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.. Et que le vaste monde poursuive sa course folle

Couverture du livre Et que le vaste monde poursuive sa course folle

Auteur : Colum McCann

Traducteur : Jean-Luc Piningre

Date de saisie : 10/09/2009

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Belfond, Paris, France

Prix : 22.00 € / 144.31 F

ISBN : 978-2-7144-4506-3

GENCOD : 9782714445063

Sorti le : 13/08/2009

New York, dans les années 70.
Un homme s'élance sur un câble tendu entre les Twin Towers. Il devient le lien, le fil conducteur d'une histoire où des personnages aux destins aussi différents que bouleversants se croisent et se confrontent au risque de perdre l'équilibre.
C'est ainsi que l'on croise un prêtre irlandais tiraillé entre son amour pour une femme et sa fidélité à Dieu, un groupe de mères déchirées par la perte de leur fils pendant les combats au Viêt-Nam ou encore une prostituée en prison blessée et désespérée.
Une fresque vivante, saisissante, poignante, qui défile dans une course folle


Le point de départ : 1974 ; un funambule audacieux traverse le ciel de New-York, sur un fil tiré en toute illégalité, entre les deux tours du World Trade Center.

De ce fait réel, Colum McCann tire un roman des existences et surtout des souffrances "ordinaires". Sa verve et son sens du récit, son écriture incisive, nerveuse, rapide nous entraîne dans un carrousel de vie et de destins qui se croisent, se heurtent, s'enchevêtrent...

Extrait : "La peur, c'est comme la poussière, ça flotte dans les airs. Tu te balades et tu ne vois rien, tu ne fais pas attention, mais elle est là, elle s'infiltre partout, recouvre tout. On la respire, on la touche, on la boit, on la mange, elle est tellement fine qu'on ne la remarque pas. Mais elle nous habille. [...] Mais pas question de s'arrêter, on avance, il faut avancer." [p42]


Après "Zoli" (paru en 1018) Colum Mc Cann nous offre, dans un registre différent, un nouveau roman tout aussi profond.

C'est le New York des années 70 que fait revivre ici Colum Mc Cann. Des tranches de vies se succèdent avec un fil conducteur (c'est le cas de le dire) pour le moins original : août 1974. Sur une corde tendue entre les Twin Towers Philippe Petit s'élance, sans aucun système de sécurité et en toute illégalité. Toute la ville en parle, puis rapidement, tout le pays est bouleversé par cet exploit. Va-t-il réussir ? Va-t-il tomber ?

Et eux ? Vont-ils réussir ou bien vont-ils tomber ? Corrigan, un prêtre irlandais, cherche Dieu et éprouve sa foi parmi les laissés pour compte du Bronx ; dans un luxueux appartement de Park Avenue, des mères de soldats disparus au Vietnam se réunissent pour ressusciter leurs fils, ne serait-ce que quelques heures, mais les barrières sociales sont parfois infranchissables... Tillie, une prostituée en prison pour avoir "dépouillé" un client, nous livre son désespoir de n'avoir su protéger sa fille et ses petits-enfants.

La ville et les personnages font corps. Ces histoires, magistralement portées par l'écriture de Colum Mc Cannn, ne pourraient avoir lieu ailleurs.

On ne sort jamais complètement indemne de la lecture d'un roman de Colum Mc Cann, "Et que le vaste monde poursuive sa course folle" ne fait pas exception.


  • Les présentations des éditeurs : 11/07/2009

Dans le New York des années 1970, un roman polyphonique aux subtiles résonances contemporaines, une oeuvre vertigineuse.

7 août 1974. Sur une corde tendue entre les Twin Towers s'élance un funambule. Un événement extraordinaire dans la vie de personnes ordinaires.
Corrigan, un prêtre irlandais, cherche Dieu au milieu des prostituées, des vieux, des miséreux du Bronx ; dans un luxueux appartement de Park Avenue, des mères de soldats disparus au Vietnam se réunissent pour partager leur douleur et découvrent qu'il y a entre elles des barrières que la mort même ne peut surmonter ; dans une prison new-yorkaise, Tillie, une prostituée épuisée, crie son désespoir de n'avoir su protéger sa fille et ses petits-enfants...
Une ronde de personnages dont les voix s'entremêlent pour restituer toute l'effervescence d'une époque. Porté par la grâce de l'écriture de Colum McCann, un roman vibrant, poignant, l'histoire d'un monde qui n'en finit pas de se relever.

«Je me fais beaucoup de souci pour Colum McCann : que pourra-t-il bien faire après un roman aussi extraordinaire, une oeuvre aussi fracassante, une symphonie aussi déchirante ? Jamais un écrivain n'est allé aussi haut ; jamais un auteur n'a plongé aussi profondément dans le coeur de New York.»
Frank McCourt

«Colum McCann, un artiste téméraire au grand coeur, un poète de chaque instant.»
Peter Carey

«Avec comme fil conducteur l'époustouflante traversée qu'effectua Philippe Petit entre les tours inachevées du World Trade Center en 1974, Colum McCann nous offre le vertigineux panorama d'un New York en pleine ébullition : dames patronnesses de Park Avenue, junkies du Bronx, magistrats de Center Street, artistes branchés et tagueurs de métros, curés des rues, flics fatigués, prostituées épuisées, mères pleurant une guerre en Asie tout juste terminée ; un choeur magistral de voix liées par la plus éphémère vision de ce point dans le ciel, cet homme, cent dix étages plus haut, marchant sur leur tête.»
Richard Price

Né à Dublin en 1965, Colum McCànn est l'auteur de cinq romans, Le Chant du coyote, Les Saisons de la nuit, Danseur, Zoli, lit que le vaste monde poursuive sa course jolie, et de deux recueils de nouvelles, La Rivière de l'exil et. Ailleurs, en ce pays, tous parus chez Belfond et repris chez 10/18.
Colum McCann vit à New York avec son épouse et leurs trois enfants.



  • La revue de presse Florence Noiville - Le Monde du 11 septembre 2009

Il est l'homme qui tend des fils : entre son Irlande natale et son Amérique d'adoption - avec, ici, la magnifique figure de Corrigan, ce prêtre irlandais qui cherche Dieu au milieu des prostituées du Bronx ; des fils entre le réel et la fiction -, dans la manière bien à lui qu'a McCann de bâtir des romans autour de personnages vrais, le danseur Noureev ou la poétesse tzigane Papusza (Danseur et Zoli, Belfond, 2003 et 2007) ; des fils entre lui et nous, sans arrêt, avec ses phrases toutes simples, dénudées, tranchantes comme des lames. Le romancier n'est-il pas comme ce "Charlot sur sa corde" ? semble-t-il demander entre les lignes. Un "pantin" qui fait intrusion chez les autres "en jetant sa vie à la gueule du monde" ?...
Qu'est-ce qui coud ensemble ces vies ? Qu'est-ce qui les réunit en un tissage qui finit par présenter, comme un motif dans le tapis, l'esprit d'une époque - la folie des "seventies", la fin de guerre du Vietnam, celle de la période hippie, le fou sur son fil et les bordels du Bronx ? Rien, bien sûr, si ce n'est l'essentiel, la langue âpre et mélancolique de McCann qui nous prend dans ses rets dès les premières pages. Et qui nous plonge - presque physiquement - dans cette Amérique-là.


  • La revue de presse Natalie Levisalles - Libération du 3 septembre 2009

La beauté de ce roman, c'est un petit groupe de personnages bizarrement assortis et leurs relations dans le Bronx pourri, dangereux, mais vivant des années 70, la force visuelle de certaines scènes, l'évocation de la vie à la fois excitante et claustrophobique des informaticiens de l'armée au Vietnam, un accident d'auto comme filmé au ralenti, «le volant repousse violemment Corrigan, lui fracture le sternum, sa tête rebondit sur le pare-brise, le verre fait une toile d'araignée sanglante...»...
Et, pour ceux qui ont lu l'Homme qui tombe, le roman post-11-Septembre de Don DeLillo, le rapprochement est inévitable. McCann a raconté que la première phrase de son roman était : «La perspective de l'homme qui tombe...» et qu'il a dû la supprimer quand est paru le roman de DeLillo. Longtemps après l'été 1974, dans un épilogue qui se passe en 2006, il apparaît que, malgré les tragédies, des choses peuvent être réparées et d'autres construites. Le pire n'est pas toujours à venir. Même après le drame, la vie est possible et peut receler de surprenants éclats d'amour et de gaité.


  • La revue de presse Frédéric Vitoux - Le Nouvel Observateur du 3 septembre 2009

Seules importent la beauté et la bonté de son regard, cette pâte humaine qu'il invente et observe avec une compassion phénoménale pour ses personnages et sa ville d'adoption. Bien entendu, un acrobate n'est jamais l'abri d'un faux pas. McCann se révèle moins à son aise pour faire parler une prostituée noire qu'un artiste d'avant- garde. Qu'importe ! Reste son stupéfiant ballet d'ombres, qu'il observe de haut ou de près, qu'il survole et qu'il plaint, alors que le vaste monde poursuit sa course folle.


  • La revue de presse Stéphane Bataillon - La Croix du 26 août 2009

Entre espoir et fureur, Colum McCann replonge dans le New York du milieu des années 1970 en suivant l'extraordinaire traversée du funambule Philippe Petit entre les Twin Towers...
Juste au milieu du câble, le funambule s'arrête. Reste immobile quelques secondes puis s'allonge doucement pour regarder le ciel. Il croit entendre monter les cris de la foule. Il sait avoir trouvé le silence parfait. En conquérant l'espace, il vient de réussir, volontairement cette fois, à suspendre le temps. Pour le lecteur, bien sûr, un autre bruit résonne. Une autre déchirure qui court en filigrane. L'effondrement des tours. Le mythe d'une Amérique invincible a implosé le 11 septembre, renversant notre monde. Certains y ont même vu une fin de l'histoire. Pour McCann, au contraire, «la littérature nous rappelle que toute la vie n'est pas déjà écrite : il reste tant d'histoires à raconter». Ce roman en est la preuve. Une parabole pour accepter le délitement. Une approche lucide du lent travail de deuil, nécessaire et possible, pour distinguer ce qui subsiste. Pour découvrir, une fois la poussière retombée, que tous les liens rompus sont devenus racines. Et que l'on peut y puiser la force de reconstruire.


  • La revue de presse Bruno Corty - Le Figaro du 20 août 2009

Au cours d'une rencontre, à Paris, en décembre dernier, l'écrivain parlait de son livre comme d'un «antiroman sur le 11 Septembre», et il ajoutait : «Philippe Petit, le funambule, ploie de 1974 à 2001.» Même s'il n'est pas le sujet du roman mais le prétexte, le funambule est comme un pont dressé entre deux époques de l'histoire américaine et de la ville de New York. Entre les deux rives, le romancier lance son filet à émotion...
On se perd un peu dans ce tourbillon de vies reliées entre elle par la souffrance et la perte. Mais c'est peut-être le but de la manoeuvre. Décrire une ville, New York, dans son effervescence, ses moindres frémissements. Et une époque, les années 1970, où malgré la guerre en Asie, la fin de l'ère hippie, un homme pouvait encore se prendre pour un oiseau sur un fil tendu entre deux tours sans risquer plus qu'une peine symbolique.


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