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.. Une année étrangère

Couverture du livre Une année étrangère

Auteur : Brigitte Giraud

Date de saisie : 28/10/2009

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Stock, Paris, France

Collection : Bleue

Prix : 17.00 € / 111.51 F

ISBN : 978-2-234-06346-4

GENCOD : 9782234063464

Sorti le : 19/08/2009

Nouveau roman de cette auteure lyonnaise qui nous avait tant émus avec " A présent".
Celui-ci raconte avec pudeur l'année étrangère de Laura, jeune française de 17 ans qui s'"exile" pour 6 mois en Allemagne, dans les années 80, avant la chute du Mur. Les difficultés d'adaptation, tant au niveau de langage, que d'insertion dans la famille - comment trouver sa place dans une famille où l'on est à la fois blanchisseuse, cuisinière, deuxième soeur, confidente... - et les fuites sont dans ce roman décrites avec beaucoup de sensibilité et de douceur, dans un langage qui va à l'essentiel. Laura qui croyait fuir sa drôle de famille et surtout le décès de son petit frère sera confrontée à bien d'autres non-dits avant de devenir femme.
Parler de cette "mutation", du rapport à la mère, d'un décès d'un enfant et s'interroger sur la langue, voilà tout ce que referme le très beau roman presque initiatique de Brigitte Giraud.


Jean Morzadec - 05/11/2009


  • Les présentations des éditeurs : 12/09/2009

Partie en Allemagne comme jeune fille au pair, Laura, à dix-sept ans, découvre tout d'abord qu'elle ne connaît pas si bien la langue de ce pays étranger. Puis c'est au tour de la famille qui l'accueille, un couple et deux enfants, de la troubler par leur simple mode de vie, leur comportement, leurs habitudes. Est-elle venue pour s'occuper des enfants, pour effectuer des tâches ménagères, pour parfaire cette langue ou tout simplement pour grandir enfin ? Elle est arrivée dans une famille banale qui paraît moins déchirée que la sienne, moins lourde de secrets et pourtant, peu à peu, Laura va affronter plusieurs mystères : mystère des origines, de la transmission. Elle aimerait tant déceler à travers ces personnages une vérité, un sens qui lui permettraient enfin de combler les vides et les silences de son adolescence interminable. Reconnaît-elle en s'attachant au seul garçon de la famille le petit frère qu'elle a perdu ? A-t-elle raison d'attendre avec autant de fièvre des nouvelles des siens restés en France ? Parce qu'elle retrouve chez le grand-père des enfants un exemplaire de Mein Kampf, elle est prête à tirer des conclusions hâtives et ne peut s'empêcher de lire ces pages frappées d'interdit qui la révulsent tout en la fascinant. La mère des enfants tombe malade. Le père semble se rapprocher de Laura chaque jour. Que recherche-t-il auprès d'elle ? Laura se demande quel est le prix à payer pour devenir une femme, affronter l'avenir, quitter cette maison pour rentrer dans la sienne.

Brigitte Giraud est née en Algérie en 1960. Elle est l'auteur rie quatre romans, La chambre des parents (Fayard, 1997), Nico (Stock, 1999), Marée noire (Stock, 2004), J'apprends (Stock, 2005), d'un récit, À présent (Stock, 2001) et de L'amour est très surestimé (Stock), prix Concourt de la nouvelle 2007.



  • La revue de presse Michel Abescat - Télérama du 28 octobre 2009

Brigitte Giraud s'attache aux détails, traque les instants qui dérapent, les silences qui s'étirent, les microévénements qui ouvrent sur des abîmes...
Brigitte Giraud, avec une belle acuité de coeur et de regard, a l'art de tendre tous les fils au point de faire de son roman une sorte de lent et fascinant suspense. Roman d'un double deuil, celui d'un frère et celui d'une partie de soi-même, Une année étrangère, sous ses dehors miniaturistes, dégage une force et un souffle d'une rare intensité.


  • La revue de presse Christine Rousseau - Le Monde du 16 octobre 2009

Une année étrangère, le septième roman de Brigitte Giraud, est sans doute le plus beau et le plus abouti. Un livre tout imprégné d'une atmosphère étrange et mystérieuse qui enveloppe le lecteur dès les premières lignes et l'entraîne dans "une aventure singulière". Celle "d'une acclimatation à un lieu étranger", d'une "transformation", pour reprendre les mots de Thomas Mann, dont l'ombre tutélaire plane sur toutes ces pages...
Vertige d'une histoire, d'une langue, d'un pays ; vertige du vide, du deuil, mais aussi d'une métamorphose, d'un corps et d'une conscience qui s'éveillent à soi, à l'autre... Ainsi se noue et se dénoue cette Année étrangère dans laquelle Brigitte Giraud, d'une prose sûre, juste et précise, rassemble tous les thèmes qui lui sont chers. Et fait entendre, par-delà la voix émouvante de Laura, celle d'une romancière au faîte de la maturité.


  • La revue de presse Alain Nicolas - L'Humanité du 8 octobre 2009

La maison sera la «patrie provisoire» de la jeune fille au pair, petite française qui vient d'avoir dix-sept ans. Plus que la mise à l'épreuve de son allemand scolaire, c'est la longue maturation de ce «quelque chose» qui la tienne, qui «prenne corps», qui pourrait être l'enjeu de ce roman habité par la violence du calme...
Cela suffira-t-il pour que ces six mois de gestation accouchent d'une femme accomplie ? La réussite de ce livre est de faire résonner une question aussi simple, dans cet univers raréfié, et de prendre le lecteur aux tripes avec une économie de moyens étonnante. Peu à peu on comprend pourquoi les Bergen qui n'ont pas besoin d'une jeune fille au pair en embauchent une, et ce premier mystère résolu en entraîne bien d'autres. Et le lecteur suit jusqu'au bout ce livre qui tient miraculeusement sur une tête d'épingle, preuve d'un talent qu'on connaissait à l'auteur, et qui nous vaut une incontestable réussite.


  • La revue de presse Jérôme Garcin - Le Nouvel Observateur du 1er octobre 2009

Quel beau livre, quel roman troublant. Depuis «A présent», où elle racontait l'accident de moto qui coûta la vie à son compagnon, on connaît l'art presque invisible de Brigitte Giraud. Elle sait faire entendre le silence, étirer le temps ordinaire, provisoire, exprimer les émotions les plus graves avec simplicité. Ici, le passage de l'adolescence à l'âge adulte, l'exil des sentiments, la solitude et surtout les ruades de la vie après la mort d'un frère. Mais aussi le poids oppressant de la grande Histoire dans une maison qui sent le chou, le fuel, la cigarette et garde mal ses secrets. Celui qui éclate à la toute fin nous donne déjà envie de relire ce chant du regret et de la métamorphose.


  • La revue de presse Françoise Dargent - Le Figaro du 27 août 2009

Dans ce roman qui s'étire lentement comme les six mois que passe Laura loin des siens, Brigitte Giraud évoque avec acuité le délicat passage de l'adolescence à l'âge adulte. Ici, le séjour à l'étranger, sous couvert de perfectionnement linguistique, cache sa véritable destination. La jeune fille le voit comme un mal nécessaire, le seul moyen de couper le lien avec ses parents qui se déchirent après la mort de leur plus jeune fils...
L'auteur ne triche pas, s'attachant constamment à suivre son héroïne sans distraire le lecteur. Les événements ne relèvent jamais du spectaculaire mais ils font le sel de la nouvelle vie de Laura qui apprend à découvrir les secrets de ceux qui l'entourent : la découverte d'un exemplaire de Mein Kampf chez le grand-père, une virée en moto avec Thomas jusqu'à l'hospitalisation de la mère. À ce moment du récit, Laura devient malgré elle la femme de la maison. Reste à savoir si elle sera prête à s'affirmer face aux autres. Grandie et enfin libérée.


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