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_ Jan Karski

Couverture du livre Jan Karski

Auteur : Yannick Haenel

Date de saisie : 24/09/2009

Genre : Essais littéraires

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : L'infini

Prix : 16.50 € / 108.23 F

ISBN : 978-2-07-012311-7

GENCOD : 9782070123117

Sorti le : 03/09/2009

Disons le tout de suite, il n'est pas utile d'avoir vu ou lu le mythique «Shoah» de Claude Lanzmann pour apprécier le nouveau roman de l'auteur de «Cercle», car celui-ci en fait un résumé dans la première partie du livre. Autant ce qu'il observe à l'écran, que ce qu'il entend de la bouche de Jan Karski, messager de la résistance polonaise auprès du gouvernement en exil à Londres.
Yannick Haenel utilise ici tour à tour les moyens du documentaire, puis de la fiction, pour raconter la vie de celui qui est entré clandestinement dans le ghetto de Varsovie, afin qu'il dise aux alliés ce qu'il a vu dès 1942.
Jan Karski traverse l'Europe en guerre, alerte les anglais, et rencontre pour finir le président Roosevelt en Amérique.
Absolument remarquable !


  • Les présentations des éditeurs : 04/09/2009

Varsovie, 1942. La Pologne est dévastée par les nazis et les Soviétiques. Jan Karski est un messager de la Résistance polonaise auprès du gouvernement en exil à Londres. Il rencontre deux hommes qui le font entrer clandestinement dans le ghetto, afin qu'il dise aux Alliés ce qu'il a vu, et qu'il les prévienne que les Juifs d'Europe sont en train d'être exterminés.
Jan Karski traverse l'Europe en guerre, alerte les Anglais, et rencontre le président Roosevelt en Amérique.
Trente-cinq ans plus tard, il raconte sa mission de l'époque dans Shoah, le grand film de Claude Lanzmann.
Mais pourquoi les Alliés ont-ils laissé faire l'extermination des Juifs d'Europe ?
Ce livre, avec les moyens du documentaire, puis de la fiction, raconte la vie de cet aventurier qui fut aussi un Juste.



  • La revue de presse Alain Nicolas - L'Humanité du 24 septembre 2009

Long itinéraire qui aboutira à une transformation profonde, déclenchée par l'interview donnée à Claude Lanzmann. Karski va s'identifier à cette parole si longtemps vaine. L'information deviendra transmission, le messager témoin. «Qui témoignera pour le témoin ?» demandait le poète Paul Celan, lui-même survivant de l'extermination. Yannick Haenel nous propose, avec tous les moyens mais sans les artifices de la littérature, une réponse convaincante.


  • La revue de presse Bernard Loupias - Le Nouvel Observateur du 27 août 2009

L'auteur de «Cercle» célèbre, avec une justesse bouleversante, le patriote polonais catholique qui a tenté d'alerter le monde sur l'extermination des juifs d'Europe par les nazis. C'est un livre inoubliable. Ecrit à la mémoire d'un homme d'une noblesse et d'un courage exceptionnels, par Yannick Haenel, cofondateur de la revue «Ligne de risque» et auteur, notamment, de «Cercle». Le nom de cet homme, Jan Karski, est le titre de ce nouveau roman : «J'y tenais, dit-il. C'est un geste philosophique. Il s'agissait pour moi défaire advenir son nom propre, ce que sa délicatesse l'a empêché de faire. Jan Karski pouvait pousser cette délicatesse jusqu'à une réserve quasi masochiste. Une évidence pour qui l'a vu dans «Shoah» ou a lu son livre.»...
Comme Jan Karski s'était effacé devant le message dont il était le porteur, Yannick Haenel s'est à son tour effacé devant Karski, pour devenir, dit-il, «le messager du messager», dont le nom figure désormais parmi ceux des Justes des nations, au mémorial de Yad Vashem à Jérusalem.


  • La revue de presse Antoine Perraud - La Croix du 2 septembre 2009

Le triptyque méduse, avec son dispositif concis, son écriture écorchée, son acuité de chaque instant. Il y a d'abord deux comptes-rendus. Dans Shoah de Claude Lanzmann, apparaît Jan Karski, filmé en 1977, qui tressaille, pleure, s'échappe du champ de la caméra, au moment de revenir trente-cinq années en arrière. Il le fait en un mot, «now» (maintenant), et revoit la destruction des juifs. Pour qu'il alertât le monde et prévînt le massacre total, en 1942, dans le ghetto de Varsovie par deux fois, puis dans un camp d'extermination nazi, cet officier polonais fut introduit parmi la mort à l'oeuvre...
Par-delà un style hallucinant à force de méticulosité, Jan Karski éclaire une morale possible : «Que vous soyez à trois mètres du poteau d'exécution, ou à des milliers de kilomètres, la distance est la même. Car à partir du moment où un vivant éprouve sa distance avec un homme qu'on met à mort, il fait l'expérience de l'infamie.»


  • La revue de presse Mohammed Aïssaoui - Le Figaro du 27 août 2009

L'ouvrage de Haenel, sobrement titré Jan Karski, est bâti en trois parties. La première est consacrée à la retranscription de l'entretien que Karski a eu avec Claude Lanzmann dans Shoah : superbe. La deuxième est une sorte de résumé du témoignage publié en 1944 : édifiante. Dans la dernière partie, Haenel se met dans la peau du Polonais : c'est la plus forte. Ce mélange de réalité et d'invention est une merveille mise au service d'un sujet où il est surtout question d'horreur et de crime «par» l'humanité ; l'invention crée le réel. Avec une simplicité et une conviction qui emportent l'adhésion, Haenel apporte un regard - son regard - sur le rôle de l'écriture. Car Jan Karski est aussi un exercice littéraire de haute tenue qui brise les frontières entre la fiction et la non-fiction. Ce livre peut être considéré comme une biographie, un récit historique, un document ou un roman. Peu importe, c'est de la littérature. Une littérature que l'on défend d'autant plus qu'elle est vivante et porte un message fort. Peut-être Haenel a-t-il permis que l'on entende un peu mieux ce Karski ?


  • La revue de presse Nathalie Crom - Télérama du 26 août 2009

La Shoah au centre d'un roman documentaire audacieux...
Qui témoigne pour le témoin ?» : placé en exergue du livre de Yannick Haenel, le frag­ment du poème de Paul Celan explique d'emblée le projet de ce roman d'une simplicité impeccable et terrible. Le témoin dont il est question s'appelle Jan Karski, il est un de ceux qu'interroge Claude Lanzmann dans Shoah. Les premières pages du roman retracent sobrement cet instant du film : un homme face à la caméra - l'enregistrement à lieu dans les années 1970 - qui voudrait parler, mais dont la parole se brise, un homme happé par la tentation du silence et qui, avec ce silence, se débat, pour finalement parvenir à réciter le message dont il est porteur depuis plus de trente-cinq ans...
Mais ce que l'on retient de ce Jan Karski, c'est le portrait intérieur d'un homme qui finit par s'enfermer dans le silence, pour mieux s'«enfermer dans ce tombeau où Dieu et l'extermination sont face à face, où l'extermination regarde si­lencieusement l'absence de Dieu». Et aussi cette question, posée à l'homme du XXIe siècle, à la littérature : qui témoigne lorsque le témoin est mort ?


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