Recherche






Recherche multi-critères

Participez à la vie du site

Editeurs, auteurs, valorisez vos livres.

Libraires, partagez vos découvertes.

Inscrivez-vous à la Lettre des Libraires.

Application pour iPhone

Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.

Le Choix des Libraires sur iDevice

.. Survivance des lucioles

Couverture du livre Survivance des lucioles

Auteur : Georges Didi-Huberman

Date de saisie : 04/12/2009

Genre : Philosophie

Editeur : Minuit, Paris, France

Collection : Paradoxe

Prix : 13.00 € / 85.27 F

ISBN : 978-2-7073-2098-8

GENCOD : 9782707320988

Sorti le : 08/10/2009

  • Les présentations des éditeurs : 04/03/2010

Dante a, autrefois, imaginé qu'au creux de l'Enfer, dans la fosse des «conseillers perfides», s'agitent les petites lumières (lucciole) des âmes mauvaises, bien loin de la grande et unique lumière (luce) promise au Paradis. Il semble bien que l'histoire moderne ait inversé ce rapport : les «conseillers perfides» s'agitent triomphalement sous les faisceaux de la grande lumière (télévisuelle, par exemple), tandis que les peuples sans pouvoir errent dans l'obscurité, telles des lucioles.
Pier Paolo Pasolini a pensé ce rapport entre les puissantes lumières du pouvoir et les lueurs survivantes des contre-pouvoirs. Mais il a fini par désespérer de cette résistance dans un texte fameux de 1975 sur la disparition des lucioles. Plus récemment, Giorgio Agamben a donné les assises philosophiques de ce pessimisme politique, depuis ses textes sur la «destruction de l'expérience» jusqu'à ses analyses du «règne» et de la «gloire».
On conteste ici ce pronostic sans recours pour notre «malaise dans la culture». Les lucioles n'ont disparu qu'à la vue de ceux qui ne sont plus à la bonne place pour les voir émettre leurs signaux lumineux. On tente de suivre la leçon de Walter Benjamin, pour qui déclin n'est pas disparition. Il faut «organiser le pessimisme», disait Benjamin. Et les images - pour peu qu'elles soient rigoureusement et modestement pensées, pensées par exemple comme images-lucioles - ouvrent l'espace pour une telle résistance.



  • La revue de presse Nicolas Truong - Le Monde du 4 décembre 2009

Il y a comme un accord tacite au sein de la philosophie critique. Pour nombre de contempteurs du temps présent, le monde contemporain aurait détruit l'expérience, annihilé les sens, réduit l'existence à la survie. Impossible voyage, dépolitisation de la politique, grégarité consumériste, conditionnement technologique... Le discours philosophique de la modernité serait en grande partie celui de la "merdonité", selon le mot de Michel Leiris. Pour l'historien d'art Georges Didi-Huberman, qui mène une passionnante enquête sur la vision apocalyptique à l'intérieur de la pensée critique, c'est Walter Benjamin (1892-1940) qui a le mieux théorisé ce naufrage de la modernité...
Face à ces requiems pour la fin des temps, Didi-Huberman relève les trouées lumineuses, exhume les "parcelles d'humanité" qui n'ont cessé d'exister. Car les lucioles ont survécu. L'auteur insiste même sur "la vitalité particulière des périodes dites de déclin"...
Georges Didi-Huberman convoque toute une cohorte d'oeuvres qui, plutôt que de "prendre parti" comme dans les manifestations les plus caricaturales de "l'art engagé", s'attachent à "prendre position", c'est-à-dire à déplacer le regard et à déjouer le pouvoir par de nouvelles formes esthétiques.


  • La revue de presse Eric Aeschimann - Libération du 29 octobre 2009

La luciole est une autre façon de désigner ce que Lacan appelait le «sujet» : c'est ce qui insiste, ce qui résiste, ce qui persiste. Même à deux doigts de n'être plus rien, sa nature est de survivre. Didi-Huberman cite Pascal : «Nul ne meurt si pauvre qu'il ne laisse quelque chose.» Les dispositifs de contrôle peuvent bien réglementer nos vies, dans la nuit clandestine, près de Sangatte, la vie palpite dans cette silhouette qui s'enfuit, sous la caméra de Laura Waddington. Silhouette fragile et obstinée comme une luciole, «infiniment précieuse, car porteuse de liberté, mais aussi angoissante, car toujours soumise à un péril palpable». «Image-luciole», donc,qui nous permet de «protester contre la gloire du règne et ses faisceaux de dure lumière».


Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia