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.. Le Londres-Louxor

Couverture du livre Le Londres-Louxor

Auteur : Jakuta Alikavazovic

Date de saisie : 16/03/2010

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Ed. de l'Olivier, Paris, France

Collection : Litterature Etrangere Olivier

Prix : 16.50 € / 108.23 F

ISBN : 9782879296760

GENCOD : 9782879296760

Sorti le : 07/01/2010

Après son très remarqué «Corps volatils», bourse Goncourt du 1er roman, Jakuta Alikavazovic nous livre ici la poursuite d'une oeuvre littéraire audacieuse qu'il ne faut pas perdre de vue.

«Le Londres-Louxor», point d'attache de la diaspora bosnienne à Paris, est le noeud gordien du fil d'Ariane qui aidera Esme à retrouver sa soeur disparue. Le lieu est l'hypotypose rhétorique centrale de cet ambitieux roman, et l'issue de ce labyrinthe mémoratif. Il préserve sa mémoire et ses légendes grâce à son architecture, comme les réfugiés de ce pays éclaté par la guerre entretiennent leur culture, leur langue et leur mémoire collective dans le verbe de leurs souvenirs.

Plus symboliques que métaphoriques les nombreuses descriptions architecturales et picturales confèrent un souffle et une ampleur inattendus à ce court roman. Comme si, bien au-delà de ce qui pourrait être conduit à disparaître (cultures, langues, pays ?), il y avait aussi (et surtout ?) tout ce qui demeurerait à travers les âges : les architectures, les peintures, les sculptures, les textes. Les arts comme témoins universels et perpétuels.

Il fallait bien tout le talent et la finesse d'écriture de Jakuta Alikavazovic pour peindre et sculpter avec autant de justesse les complexités de la reconstruction collective et individuelle d'un peuple exilé d'un pays éclaté. A travers les «petites histoires», c'est toute la grande qui se présente à nous : celle d'un passé révolu et d'un devenir indéfini, figés dans un présent incertain.


  • Les présentations des éditeurs : 09/02/2010

Une jeune femme, blonde depuis peu, entre au Londres-Louxor. Dans cet ancien cinéma des années 20 se retrouve la diaspora bosniaque de Paris. On y parle peu de la guerre, davantage d'affaires, et beaucoup des soeurs Vitch : Ariana et Esme. En 1992, sur l'injonction parentale, elles ont rejoint un oncle installé à Paris depuis plusieurs années. Quinze ans plus tard, Ariana est comptable, Esme est écrivain. L'une séduit les hommes, l'autre les comprend. Elles font partie des habitués du Londres-Louxor, mais, ces derniers temps, on y croise surtout Esme, à la recherche de son aînée partie sans explications. Cette disparition émeut la communauté entière et pousse chacun à abattre ses cartes dans un jeu déroutant : l'évocation d'un pays d'origine dont l'histoire s'est éparpillée au fil de versions multiples ou dégradées, de fragments et de mythes.

Jakuta Alikavazovic est née en 1979 à Paris.
Lauréate de la bourse " écrivain " de la Fondation Lagardère en 2007 et du prix Goncourt du premier roman en 2008, elle a publié aux éditions de l'Olivier Histoires contre nature (2006) et Corps volatils (2007 ; Points, 2010).



  • La revue de presse Pascal Jourdana - L'Humanité du 4 février 2010

Si ce nouveau roman de Jakuta Alikavazovic offre au lecteur le plaisir de renouer avec son travail singulier sur la matière romanesque, son humour, son goût pour l'art (qui mériterait un article à part), sa vision fractionnée des individus, des couples et des espaces dans lesquels ils évoluent..., il s'ouvre sur des horizons inédits. Il est en effet question ici de l'origine, du sentiment d'éloignement, de la guerre (et de la paix, qui «n'est pas l'absence de guerre»), de la langue et de l'identité.


  • La revue de presse Eric Loret - Libération du 21 janvier 2010

Le Londres-Louxor est ainsi un roman (le second de l'auteur) en forme de reflet, dédale, que le cerveau du lecteur étreint sans jamais parvenir à l'embrasser. C'est aussi une architecture imaginaire, que Jakuta Alikavazovic a déplacé du Louxor - le cinéma parisien des années 20 abandonné - et du New York Délire de Rem Koolhaas. Le prologue du livre (morceau de bravoure) retrace l'histoire de ce lieu mystérieux, propre aux disparitions, hantises, échappé de peu à la démolition pour devenir en 1994 «un point de ralliement pour la diaspora yougoslave». On se doit de préciser qu'Alikavazovic n'est pas issue de cette diaspora, mais comme l'indique sa notice biographique, «née en 1979 à Paris d'une mère bosniaque et d'un père monténégrin»...
L'étrange apesanteur du Londres-Louxor tient à cette situation hors-frontière, atopographique et dans «le temps de la fin des temps». Mais Jakuta Alikavazovic atteint plus encore une envoûtante légèreté par sa voix originale : dans une certaine façon de meuler ses phrases, sans un poil de cliché...


  • La revue de presse Nils C. Ahl - Le Monde du 8 janvier 2010

On connaît pourtant les théâtres d'ombres et les lanternes magiques. En littérature, les personnages sont des êtres de papier et de pensée. Au cinéma, de lumière et d'ombre. L'illusion est sans illusion, rien ne saurait nous surprendre - à l'exception du second roman de Jakuta Alikavazovic, long poème romanesque aux formes et aux couleurs indécises, et pourtant précises. On le lit comme on joue à ne pas attraper la fumée qui se dérobe à notre main tendue. Au beau milieu d'une colonie de spectres, en équilibre sur le fil frontière du visible et de l'invisible...
Car l'une des grandes beautés de ce livre tient à son incertitude. Celle de ses personnages qui naviguent à vue, en deux dimensions, sans réelle consistance, points de passage et de confusion entre le visible et l'invisible. L'intime est au coeur du texte mais à la façon d'une scène, d'un espace. Ce n'est pas un roman psychologique, ou alors sans psychologie, et ses personnages ne sont que des ombres projetées sur la surface lisse d'une langue a priori impeccable. Dans un cinéma, rien de bien surprenant finalement, mais, quand même, il faut un sacré talent pour faire croire à la danse de ces ombres-là...
Les origines littéraires de Jakuta Alikavazovic sont ailleurs, certainement en partie de l'autre côté de l'Atlantique. Sa langue en revanche est surchargée de références et de modèles français. On la croirait complice, légère, ironique, elle est tout le contraire - heureusement. Elle n'est pas qu'une langue, elle est un livre, elle est Le Londres-Louxor.


  • La revue de presse Marine Landrot - Télérama du 6 janvier 2009

Aux antipodes de la littérature d'exil, Jakuta Alikavazovic n'aime rien tant que le présent, absurde, étanche, enivrant. Comme dans son premier livre, Corps ­volatils, où s'ébrouait une jeunesse experte en médecine autodestructrice, elle éblouit par la précision, tour à tour loufoque et baroque, de son style. Au Londres-Louxor, lieu du renoncement de soi par excellence, la perte devient un art de ­vivre pratiqué à huis clos pour ne plus être source d'angoisse.


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