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_ Le voyageur sans commerce

Couverture du livre Le voyageur sans commerce

Auteur : Charles Dickens

Préface : Jean-Pierre Ohl

Illustrateur : David Prudhomme

Traducteur : Catherine Delavallade

Date de saisie : 15/09/2009

Genre : Essais littéraires

Editeur : Arbre vengeur, Talence, France

Prix : 13.00 € / 85.27 F

ISBN : 978-2-916141-33-6

GENCOD : 9782916141336

Sorti le : 15/09/2009

Il aura bientôt deux cent ans mais il se porte comme un charme. Sa sainte indignation face à l'injustice est plus que jamais salutaire. Son style foisonnant et baroque n'a pas pris une ride, ses métamorphoses bizarroïdes nous enchantent toujours (saluons au passage le travail de la traductrice Catherine Delavallade) ses visions macabres nous dressent encore le poil. Bref, Charles Dickens, doyen de cette rentrée littéraire, en est aussi à bien des égards l'une des principales attractions. Permettons-nous un petit cocorico : c'est grâce à un éditeur talenço-bordelais que Le voyageur sans commerce, inexplicablement resté inédit en français, voit enfin le jour après cent cinquante ans de purgatoire, dans une éditions très élégante agrémentée de belles illustrations de David Prudhomme. A l'origine de ce recueil, une série d'articles écrits par Dickens à partir de 1860 (il a quarante-huit ans) pour son propre périodique All the year round, dans lesquels il semble renouer avec la veine désinvolte des Esquisses de Boz, son premier livre. Le voyageur sans commerce enquête dans les hospices et les prisons pour dettes, se perd dans la campagne anglaise, revisite Londres ou Paris ; mais l'auteur est maintenant au sommet de son art, et le - moteur à deux temps - de la mécanique dickensienne fonctionne ici à plein régime : d'abord l'observation - un regard acéré auquel rien n'échappe, qui traque le grotesque, le monstrueux, le dérisoire comme un scanner dévoile la tumeur. Et puis l'alchimie de l'écriture : elle amplifie, réduit, biffe, souligne, développe, et trouve un angle d'attaque insolite qui transfigure le réel sans le vider de sa substance.

Florilège de l'esprit et du style de Dickens, Le voyageur sans commerce est aussi une confession à l'intérêt autobiographique exceptionnel : le ton en est souvent intime, voire introspectif, surtout dans Dullborought Town (un Chatham à peine déguisé) où il arpente le décor de sa jeunesse enfuie, livrant sur la nostalgie de l'enfance, la fuite du temps et l'impasse de la maturité des pages quasi-proustiennes. Enfin, comme enhardi par la proximité du lecteur, il n'hésite pas à lever le voile sur ses plus secrètes obsessions dans Souvenirs de la mort. La contemplation des cadavres à la morgue parisienne lui inspire des pages stupéfiantes où compassion, méditation métaphysique et fascination morbide se mêlent, sublimées par la vigueur du style et l'intensité baroque de la poésie. Bien plus qu'une oeuvrette de circonstance ou qu'un délassement de créateur surmené, Le voyageur sans commerce est l'une des pièces maîtresses de ce puzzle gigantesque, étrange et chatoyant qui, des Esquisses de Boz jusqu'au Mystère d'Edwin Drood, constitue l'un des sommets de la littérature. Pour paraphraser Chesterton, c'est... un morceau d'une substance fluide et composée appelée : Dickens.


  • Les présentations des éditeurs : 16/09/2009

Tandis qu'il compose le génial De grandes espérances, l'inlassable Charles Dickens fonde un nouveau périodique, "All the year round", dont il assure à lui seul une grande partie de la rédaction. L'un de ses porte-parole, une "identité" de rechange, sera le Voyageur sans Commerce : sous ce nom, il parcourt Londres, l'Angleterre, la France, en flâneur à l'oeil vif.
On retrouve dans ces chroniques, rédigées jusqu'à sa mort en 1870, son goût pour l'errance - diurne et nocturne -, le détail pittoresque, le tableau touchant, macabre ou grotesque. Passant du trivial au fantastique, laissant libre cours à ses hantises et notamment sa fascination pour la mort, Dickens offre à ses lecteurs ébahis une vision de cet univers qui en fait l'un des plus grands écrivains de tous les temps.
Inexplicablement inédits, ces textes méritent de rejoindre enfin ses chefs-d'oeuvre qu'ils éclairent d'un jour nouveau..

Issu d'une famille modeste, Charles Dickens naît en 1812 dans un faubourg de Portsmouth. Ayant grandi à Londres, à l'ombre d'un père impécunieux que ses dettes mèneront en prison, obligé de travailler très jeune, il sera d'abord clerc d'avoué, reporter, avant de publier ses premières histoires dans les journaux. Le succès vient très vite avec la parution en feuilleton des Aventures de M. Pickwick en 1836. Suivront une longue suite de chefs-d'oeuvre : Oliver Twist, Le Magasin d'antiquités, Barnabé Rudge, La vie et les aventures de Martin Chuzzlewit, des Livres de Noël, Dombey et fils, David Copperfield, Les Temps difficiles et De grandes espérances. Il meurt, riche et adoré par un public immense, à cinquante-huit ans, épuisé par un travail incessant. Il est inhumé à l'Abbaye de Westminster.


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