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.. La mer noire

Couverture du livre La mer noire

Auteur : Kéthévane Davrichewy

Date de saisie : 08/04/2010

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Sabine Wespieser éditeur, Paris, France

Prix : 19.00 € / 124.63 F

ISBN : 9782848050782

GENCOD : 9782848050782

Sorti le : 05/01/2010

Tamouna, désormais une vieille dame, relate ses souvenirs.
C'est un va et vient entre présent et passé. Nous naviguons entre la Géorgie du début du 20e siècle, le Paris du début de l'exil, et le Paris plus contemporain ; entre souvenirs d'enfance et l'attente de l'ultime et dernière rencontre entre Tamouna et Tamaz, l'amour de ses quinze ans, et de toute sa vie.
C'est un roman plein de sensibilité, de poésie, foisonnant de personnages, entre déracinement et révolte.
C'est le roman d'une vie, d'une vie traversée par la grande Histoire, d'une vie qui aurait pu être autrement si les circonstances avaient été autres, d'une vie qui passe malgré tout.
C'est un roman qui nous touche au plus profond, plein d'atmosphère, d'un charme indéniable, une histoire qui nous accompagne pendant la lecture et après.
Un livre qu'on n'oublie pas.


Géorgienne exilée à Paris depuis 75 ans, Tamouna s'apprête à fêter ses 90 ans en famille. Mais surtout elle attend Tamaz, un amour de jeunesse, l'amour de sa vie. Chaque heure qui passe, tout au long de cette journée presque ordinaire, est l'occasion pour la vieille femme de se souvenir : du premier baiser échangé avec l'adolescent dans un port de la Mer Noire ; du grand départ pour la France au lendemain de la Première Guerre mondiale ; de cette fuite devant les Bolcheviks qui provoqua la rupture avec ses grands-parents et plus tard avec son père, rentré au pays dans la résistance et disparu à jamais.
La grande force de ce récit est de restituer le quotidien d'une communauté d'exilés suspendue au temps d'un impossible retour. Ce qui fait qu'au début on ne s'installe pas vraiment dans sa nouvelle vie parce qu'on attend de pouvoir rentrer au pays. Sauf que le retour, sans cesse différé, n'est possible finalement qu'à la troisième génération. Le pouvoir des mots est là : dans ce glissement progressif du déracinement à l'enracinement. De la terre des grands-parents à celle des arrière-petits-enfants il y a l'épaisseur d'une vie, une vie dans l'entre-deux, destin commun à tous les exilés.
De l'existence apaisée de la vieille femme, Kéthévane Davrichewy restitue la lenteur, l'intériorité et la sagesse. Tamouna ne renonce pas, elle accepte ce qui désormais est : sa vie en France, son amour manqué pour Tamaz, les trop tard qui se sont peu à peu comblés autrement. Retourner en Géorgie aujourd'hui ? Pourquoi faire ? Du tourisme ? Au soir de sa vie Tamouna regarde sa vie comme un peintre le tableau achevé. Rien ne doit être corrigé, rien ne peut être retranché. La venue de Tamaz n'y changera rien, même si d'une certaine manière elle donne tout son sens à cette histoire sensible, en demi-teintes dans laquelle se reconnaitront nombre de Français toutes générations confondues, immigrés d'hier ou d'avant-hier ou issus à des degrés divers des colonies d'autrefois.

Extrait :
"Et Papa ? Tu penses à lui parfois ? Je ne réponds pas. Le silence finit par peser. Oui et non, en fait non, Bébia, Babou, Papa je les ai perdus, je voudrai y penser mais je n'y arrive pas, c'est comme un grand trou noir à l'intérieur et les jours passent et rien ne remplit ce trou."


  • Les présentations des éditeurs : 04/02/2010

LA MER NOIRE. En ce jour d'anniversaire, la première pensée de Tamouna est pour Tamaz. Cet homme, qu'elle a rencontré l'été de ses quinze ans à Batoumi et qu'au fil des années elle n'a cessé d'attendre, s'est annoncé à la fête qui se prépare.
Dans un demi-sommeil, la vieille dame se souvient de leurs amours timides et éblouies, très vite interrompues par le départ précipité de la famille, contrainte de fuir devant les bolcheviques. Tout aussi brutalement que de ses grands-parents et de son univers, la jeune fille a été coupée de son amour de jeunesse. Sa vie peu à peu s'est construite à Paris, parmi la communauté des exilés géorgiens. Quand Tamaz finit par reparaître, alors que les frontières du pays natal sont hermétiquement closes, leurs vies se sont dessinées autrement...
La longue journée pendant laquelle se déroule le roman est comme une métaphore de la vie de Tamouna : entourée des siens, de cette famille géorgienne qui a su garder vivaces les traditions et perpétuer un bonheur de vivre qui aurait dû être immuable, elle laisse libre cours à ses souvenirs. Dans une narration habilement tissée, l'image de la doyenne qu'elle est devenue se superpose à celle de la jeune fille exilée. Et c'est toute la force de ce roman que de peindre avec une remarquable élégance et sans le moindre pathos le portrait d'une femme toujours habitée par la joie et le désir malgré les deuils et les déchirements de l'histoire.

KÉTHÉVANE DAVRICHEWY est née à Paris en 1965 dans une famille géorgienne. Après avoir publié de nombreux ouvrages pour la jeunesse, et un premier roman en 2004 (Tout ira bien, Arléa), elle a puisé dans la mémoire familiale et l'expérience de l'exil vécue par ses grands-parents la matière de La Mer noire.



  • La revue de presse Astrid de Larminat - Le Figaro du 8 avril 2010

Le roman de Kéthévane Davrichewy, l'histoire d'une famille géorgienne réfugiée à Paris en 1918, est empreint d'une mélancolie langoureuse et délicate. L'auteur a recomposé l'histoire de sa grand-mère, fille d'un ministre de la toute jeune république de Géorgie qui, à peine libérée de la tutelle impériale russe, tomba sous la férule de l'URSS...
Il y a dans ce récit qui embrasse le temps à rebours un air du Temps retrouvé : les années ne passent qu'en apparence, chaque instant prend corps en celui qui le vit.


  • La revue de presse Marine Landrot - Télérama du 3 février 2010

Auteur de nombreux livres pour la jeunesse, Kéthévane Davrichewy a le rêve par­tageur et la plume voyageuse...
Par son écriture, saccadée dans le présent, fluide dans le passé, puis l'inverse, Kéthévane Davrichewy atteint le bon vibrato. Celui des êtres qui laissent les émotions oxygéner la pensée, et la pensée dompter les émotions, pour trouver le juste rythme cardiaque. Alors, comme le dit la derniè­re phrase du livre, «sa respiration prend toute la place».


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