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.. Rébétiko : (la mauvaise herbe)

Couverture du livre Rébétiko : (la mauvaise herbe)

Auteur : David Prudhomme

Date de saisie : 14/01/2010

Genre : Bandes dessinées

Editeur : Futuropolis, Paris, France

Prix : 20.00 € / 131.19 F

ISBN : 978-2-7548-0191-1

GENCOD : 9782754801911

Sorti le : 08/10/2009

Athènes, 1936.
Chroniques quotidiennes de "mauvais garçons", mauvais comme l'herbe qu'ils fument quand ils trouvent refuge dans des arrière-salles de cafés pour pratiquer le rébétiko, ce blues grec qu'on leur interdit de jouer.
A peine le livre ouvert, on tombe sous le charme du dessin de David Prudhomme. Poétique et rude.
Cet album existe également en édition de luxe.


C'est dans les bas-fonds du Pyrée des années 30 que nous entraîne David prudhomme, là où résonne le rébétiko, cette musique populaire, sociale, contestataire née au XIXe siècle qui chante la douleur de l'exil, la mélancolie, les nuits de débauche et les femmes. Du blues mâtiné aux accents des bouzoukis et des baglamas, joué par des marginaux déracinés, frères d'infortune : les rebètes. Mais sous la dictature du général Metaxas ces traines savates chantants dérangeaient.
Un album magistral.
Et n'en déplaise aux dictateurs rabats joies mais on y goûte avec délice au charme vénéneux de ces cloaques malfamés, on s'y étourdit, on s'y enivre à l'envie en compagnie de ces maestri, ces canailles virtuoses, charmeurs, buveurs, fumeurs de haschich, voyous libertaires avides de tous les plaisirs, des artistes prêts à se damner (et nous avec) pour quelques cordes pincées sur un bouzouki... et ce jusqu'au bout de la nuit.


Laurence Pierre - 09/11/2009


  • Les présentations des éditeurs : 11/11/2009

En préambule

Je ne suis pas grec, encore moins musicien, il y a quelque temps déjà que je n'ai pas fumé.
Mais depuis que j'ai découvert cette musique nommée Rébétiko, son univers et l'esprit libertaire qui l'irrigue m'ont happé.
D'abord je fus intrigué par le milieu où le Rébétiko s'est développé, dans les quartiers mal famés, les prisons, les fumeries de haschich des ports du Pirée, de Thessalonique, d'Athènes.
Puis je fus conquis par les personnalités des musiciens, les rébètes, des marginaux, frères d'infortune et d'exil.
Déracinés de Turquie et des îles grecques survivant dans les bidonvilles aux portes des grandes cités.
Né dans la Grèce des années 20, le Rébétiko est comparable dans ses thèmes au tango, au fado.
On le nomme parfois le blues grec.
On le danse de manière hypnotique, yeux fermés.
Le danseur se lève, comme appelé, il tourne lentement sur lui-même, suivant chaque inflexion de la mélodie.
On entend dans cette musique un lien puissant entre l'Orient et l'Occident.
On y entend la douleur de l'exil, le romantisme des ports, l'errance de noctambules, leurs amours miséreuses. L'échec et l'humour.
À l'aube de cette musique, le public et les musiciens étaient frères... Cette rugosité chantée entre parias, au coeur des bas-fonds, dérangeait...
Va comprendre...
En 1936, un dictateur nationaliste, Métaxas, prit le pouvoir à Athènes et décida que ces marginaux chantants devaient être mâtés...



  • La revue de presse Laure Garcia - Le Nouvel Observateur du 24 décembre 2009

Dans cette errance nocturne, qui sent le haschisch et l'alcool, l'auteur décrit les bouges athéniens où chantaient illégalement les réfugiés grecs de Smyrne ou d'Istanbul dans un style à la fois oriental et occidental. Le rébétiko sera finalement normalisé, comme le flamenco par Franco. Quel beau livre !


  • La revue de presse Jean-Claude Loiseau - Télérama du 11 novembre 2009

La dimension documentaire est passionnante. Mais ce qui est réellement exceptionnel, c'est l'art avec lequel David Prudhomme fait le plein d'émo­tions, de sensations et d'incessantes petites surprises dans une histoire qui en est à peine une...
De bout en bout, le dessin joint littéralement le geste à la pa­role : c'est de la vie en mouvement, en perpétuel (dés)équi­libre, changeante comme la lumière, dansante, d'une énergie euphorisante. Avec Prudhomme, la musique n'a pas qu'une âme, elle s'incarne dans les pleins et les déliés des corps qu'elle habite au sens le plus fort du terme. Rébétiko est son chef-d'oeuvre.


  • La revue de presse Yves-Marie Labé - Le Monde du 6 novembre 2009

Littéralement envoûté par cette musique, cousine du tango et du fado, David Prudhomme en a tiré un album magistral et émouvant, Rébétiko (La Mauvaise Herbe)...
Mais, surtout, au gré d'un trait qui louvoie entre néoréalisme et expressionnisme, dans un univers de splendides coloris bistre, ocre, rouges et noirs que cisaille parfois le bleu nuit d'un décor portuaire, David Prudhomme fait écouter et sentir la musique jouée par ces rébétes, archanges aux mains sales, défoncés et misérables, dont les paroles empreintes de bonheur triste s'inspirent de la journée écoulée - bagarres inutiles, étreintes fugaces et terrasses alcoolisées...
Rébétiko a reçu le prix Coup de coeur, l'un des deux trophées du récent Festival BD Quai des bulles, à Saint-Malo.


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