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Date de saisie : 12/09/2009
Genre : Langues
Editeur : Ophrys, Paris, France
Prix : 29.00 € / 190.23 F
ISBN : 9782708012516
GENCOD : 9782708012516
Sorti le : 12/09/2009
Reprenant une proposition de Laurence Rosier et Joan Barceló, la présente livraison de Faits de Langues propose un débat sur le thème du futur, "temps" relativement moins discuté que les autres, du moins si l'on en juge par les publications contemporaines en linguistique.
A l'évidence, la "catégorie" est rien moins qu'aisée à définir. A cela plusieurs raisons. D'abord, parler de "futur" dépend déjà de la conception que l'on se forme de ce dernier, et du temps en général. Or la question est notoirement complexe. Comme le souligne Catherine Taine-Cheikh (ici-même), Klein (2003 : 184) propose que la réflexion oscille entre deux perspectives : l'une fait du présent une grandeur physique, simple point entre "l'infini du passé et l'infini du futur", l'autre, au contraire, y voit une donnée de la conscience où se mélangent "un peu du passé récent et titi peu de l'avenir proche". Cette instabilité retentit sur la catégorie mitoyenne du futur. A quoi l'on peut ajouter l'explication proposée par Jespersen (Philosophie de la grammaire, 1971, p. 367) : "les langues disposent de moyens d'expression moins définis et moins explicites pour le futur que pour le passé", car "nous connaissons moins bien l'avenir que le passé", ce qui "nous oblige à en parler avec moins de précision".
Extrait de la présentation générale
"Pour nous qui croyons à la physique, la division entre passé, présent, futur, n'est qu'une illusion bien que tenace" (Einstein)
Reprenant une proposition de Laurence Rosier et Joan Barceló, la présente livraison de Faits de Langues propose un débat sur le thème du futur, "temps" relativement moins discuté que les autres, du moins si l'on en juge par les publications contemporaines en linguistique.
A l'évidence, la "catégorie" est rien moins qu'aisée à définir. A cela plusieurs raisons. D'abord, parler de "futur" dépend déjà de la conception que l'on se forme de ce dernier, et du temps en général. Or la question est notoirement complexe. Comme le souligne Catherine Taine-Cheikh (ici-même), Klein (2003 : 184) propose que la réflexion oscille entre deux perspectives : l'une fait du présent une grandeur physique, simple point entre "l'infini du passé et l'infini du futur", l'autre, au contraire, y voit une donnée de la conscience où se mélangent "un peu du passé récent et un peu de l'avenir proche". Cette instabilité retentit sur la catégorie mitoyenne du futur. A quoi l'on peut ajouter l'explication proposée par Jespersen (Philosophie de la grammaire, 1971, p. 367) : "les langues disposent de moyens d'expression moins définis et moins explicites pour le futur que pour le passé", car "nous connaissons moins bien l'avenir que le passé ", ce qui "nous oblige à en parler avec moins de précision ".
Le futur est donc une région du temps (si même c'en est une !) aux frontières indécises. On n'atteint les événements qui s'y logent que par détour : volition, prédiction, etc. Au fond, comme le souligne Touratier (1996 : 232, cité par Revaz ici-même) : "le morphème de futur n'exprime pas à proprement parler l'avenir, mais ce qui est projeté, envisagé". L'établissement par le discours d'une référence future a donc du mal à s'affranchir de toute valeur modale, d'où le recours fréquent au métaterme de TAM (Temps-Aspect-Modalité), et aussi l'idée que les formes indiquant le futur sont très fortement liées à l'aspect ou à la modalité (intentionnalité, volition, contrainte, destin...), ou aux deux. Comme on le verra, tous les contributeurs souscrivent plus ou moins à cette idée, tantôt en synchronie, tantôt en diachronie.
Dans une approche des marqueurs du "futur" en langue(s), on peut éventuellement ou bien partir du "futur", en lui supposant une référence plus ou moins stable, et essayer d'en définir l'expression (Rebotier), ou bien partir des marques dans une langue donnée ou plusieurs, et vérifier lesquelles se trouvent, toujours ou parfois, faire référence d'une manière ou d'une autre à du futur.
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