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Dès la fin des années 1940, des immigrants issus de l'Empire et du (nouveau) Commonwealth, arrivent en masse en Grande-Bretagne. Très tôt se met en place une politique à double détente consistant, d'une part, à contrôler strictement l'immigration et, d'autre part, à faciliter l'acclimatation de ces «minorités ethniques» en luttant contre le racisme et les discriminations dont elles sont victimes.
Cette politique libérale d'intégration, lancée par Roy Jenkins dans les années 1960, est supplantée dans la décennie 1990 par un modèle multiculturaliste venu d'outre-Atlantique, qui se traduit par l'ethnicisation progressive de la société. Son succès est indéniable en termes d'amélioration du sort des «minorités ethniques», de leur «visibilité» sociale, et de la reconnaissance de leurs spécificités, mais ce modèle semble aujourd'hui avoir atteint ses limites.
Les profonds clivages et la «balkanisation ethnique», révélés par les émeutes raciales en 2001 et les attentats de Londres en 2005, conduisent le gouvernement à insister désormais sur la «cohésion sociale». Il reste à mesurer les conséquences de l'avènement d'une société «multiethnique et multiculturelle» dans l'inéluctable mutation de l'identité nationale britannique.
Didier Lassalle est professeur de civilisation britannique à l'Université Paris 12 Val de Marne. Ses travaux portent essentiellement sur l'intégration des minorités ethniques ainsi que sur l'évolution des concepts de citoyenneté et d'identité nationale en Grande-Bretagne, dans les pays de l'aire culturelle anglophone ainsi qu'en France. Il est l'auteur de nombreux articles et ouvrages sur ce sujet.
Ce titre s'intègre dans la collection Angles vifs qui entend faire mieux connaître le présent et le passé des cultures et sociétés anglophones en mettant la recherche universitaire la plus à jour au service d'un public large. La collection Angles vifs est dirigée par François Poirier, professeur à l'Université Paris 13.