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Il s'agit d'une compilation d'écrits parus précédemment dans la presse ou autres supports. C'est très fin, intelligent, l'auteur prend beaucoup de recul sur son sujet, s'exprime avec pertinence. Il évoque la guerre, les peintres et artistes, la littérature, le cinéma, la politique et ses personnages... S'il paraît de temps en temps presque doctoral, insaisissable, ce n'est pas du tout le cas lorsqu'il nous parle de son expérience personnelle, de ses projets, de ses découvertes.
Complice mais toujours tendre, il donne envie, il questionne, donne son avis et il est difficile de ne pas trouver son compte dans ce livre à entrées multiples.
" Plante une pousse de bambou - coupe du bambou pour le reste de ta vie.» Voilà un proverbe chinois dont William Boyd a compris l'ineffable sagesse en revisitant la masse de ses articles et chroniques, c'est-à-dire essentiellement ses écrits de journalisme littéraire. Du coup, muni d'un titre tout trouvé, Bambou, et d'un solide sécateur, Boyd a entrepris un grand élagage dans les millions de mots que, parallèlement à dix romans, recueils de nouvelles et autres scénarios, il n'a pas cessé de s'approprier depuis sa première recension voici près de trente ans. Dans la sélection opérée ici, et qui couvre la période 1978-2004, sont regroupés critiques, commentaires, portraits de «people» (ceux sournoisement délectables du duc et de la duchesse de Windsor par exemple), de peintres, d'auteurs (Rousseau, Camus, et son cher Tchékhov) ou bien de villes (Londres, Paris, Montevideo), qui tous témoignent d'une curiosité constamment en éveil et d'une plume généreuse-plume que pourtant l'auteur, si l'on en juge par ses remarquables articles sur l'art et les artistes, semble avoir parfois souhaité remplacer par un pinceau...
Né à Accra (Ghana) en 1952, William Boyd a étudié à Glasgow, Nice et Oxford, où il a également enseigné la littérature. Il est marié et vit aujourd'hui entre Londres et la Dordogne.
La revue de presse Eric Neuhoff - Le Figaro du 1er octobre 2009
Expliqué par un Anglais, le corned-beef résume toute une civilisation. À l'inverse, Boyd n'a jamais compris ce que les Français entendaient par «chic anglais», ce mélange de tweed et de cravates à rayures qu'aucun de ses compatriotes n'oserait arborer. Pour illustrer les différences entre les deux pays, Boyd prend l'exemple de la chasse. Chez nous, elle est populaire. De l'autre côté de la Manche, il s'agit d'un sport de classe...
n a une sorte de «Petit Boyd illustré», avec ses préférences et ses digressions. Il faut le lire le soir, dans un fauteuil, avec à portée de main un verre de château-pécachard. C'est le vin que produit l'auteur, dans son domaine de Bergerac. Bonne cuvée, ce Bambou.