Editeurs, auteurs, valorisez vos livres.
Libraires, partagez vos découvertes.
Inscrivez-vous à la Lettre des Libraires.
Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.
Auteur : Enrique Serpa
Préface : Eduardo Manet
Traducteur : Claude Fell
Date de saisie : 26/01/2010
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Zulma, Honfleur, France
Collection : Littérature étrangère
Prix : 20.00 € / 131.19 F
ISBN : 978-2-84304-487-8
GENCOD : 9782843044878
Sorti le : 20/08/2009
Il aura fallu patienter plus de 70 ans avant que ce classique de la littérature cubaine fasse l'objet d'une traduction française. Le résultat est à la hauteur de l'attente...
Dès les premières pages, Contrebande s'impose avant tout comme un magnifique roman d'atmosphère, émaillé de métaphores d'une somptueuse justesse, et servi par une prose naturaliste qui jongle avec les genres romanesques pour mieux s'en affranchir. Serpa transpose littéralement son lecteur dans le bas-fonds de La Havane, au coeur de cette misère cubaine des années trente, une île grisée par les vapeurs de rhum, les volutes des cigares et le parfum lourd des prostitués. Il esquisse avec subtilité cet univers opaque et sulfureux où l'aventure semble encore possible mais où chacun doit cependant lutter pour subsister au quotidien. Car si la fièvre révolutionnaire n'a pas encore embrasé l'île, le grondement populaire ne cesse de s'amplifier, en particulier chez les pêcheurs, qui doivent faire face à un effondrement progressif mais inexorable du cours du poisson.
La prohibition américaine offrant des perspectives plus lucratives, le narrateur décide d'utiliser l'une de ses goélettes pour acheminer illégalement une cargaison de rhum, périlleuse opération dont les préparatifs et l'accomplissement constitueront la toile de fond narrative. Mais notre armateur s'improvise contrebandier sans réellement en avoir l'étoffe : lâche, couard, hypocrite et mythomane, ce dernier vit dans l'ombre de Requin, son capitaine de bord - un baroudeur, pirate à ses heures, mais homme d'honneur avant tout - respecté et vénéré par la totalité de l'équipage. Entre les deux hommes se noue dès lors une relation de rivalité complexe, teinté de jalousie compulsive et d'indifférence condescendante, dont Serpa imprègne chaque page pour la plus grande jubilation du lecteur. Stylistiquement à mi-chemin entre Conrad et Stevenson Contrebande élabore un univers narratif magnétique qui vagabonde des comptoirs poisseux de La Havane aux étendues océanes, entre récit d'aventure aux accents initiatiques et roman socio-historique ; une très belle alchimie littéraire dont l ?intensité ne saurait laisser indifférent.
Publié en 1938, le premier roman d'Enrique Serpa, que l'on compare à Hemingway, sort enfin pour la première fois en France !
Ce roman, servit par une écriture fine et agréable, dépeint à merveille l'atmosphère de Cuba dans les années vingt. On se promène dans La Havane parmi contrebandiers, enfants miséreux, prostituées et pêcheurs ; et l'on observe déjà ce qui embrasera l'île plus tard, la fortune de quelques-uns vivant sous le regard quotidien de l'extrême pauvreté de la plupart.
Ce roman, c'est aussi et surtout le rapport ambigu entre deux hommes : le propriétaire de La Buena Ventura, modeste bateau de pêche, et son emblématique capitaine de bord, l'énigmatique Requin...
Un très bon roman, un classique de la littérature Cubaine !
Premier roman d'Enrique Serpa, Contrebande dépeint à merveille le monde turbulent et misérable de La Havane dans les années vingt. À travers l'agitation d'une foule de pêcheurs, prostituées, contrebandiers, enfants miséreux, on voit couver le feu qui embrasera l'île de Cuba où l'insolente fortune de quelques-uns nargue l'extrême dénuement de la plupart.
Contrebande, c'est aussi l'histoire d'un face-à-face entre le propriétaire de La Buena Ventura et Requin, le capitaine de bord, homme d'honneur et pirate à ses heures. S'instaure vite une atmosphère complexe, ambiguë, faite de mépris et de domination sur fond de fascination.
Publié en 1938, constamment réédité, Contrabando est considéré comme un classique de la littérature cubaine contemporaine.
«Contrebande est un livre qui, tant par sa forme que par son contenu, surprit même ceux qui admiraient l'auteur depuis longtemps. Ce roman faisait partie de ma bibliothèque personnelle au temps de mon adolescence. Je plaçais Serpa à côté de Carpentier, de Faulkner et de Hemingway.
J'avais la certitude que le loup-garou de la littérature cubaine ne tarderait pas à être considéré comme un "grand" des lettres latino-américaines.»
Eduardo Manet
Enrique Serpa avait jusqu'ici mystérieusement échappé aux mailles étroites de l'édition française...
"Vous êtes le meilleur romancier d'Amérique latine, et vous devez tout abandonner pour écrire des romans", avait intimé Ernest Hemingway à Enrique Serpa. Celui-ci avait sans doute impressionné le maître américain avec ce Contrebande qui nous parvient enfin, son coup d'essai romanesque paru à La Havane en 1938...
Disparu en 1968, Enrique Serpa était manifestement très doué pour les ambiances troubles, les dérives alcoolisées et les personnages prisonniers de leurs démons intérieurs. Espérons pouvoir prendre rapidement connaissance du reste d'une oeuvre qui s'annonce pour le moins singulière.
Il est possible qu'un écrivain cubain secondaire, Enrique Serpa, ait influencé Ernest Hemingway. On sait qu'ils se sont lus, picolèrent ensemble au Floridita de La Havane, que les livres de l'un étaient dans la bibliothèque de l'autre et vice versa. On peut aujourd'hui vérifier, grâce à la traduction du premier roman de Serpa, Contrebande, de quelle façon un monde, celui des pêcheurs pauvres et de la contrebande entre Cuba et les Etats-Unis, devint dans les années 30, pour ces deux hommes du même âge, ce qu'avait été la pêche à la baleine pour Melville : sous l'enveloppe de récits réalistes, un résumé de la condition humaine...
Plus tard, il écrivit d'autres nouvelles, des livres de reportage et un second roman, le Piège. De 1952 à 1959, sous le régime de Batista, il fut attaché de presse à l'ambassade de Cuba en France. Il revint dans l'île après la révolution castriste et mourut en 1968, relativement oublié.
Ecrit en 1938 et pour la première fois traduit en français, Contrebande est un livre rare. On y perçoit des atmosphères colorées, des sensations ambiguës, sinon contradictoires. Chaud, froid, rire, chagrin... : Enrique Serpa met en scène avec amour et sensualité sa ville et ses compatriotes, dans cette tragi-comédie humaine, terriblement humaine.
Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia