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.. Le Jardin d'Acclimatation

Couverture du livre Le Jardin d'Acclimatation

Auteur : Yves Navarre

Préface : Sylvie Lannegrand

Date de saisie : 04/06/2010

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : H & O, Béziers, France

Collection : H & O poche, n° 19

Prix : 12.50 € / 81.99 F

ISBN : 978-2-84547-190-0

GENCOD : 9782845471900

Sorti le : 06/12/2009

  • Les présentations des éditeurs : 20/09/2009

«C'est l'histoire d'un homme jeune qui doit souffler ses quarante bougies. Il ne peut pas le faire. Il ne sait même plus souffler devant lui.»
Pour Bertrand Prouillan la vie s'est figée un certain 9 juillet, jour de ses vingt ans, au retour d'un séjour à Barcelone où son père a fait pratiquer sur lui une lobotomie. Ainsi Henri Prouillan a-t-il pu, sans crainte de scandale, accéder pendant dix-sept mois à la fonction de Ministre dans le gouvernement du moment.
Vingt ans plus tard, la famille a éclaté, chacun a fait sa vie en tentant d'oublier son rôle dans le drame. Mais, en ce jour anniversaire, l'heure des comptes avec le Père aurait-elle enfin sonné ?

Couronné par le prix Goncourt en 1980, Le jardin d'acclimatation est sans conteste l'une des oeuvres majeures de la littérature française du XXe siècle.

Yves Navarre est né à Condom, dans le Gers, en 1940. Il est mort à Paris le 24 janvier 1994. On lui doit de nombreux romans et pièces de théâtre, dont Le petit galopin de nos corps, Le jardin d'acclimatation (Prix Goncourt 1980) ou Kurwenal ou la part des êtres, tous trois récemment réédités par H&O.


  • Les courts extraits de livres : 04/06/2010

Le 9 juillet. 10 heures du matin. Henri Prouillan se tient debout, mains croisées dans le dos, la tête légèrement penchée, le^ front contre la vitre, derrière l'une des trois portes-fenêtres, celle du centre, dans le grand salon. Il regarde la place d'Antioche, 75017, Paris, de son premier étage. Il a soixante-quatorze ans. Enfant, au même endroit, il se postait ainsi, parfois, les mains dans le dos, la tête légèrement penchée, le front contre la vitre du bas. S'il laissait une trace, on le grondait, après. Si on le surprenait, il fermait les yeux et attendait qu'on l'arrache à son poste. Les domestiques avaient le droit de l'écarter, pas celui de le toucher. Henri, petit, unique fils, était intouchable. Telle ou tel domestique passait un coup de chiffon sur la vitre. Henri se rendait alors dans sa chambre. Il avait inventé une manière, sa manière, de fermer lentement, précautionneusement les portes, derrière lui, pivotant sur la pointe puis sur les talons de ses galoches de collégien ou de ses bottines du soir, tournant sur lui-même, le coude relevé, tenant la poignée du bout des doigts, comme un mépris, ou une grâce. Suzanne, Suzy, jalousie, venait de naître.


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