personnaliser votre décor et feutrer votre atmosphère. J'ai vu chez plusieurs d'entre vous le très fameux portrait de Beckett en noir et blanc, Yourcenar dans son fichu, Duras en col roulé et lunettes, Le Clézio en jeune premier. Il y a même un panneau entier de ces visages, dans ma librairie préférée, celle que j'ai élue comme étant la mienne, en arrivant à Paris, il y a des années, et dont j'ai été client bien avant d'y signer mes romans. On s'y sent bien, protégé par ces géants.
Chacun d'entre vous invente son décor. Planches d'illustrations originales encore plus belles «en vrai» qu'une fois reproduites dans les albums. Affiches pour tel ou tel festival. Collages faits à la main.
Etiquettes manuscrites en couleur, conseillant de partager vos coups de coeur. Et souvent, expositions de photo.
Je suis allé, il y a peu, dans une librairie féministe, assister à une rencontre avec deux auteurs. A l'étage, sur les murs de la mezzanine, on ne pouvait manquer les photographies des manifestations de femmes, en noir et blanc, qui semblaient nous parvenir à travers le temps, mais dont les slogans étaient étonnamment contemporains. La pénétration n'est pas obligatoire pouvait-on lire sur une banderole tenue par des manifestantes, un jour de défilé comme tant d'autres, fixé ici sur la pellicule. Une devise crue et juste, en guise d'affirmation politique. Une devise forte, qui m'a rappelé qu'il y a peu, pendant les années soixante-dix, décennie de mon enfance, les mots osaient crier aux oreilles de ceux qui ne voulaient pas entendre. La pénétration n'est pas obligatoire. Pas plus que la tiédeur ou le politiquement correct. Message reçu.
Pascal Morin
Dans son quatrième roman, Pascal Morin nous emporte, au fil d'une biographie fictive, dans une passionnante réflexion sur la création. On peut se laisser prendre au jeu de l'enquête, sur les pas de ce soi-disant Pavel Munch, sculpteur provocateur et médiatique. On peut goûter sa langue charnelle, qui se déploie magnifiquement dans ses descriptions de la matière, qu'elle soit terre sculptée ou corps désirés.
Reste le vertige troublant dans lequel l'écrivain nous emporte, au fil d'une narration savamment tissée de vrais et faux miroirs.
Qui était vraiment Pavel Munch, ce sculpteur provocateur et médiatique, dont la disparition reste inexplicable ? En menant l'enquête sur son parcours, depuis son enfance jusqu'à ses heures de gloire, un narrateur tente d'éclairer cette disparition et surtout de révéler la source de cette oeuvre singulière, obsédée par la matière et les corps. Pas à pas, le narrateur-biographe explore la jeunesse solitaire de ce Pavel Munch, né dans un hameau reculé du Sud de la France qui, très tôt, modèle la boue pour créer des figurines. On découvre son adolescence brutale dans un pensionnat, durant laquelle il découvre son désir pour les hommes, puis les différentes étapes de son ascension rapide, facilitée par la fascination que sa personnalité et la radicalité de ses sculptures exercent sur les autres.
Très vite, cependant, le lecteur perçoit que cette enquête biographique n'est pas aussi classique qu'elle voudrait nous le faire croire. Car la figure du narrateur vient progressivement troubler le cours du roman. Que cache donc ce biographe ?
Qui est-il vraiment ? Personnage tout aussi trouble que Pavel Munch, ses livres se parent d'une violence froide et ironique, tout comme les sculptures de Pavel s'affranchissent de toute notion du bien et du mal. Leurs destins semblent s'être croisés à plusieurs reprises. Et longtemps, l'écrivain a envié la réussite du sculpteur et sa liberté de moeurs. Double l'un de l'autre, mais jusqu'à quelle extrémité ?
Né en 1969 à Nyons (Drôme), ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure, Pascal Morin est professeur de lettres au Lycée Voltaire, de cinéma et de littérature contemporaine à la New York University, à Paris. Ses trois précédents romans, tous publiés dans la brune, ont imposé sa voix : L'Eau du bain (2004, Babel 2005, Prix Lettres frontière), Les Amants américains (2005, Babel 2006) et Bon vent (2006). Chacun de ces romans aborde successivement les thématiques de l'eau, du feu et de l'air. Le quatrième clôt le cycle en traitant le thème de la terre.
Autour d'un sculpteur jouisseur et amoral, Pascal Morin livre une fascinante réflexion sur la création...
Pavel, ce double que le narrateur aurait rêvé d'être, cet être qui résiste et ne cesse de lui échapper, ce personnage dont il ne finira par prendre possession qu'à l'issue d'une réciproque mise à nu, d'un fascinant corps-à-corps. Composant ainsi, à travers ces multiples métaphores, une singulière réflexion sur la création et la fiction, Pascal Morin réussit, avec ce quatrième roman, son texte le plus achevé.
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