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Auteur : Hannah Tinti
Traducteur : Mona de Pracontal
Date de saisie : 27/11/2009
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Gallimard, Paris, France
Collection : Du monde entier
Prix : 24.00 € / 157.43 F
ISBN : 978-2-07-070540-5
GENCOD : 9782070705405
Sorti le : 05/11/2009
Orphelinat de Saint-Anthony, Nouvelle-Angleterre, XIXe siècle. Les enfants forment des rangs dans la cour, dans l'espoir d'être adoptés lors d'une
visite : " Il était fréquent que des hommes viennent chercher des enfants.
Parfois en quête de main-d'oeuvre à bon marché, parfois pour s'acheter une bonne conscience. "
Parmi ceux qui " n'ont presque rien à offrir d'autre que leur ventre vide et des poux " Ren, douze ans, manchot. Il sera écarté jusqu'au jour où un jeune homme au sourire ravageur, Benjamin Nab, le reconnaît comme son frère. De sa mésaventure avec des Indiens, Nab garde dans sa poche les deux scalps des parents, preuve de filiation suffisante, et part avec le petit garçon. Nab est bien sûr un escroc, et la suite se déroule en 350 pages qu'on lit en retenant son souffle.
Un bon écrivain est d'abord un bon lecteur, et Hannah Tinti a lu avec intelligence et passion les grands maîtres du XIXe. Les éternelles questions du bien et du mal, de la foi et la rédemption irriguent ce roman foisonnant, sous les ombres tutélaires de Dickens, Hawthorne et Mark Twain.
A douze ans, Ren le manchot n'a connu que l'orphelinat et, tout en rêvant d'une famille, appréhende les dangers du monde extérieur.
Voici que survient Benjamin Nab, qui se prétend son grand frère et le prend sous son aile. Mais dit-il la vérité ? Du jour au lendemain, Ren se retrouve plongé dans une cour des Miracles, un monde de voleurs, de marginaux, de grands escrocs et de nantis maléfiques. Parmi les villes minières et les ports baleiniers de Nouvelle-Angleterre, il ne cesse de vouloir percer le mystère de ses origines... Hannah Tinti ressuscite ici, avec vigueur et malice, l'Amérique du dix-neuvième siècle, celle de Melville et de Mark Twain, tout en donnant à son jeune protagoniste une épaisseur et une vitalité dignes de Dickens.
Ce conte foisonnant, au rythme trépidant, ne recule jamais devant les péripéties feuilletonnesques les plus échevelées, nous offrant avec Ren un inoubliable héros. L'élan romanesque qui l'anime, le plaisir contagieux du récit procurent un bonheur de lecture que l'on croyait perdu depuis l'âge d'or de la fiction. On connaissait Hannah Tinti nouvelliste hors pair. Avec ce livre, une romancière est née.
Hannah Tinti est née à Boston en 1972 et a grandi à Salem.
Elle vit maintenant à New York. Bête à croquer, son premier livre, a reçu un accueil enthousiaste de la critique et a été traduit dans seize pays. Le bon larron, son premier roman, a reçu de nombreux prix.
Les prédateurs se rencontrent dans chaque espèce, il y a des enfants qui torturent des lapins et des chats, et des ours qui éventrent les bébés : l'auteur affectionne une forme d'effroi proche du fou rire. Son premier recueil de nouvelles, Bêtes à croquer, a été traduit chez Gallimard en 2005. Cet automne, jusqu'au 21 novembre, Hannah Tinti va se promener en France avec son roman tout juste paru, le Bon Larron, sis au XIXe siècle. On y retrouve sa fascination pour la peau et ce qui se passe dessous. Mais c'est encore plus fort que ses «Bêtes» craquantes, on retient son souffle, et on refuse catégoriquement de sortir du livre tant qu'on ne l'a pas terminé.
La parenté de l'univers du Bon Larron avec le monde de Dickens saute aux yeux. Il y a le héros, bien sûr, et les multiples personnages fantasques, inquiétants ou bienveillants, toujours ambigus, qui jalonnent son parcours...
Le Bon Larron ne serait en fait qu'un pastiche aussi réussi qu'inutile si la prose de Hannah Tinti ne savait imprimer à ce mélo une vitalité romanesque hors du commun. Si une ironie discrète ne venait souligner ces références pleinement assumées à la littérature anglo-saxonne du XIXe siècle. Hannah Tinti se tient comme en équilibre entre cette tradition bien vivante et une pente gothique à la Sweeney Todd, de Tim Burton. Pas de doute, la posture lui va bien.
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