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Auteur : Minh Tran Huy
Date de saisie : 27/02/2010
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Actes Sud, Arles, France
Prix : 18.00 € / 118.07 F
ISBN : 978-2-7427-8567-4
GENCOD : 9782742785674
Sorti le : 19/08/2009
Inspiré d'un fait divers qui avait défrayé la chronique dans les pays anglo-saxon, La double vie d'Anna Song, est une splendide histoire d'amour, racontée avec beaucoup de finesse et de subtilité. Un livre fort et puissant et qui en même temps procure une sensation d'apaisement.
Extrait : "Le souvenir : ce qui reste à ceux qui ont le temps, qui ont le choix. Anna et moi avions chacun nos morts, et cela ne nous empêchait nullement de vivre dans le souvenir - le fantasme - de ce qui avait été.
Anna Song, la plus grande pianiste vivante dont personne n'a jamais entendu parler.
Dès les premières pages du livre on apprend la mort de Anna Song des suites d'un cancer, grâce à un article publié dans un magazine spécialisé. Elle laisse derrière elle une importante oeuvre musicale enregistrée.
Parallèlement son mari Paul Desroches nous conte leur histoire d'amour. C'est un roman écrit à la première personne et Paul Desroches est le narrateur.
Rapidement, le doute s'insinue quant à l'authenticité de l'oeuvre d'Anna Song lorsqu'un fan tente de télécharger un disque sur son Ipod.
C'est un roman à double voix, avec d'un coté le récit de Paul Desroches et de l'autre les articles publiés dans la presse spécialisée qui sont de plus en plus agressifs.
Grâce au suspens savamment mené par l'auteur, il faut attendre les dernières pages du roman pour comprendre jusqu'où on peut aller par amour.
C'est un très beau livre tiré d'une histoire vraie.
Ce livre est le récit d'un amour absolu.
Alternant articles de journaux et récit du narrateur, Paul Desroches, le livre nous expose lentement la vie d'Anna Song, jeune pianiste virtuose mais condamnée par le destin.
Très vite pourtant, le doute survient. Pianiste prodige ou, aidée par son mari, faussaire prodige ? En effet, entrecoupant le récit de Paul Desroches, les articles passent du dithyrambe à la dénonciation offusquée et choquée. Quant au récit lui-même, ce n'est rien de moins que l'histoire d'un amour commençant dans l'enfance, lorsqu'un garçonnet venant de perdre ses parents entend un morceau de piano exécuté par une petite fille.
Tout le talent de l'auteur tient dans cette alternance de ton, de style, passant de l'écriture journalistique à celle d'un homme qui se raconte au travers de son amour perdu, de tout ce qu ?il a entrepris pour le retrouver, le protéger, le conserver.
Vous ne saurez qu'à la toute fin du roman qui était Anna Song et, une fois la dernière page refermée, retournez aux citations placées en exergue, au début du livre, et savourez leur à-propos !
Le narrateur de «La double vie d'Anna Song» est Paul Desroches mari d'Anna Song amoureux depuis leur tendre jeunesse. La narration est entrecoupée de coupures de presse rendant compte de l'aventure de Paul et Anna. Paul orphelin a rencontré Anna chez sa grand-mère. Paul devient très proche d'Anna par cette relation tendre qui le porte, le soutient, la passion d'Anna pour la musique, ses dons exceptionnels, les légendes vietnamiennes qu'elle lui conte illuminent le quotidien de Paul. La carrière d'Anna est brisée par une maladie qui l'empêche de mener à bien ses projets. Mais l'amour et la passion de Paul sont plus forts. Il crée un studio d'enregistrement, et diffuse les CD d'Anna. Grâce à Internet notamment, le succès d'Anna devient gigantesque et les admirateurs conquis extrêmement nombreux. Jusqu'au jour, où l'un d'eux découvre la supercherie. Anna n'a pas enregistré une note, les morceaux ont été créés de toute pièce à partir de différentes interprétations. Le scandale éclate et contraint Paul à exposer ses confidences et le mythe qu'il a créé et qui l'a épaulé dans sa vie de tous les jours. Minh Tran Huy confirme ici la réussite de son premier roman avec cette histoire (inspirée d'une histoire vraie) sur la passion, la folie d'aimer, les mythes, la musique et toujours et encore en arrière-fond le Vietnam.
«Anna Song, la plus grande pianiste vivante, mais dont personne n'a jamais entendu parler.»
Paul Desroches, son mari et producteur, nous dresse au fil des pages le portrait de cette musicienne virtuose dont la mémoire est entachée lorsque l'authenticité de ses enregistrements est remise en doute par les médias.
Les mots s'écoulent comme autant de notes délicates et subtiles qui racontent la passion, l'amour, les racines mais aussi l'opprobre, la trahison...
Minh Tran Huy nous offre à travers le destin de ses deux protagonistes un roman d'une beauté et d'une force rares, et ce jusque dans les dernières lignes lorsque l'ouvrage prend une ampleur insoupçonnée et magistrale. Une merveille de cette rentrée littéraire.
1) Qui êtes-vous ?
Une lectrice et un écrivain - et quelqu'un qui essaie d'écrire ce qu'elle aime lire.
2) Quel est le thème central de votre livre ?
L'imposture, déclinée sous différentes variantes - la mystification publique, la trahison intime, le sentiment d'imposture.
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de votre livre, laquelle choisiriez-vous ?
"Mieux vaut un mensonge qui apporte la paix qu'une vérité qui vous détruit."
4) Si votre livre était une musique, quelle serait-elle ?
"Pavane pour une infante défunte" de Ravel.
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Quelque chose qui relève à la fois du sentiment esthétique (ce qu'on ressent devant toute forme de beauté) et de l'émotion pure, celle qui vous saisit à l'écoute d'une musique, ou d'un chant. C'est ce que j'essaie de transmettre.
LE POINT DE VUE DES ÉDITEURS
Anna Song, "la plus grande pianiste vivante dont personne n'a jamais entendu parler", laisse derrière elle une oeuvre discographique sans précédent. Malgré la maladie, et dans un engagement du corps et de l'âme proche de la ferveur, elle a voué ses dernières années à arpenter, avec une indéfectible justesse, un territoire musical des plus vastes. Gardien du temple et architecte de la légende : Paul Desroches, son mari et producteur. Mais tandis que celui-ci raconte la femme aimée, de l'émerveillement enfantin aux patientes années d'une vie partagée dans une sorte de culte de la beauté, le scandale éclate. Anna Song n'aurait pas enregistré une seule note de sa discographie, pillée ailleurs par l'amoureux démiurge. Imposture, falsification, trahison : au concert de louanges nécrologiques succède le tapage de l'opprobre, relayé par des médias d'autant plus féroces que bernés.
C'est un fascinant jeu de miroirs qu'orchestre ici Minh Tran Huy dans un deuxième roman qui confirme l'avènement d'un univers d'une impressionnante cohérence, Où l'on retrouve l'omniprésente absence du pays des origines, le Vietnam, dont la réalité floutée par le temps et l'éloignement s'enracine dans un silence peuplé de contes. Et aussi cette petite musique envoûtante, cette opacité impavide plus généreuse qu'elle ne s'affiche, qui évoque irrésistiblement les eaux calmes d'un lac, sous lesquelles se jouent - et demeurent - les plus violentes tragédies.
Tombeau du premier, du grand, de l'unique amour, entre ode et plaidoyer, La Double Vie d'Anna Song révèle et défend la folie d'aimer, mais aussi le droit à inventer des vies à la hauteur de cette folie.
Née en 1979, Minh Tran Huy a publié son premier roman, La Princesse et le Pêcheur, chez Actes Sud en 2007(et Babel n"968). Elle est également l'auteur d'un recueil de contes et légendes du Vietnam, Le Lac né en une nuit (Babel n° 888, 2008).
La Double Vie d'Anna Song, roman d'une usurpatrice involontaire, est aussi une réflexion sur la création. Paul justifie jusqu'à l'absurde l'imitation des autres. C'est le sens de son plaidoyer quand il dit que "la littérature, après tout, ne cesse de recombiner les mêmes mots et la musique les mêmes notes". Les enregistrements d'Anna, Paul les vole à d'autres, certes. Mais il en fait le portrait amoureux de sa femme. Il crée. A la manière d'un Arcimboldo des sons, Paul rend justice à Anna. En fait, sa fiction en cent CD compense le réel. Rien à voir avec un mensonge, "nous sommes tous des êtres de fiction, et nos chimères nous définissent". Nous existons autant par nos rêves que dans notre vie quotidienne. Ce que la vie nous a refusé, la fiction peut nous le rendre...
Loin de son modèle, à la recherche d'une autre vérité pour son personnage, Anna Song, Minh Tran Huy a une belle main, un beau geste quand elle creuse le fait divers. Ce second roman est une réussite.
Mais Minh Tran Huy ne se contente pas de mettre en roman le destin tragique et dérisoire de la pianiste britannique. La Double Vie d'Anna Song est en effet un roman hanté par la figure du double. Le récit lui-même se divise en deux fils, l'un, en forme de dossier de presse, relate les faits qu'on vient d'exposer, l'autre est le journal de Paul Desroches, mari d'Anna Song et l'auteur de la mystification. La narration se scinde en deux, une branche «extérieure» où le vrai et le faux s'affrontent comme le bien et le mal, et une branche «intérieure» où se met en scène la complexité de jeux de miroirs...
Dans ce deuxième roman, la prose simple et limpide de Minh Tran Huy s'attaque crânement aux plus insondables des mystères, ceux de lé, du deuil et de l'art. La réussite est au rendez-vous.
Minh Tran Huy pourrait se contenter de cette part d'ombre brutalement révélée et de la mystification. Elle se détache de la logique pour se glisser dans la folie mentale d'un homme qui veut dresser un tombeau somptueux à la femme qu'il aime. En choisissant une artiste déracinée et un homme privé de passé, la romancière évoque aussi la recherche perpétuelle des origines, le besoin de s'inventer un monde idéal. Par une construction tendue, l'auteur évite le piège du sentimentalisme pour mieux décrire la férocité d'une réalité qui nourrit les uns et brise les autres. Le mensonge devient alors le seul moyen d'échapper au silence, de prolonger le souvenir, ou de le parfaire... jusqu'à l'imposture.
Et si la pianiste Anna Song n'était pas l'interprète de ses disques ? Amour, musique et vertige avec Minh Tran Huy...
La force de ce deuxième roman aux accents murakamiens (dédié à la mémoire de François Dufay qui fut rédacteur en chef de L'Express) tient à sa brillante narration, alternant les coupures de presse et la parole de Paul. Bref, aucune imposture du côté de Minh Tran Huy, qui est bel et bien l'auteur de ce livre vertigineux...
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