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.. L'ombre de ce que nous avons été

Couverture du livre L'ombre de ce que nous avons été

Auteur : Luis Sepulveda

Traducteur : Bertille Hausberg

Date de saisie : 20/03/2010

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Métailié, Paris, France

Collection : Bibliotheque Hispanique

Prix : 17.00 € / 111.51 F

ISBN : 9782864247104

GENCOD : 9782864247104

Sorti le : 09/01/2010

Délicieusement politique, ou sombrement nostalgique, même si dans ce cas tout cela est très lié. L'histoire est simple, quand un soir, un homme, avec pour seule identité, un revolver que son grand-père révolutionnaire lui a légué, se prend l'instrument incongru de la vengeance concubine d'une jeune femme, à savoir le tourne-disque préféré de son homme (celui-là même qui figure sur la couverture). Hors ce tourne-disque tue cet homme, lui qu'on appelait le professionnel et qui est attendu par trois ex-révolutionnaires, pour, eh bien, on ne sait pas trop que faire... Cela parait basique, dit comme ça, mais cela se passe au Chili, pays-maison de Pinochet, eh oui rien que ça, dont est originaire Sepulveda... C'est instructif, légèrement nostalgique, ce que l'on comprend mieux quand on sait que l'auteur est exilé en Espagne depuis vingt ans... Doux-amer.


  • Les présentations des éditeurs : 21/01/2010

Dans un vieil entrepôt d'un quartier populaire de Santiago, trois sexagénaires attendent avec impatience l'arrivée d'un homme, le Spécialiste. Tous trois anciens militants de gauche, condamnés à l'exil par le coup d'Etat de Pinochet, se retrouvent trente-cinq ans après pour participer à une action révolutionnaire organisée par le Spécialiste. Mais alors que celui-ci se dirige vers ce rendez-vous, il est tué de façon grotesque, frappé par le destin sous la forme d'un tourne-disque jeté par une fenêtre au cours d'une dispute conjugale. Tout le plan tombe à l'eau jusqu'au moment où resurgit dans la mémoire des complices l'expression favorite du Spécialiste : 'On tente le coup -' Ce roman est un exercice de virtuosité littéraire au service d'une histoire émouvante et sombre jouée par des perdants. un roman écrit avec le cuur et l'estomac pour toucher et faire rire et penser.
Ce roman a reçu en Espagne le Prix Primavera 2009.

Luis Sepúlveda est né en 1949 et vit actuellement dans les Asturies, en Espagne, après avoir habité Hambourg et Paris. Il est l'auteur, entre autres, du Vieux qui lisait des romans d'amour, d'Un nom de torero, de Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler, des Roses d'Atacama, de La Folie de Pinochet, d'Une sale histoire, de La Lampe d'Aladino. Ses livres sont traduits dans 50 pays.



  • La revue de presse Claire Devarrieux - Libération du 18 mars 2010

Les chapitres de l'Ombre de ce que nous avons été commencent souvent par le nom d'un personnage, qu'il s'agisse d'un des trois protagonistes qui se retrouvent trente-cinq ans après le coup d'Etat de Pinochet, ou de la femme par qui le hasard, cet assassin, se manifeste. Suivi d'un imparfait ou d'un passé simple, le nom est une merveilleuse amorce romanesque...
Sans qu'on y prenne garde, le fil du roman policier se boucle pour finir, de même que le Chili d'aujourd'hui, divisé en deux, avec ses nantis et ses gosses à la dérive, se profile soudain, alors qu'on ne dirait pas que c'est le sujet. Chemin faisant, surgissent «les pleurs épouvantés des veuves et des mères», et puis, hélas, «l'oubli devint une nécessité urgente». Pour lutter contre «les trous noirs» dans la vie d'autrefois, Luis Sepúlveda, petit-fils d'anarchiste andalou, a fait sienne une expression du Brésilien Guimarães Rosa : «Raconter, c'est résister».


  • La revue de presse David Fauquemberg - Le Monde du 12 février 2010

Jamais oeuvre de Sepulveda n'a frôlé d'aussi près les douleurs du passé, mais avec pudeur et drôlerie surtout : les personnages rient de leur propre ingénuité, de leur sectarisme d'alors - tendance Mao contre obédience Kim II-sung, au Chili ! -, et l'on rit avec eux...
L'ombre devient lumière sous la plume du Chilien. L'Ombre de ce que nous avons été, c'est l'anarchisme éclairé des mineurs de l'Atacama, dans les années 1920, la pureté de l'engagement, le désintérêt du pouvoir, l'amour de la culture. Des théâtres en plein désert, des écoles... Une sorte de Mecque des intellectuels ouvriers, que fréquenta le grand-père de Sepulveda, anarchiste andalou condamné pour un attentat, s'évadant de la prison d'Almeria, combattant aux côtés des indépendantistes philippins.


  • La revue de presse André Clavel - Lire, février 2010

Dans L'ombre de ce que nous avons été, Luis Sepúlveda retrace les trente dernières années du Chili...
Cacho, Lucho et Lolo, les trois héros vieillissants de L'ombre de ce que nous avons été, ont lutté contre Pinochet, puis ils ont été contraints de s'exiler entre la France, la Roumanie et la Suède...
Leurs confessions sont saupoudrées d'un humour ravageur : il y a du Laurel et Hardy - et un peu de Pieds Nickelés - dans cette histoire parfois loufoque où Sepúlveda brosse le portrait d'une génération tiraillée entre la nostalgie, la dérision et l'envie de continuer à en découdre. Un roman où l'amertume se mêle au sarcasme, sous le signe du réalisme magique.


  • La revue de presse Thierry Clermont - Le Figaro du 21 janvier 2010

Ce récit, qui s'étend sur vingt-quatre heures, où l'humour se mêle à l'amour, permet à Luis Sepulveda de régler quelques comptes et de rétablir quelques vérités, notamment sur le gouvernement socialo-communiste de Salvador Allende, accusé par une certaine gauche de gouverner par décret. Anecdotes du passé, petits riens, rhétorique emphatique immanquablement liée au militantisme («Rien n'a d'importance quand on a la chaleur des grandes vérités prolétaires»), considérations sur le sort du Chili depuis la fin de la dictature en 1990... Les propos de nos quatre papys flingueurs s'échangent autour d'une table et entre de larges rasades de santa-rita, un vin «vigoureux, fort, âpre». Un des personnages, qui a de nombreux traits communs avec Luis Sepulveda, lâche, lucidement : «On ne revient pas de l'exil, toute tentative est un leurre, le désir absurde de vivre dans le pays gardé dans sa mémoire. Tout est beau au pays de la mémoire.» On vous laisse deviner l'issue de cette drôle de rocambole chilienne...


  • La revue de presse Marianne Payot - L'Express du 20 janvier 2010

Des retrouvailles d'anciens camarades de combat à Santiago, le Chilien Luis Sepulveda a tiré un roman hilarant...
"A mes camarades, ces hommes et ces femmes qui sont tombés, se sont relevés [...], ont conservé leurs rires, sauvé la joie et continué à marcher." L'hommage est clair : aucune nostalgie amère ne parcourt cette fable ubuesque relatant l'ultime réunion d'anciens compagnons de route prêts à reprendre du service. Les uns étaient gauchistes, les autres socialistes, tous ont été pourchassés sous la dictature. Ils ont connu l'exil, qui en Suède, qui en Allemagne, en Roumanie ou en France. Les voilà donc de nouveau sur le qui-vive, quarante ans après leur flamboyante jeunesse : "Plus gros, plus vieux, chauves et la barbe blanchie, ils projetaient encore l'ombre de ce qu'ils avaient été."...
"Beaucoup de choses ont changé avec le gouvernement Bachelet, explique l'auteur, l'éducation à la citoyenneté a été rétablie à l'école." Pourtant, toutes les plaies ne sont pas encore refermées et "il faut conter l'Histoire pour pouvoir ensuite l'oublier". C'est ce à quoi s'attelle Sepulveda avec brio dans cette variante sud-américaine du merveilleux Nous nous sommes tant aimés d'Ettore Scola.


  • La revue de presse Martine Laval - Télérama du 20 janvier 2009

Sepúlveda, conteur sans frontières, révolté au grand coeur, chasse haine et nostalgie et nous revient avec une histoire vitaminée, à la narration cocasse, entre polar déjanté et fable politique, et suggère une interrogation sans fin : qu'avons-nous fait de nos utopies ? Qu'avons-nous fait de nous-mêmes ? Refusant de s'apitoyer sur son sort, ses blessures, celles de tant d'hommes et de femmes, Luis Sepúlveda, pour qui la littérature est existence et résistance, convoque le passé, l'humour et l'amitié. Il offre au désenchantement révolutionnaire, aux illusions perdues toujours à fleur de peau une intrigue ludique qui, mine de rien, sans manichéisme, oblige à se souvenir, oblige à méditer...
Aujourd'hui encore, l'auteur du facétieux Journal d'un tueur sentimental (1998) nous donne rendez-vous avec l'amour, dans un roman en guerre contre l'oubli.


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