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Auteur : Gérard Oberlé
Date de saisie : 31/10/2009
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Grasset, Paris, France
Collection : Roman
Prix : 18.50 € / 121.35 F
ISBN : 978-2-246-73111-5
GENCOD : 9782246731115
Sorti le : 02/09/2009
Qui est Marc-Antoine Muret ? Le poète ? Le latiniste ? Le professeur de Montaigne ? Le ripailleur ? Le rabelaisien ? L'amateur de jolis jeunes éphèbes fermiers ? L'orateur des Papes ou l'ecclésiaste romain de sa fin ? Vous le découvrirez en son âme et en ses pulsions les plus intimes en lisant cette sublime biographie romancée ( ?) avec tact et élégance de Gérard Oberlé. Roman de cette rentrée 2009, qui semble passer inaperçu... Et quel dommage ! Lisez-le, savourez-le... et donnez-en nous quelques nouvelles. GRANDIOSE !
«J'ai vécu deux vies, deux vies de même durée, mais fort dissemblables, car la seconde fut comme l'antithèse de la première.»
Ainsi parle Marc-Antoine Muret (1526-1585), un des grands humanistes de la Renaissance. Il eut comme élèves Montaigne, Jodelle et quelques autres poètes, et fut l'ami de Ronsard et Baïf. Mais il fut bien plus qu'un simple maître. Muret aimait les livres, la musique, la table, le vin et les beaux jeunes gens. Dans un siècle baroque, lumineux et cruel, quand la morale chrétienne entravait les désirs, il fut surtout un professeur de liberté. Liberté d'aimer et jouissance du savoir. Ses convictions et ses débauches l'ont conduit en prison à Paris. Un contemporain a raillé : «Pour un penchant contre nature Muret fut condamné à Paris, brûlé en effigie à Toulouse, chassé de Venise. Pour le même penchant, Rome lui accorda la citoyenneté.»
Dans une langue chatoyante et charnelle, avec une érudition joyeuse et revigorante, Gérard Oberlé ressuscite le flamboyant Muret et se reflète en lui comme un frère tardif.
Gérard Oberlé est l'auteur chez Grasset de Retour à Zornhof (prix Découverte Le Figaro Magazine, prix des Deux Magots, 2004), Itinéraire spiritueux (prix Mac Orlan, prix Edmond de Rothschild, prix Rabelais, 2006) et d'un recueil de chroniques musicales (La vie est ainsi fête, 2007).
Qu'on se souvienne juste que Marc-Antoine Muret, né en 1526, est un des plus beaux humanistes français. "Pour moi, il incarne la Renaissance, affirme-t-il. Les poètes de la Pléiade l'ont eu pour maître. Montaigne, avant, aussi." Mais cette fortune des Lettres est aussi un destin de banni. A mort le sodomite ! Bordeaux, Paris, Toulouse et enfin l'Italie. Venise d'abord et Rome, là où le livre s'ouvre et là où il finit. "Il a été renié par ses amis, par son pays, il a échappé deux fois au bûcher, continue Oberlé. Son histoire me hante depuis longtemps."...
Ce manifeste intime, qu'il place sous la plume de Muret, Gérard Oberlé pourrait le reprendre à son compte. Tant pis si l'époque change, on est tel qu'on est fait. Lui a été envahi de livres depuis l'enfance, pétri de culture classique. Le latin et le grec des pères jésuites en Suisse. Ça lui a tout appris et puis ça l'a sauvé. Des salles des profs dont il a vite claqué la porte et des troublantes errances qu'il aurait pu très cher payer.
Le romancier ressuscite d'une plume inspirée un grand esprit de la Renaissance...
Gérard Oberlé, dont on connaît le goût pour la bonne chère et la musique rare, les livres anciens et les lexiques oubliés, s'est mis dans la peau et dans la plume de Muret. C'est donc à la première personne du singulier qu'ont été rédigés ses souvenirs et confessions, un mémorial qui tient de «la salade et de la ripopée, de la fatrasie et du salmigondis»...
ces Mémoires raviront les amateurs des lexiques aussi charnus qu'oubliés, qu'Oberlé a su ressusciter : vêprée, ribote, cortéger, échauffaison, harpaille, tribouiller, billebaude, pandectes, carousse... et autres ont retrouvé leurs lettres d'honneur.
C'est le récit de cette vie déboutonnée que livre Gérard Oberlé dans ce roman truculent, à l'écriture souple et vive, magnifiquement saupoudrée de ces formules chamarrées qui procurent au lecteur le bonheur simple d'une émotion vraie. Oberlé, pudique, se cache derrière Muret pour faire l'éloge du vin, de l'amitié et des livres. Comme Muret, il pratique l'irrévérence joyeuse...
Gérard Oberlé fait ainsi oeuvre de salubrité publique en même temps qu'il signe son meilleur livre. Loués soient les poètes !
Gérard Oberlé exhume de l'oubli un humaniste français du XVIe siècle, Marc-Antoine Muret...
Les Mémoires de Marc-Antoine Muret sont un magnifique hommage aux lettres classiques, grecques et latines. De sa plume érudite, brillante et toujours élégante, Oberlé nous initie aux humanités. Il rappelle que Mentor fut l'ami d'Ulysse - ou que Socrate disait: «Un homme sans infortune est une fable.» En fait, Oberlé l'avoue lui-même, il se réfugie dans une nostalgie «dolente et voluptueuse» qui lui permet de ne pas renier sa jeunesse. «Ma vie fut un banquet», écrit-il. Pour lui, Muret a été, surtout, un professeur de liberté.
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