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.. Les lettres qui ne sont jamais arrivées

Couverture du livre Les lettres qui ne sont jamais arrivées

Auteur : Mauricio Rosencof

Traducteur : Philippe Poncet

Date de saisie : 11/03/2010

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Folies d'encre, Montreuil, France

Prix : 14.00 € / 91.83 F

ISBN : 978-2-907337-64-9

GENCOD : 9782907337649

Sorti le : 24/09/2009

  • Les présentations des éditeurs : 03/06/2010

Fondateur du mouvement Tupamaros, Mauricio Rosencof a passé onze années dans les geôles de la dictature uruguayenne.
De 1972 à 1983, il est incarcéré dans une cellule d'un mètre sur deux, totalement nue, éclairée nuit et jour par une lumière électrique. Il est interdit de prononcer le moindre mot. Les militaires ne peuvent pas, cependant, empêcher tout homme de penser. Les lettres qui ne sont jamais arrivées est une victoire de l'esprit et de l'espoir, de la parole, des mots, de l'humour, de la mémoire : mémoire du quartier, de la maison où l'on a vécu, mémoire de la famille, souvenirs des cailloux lancés au passage du tramway et de Tarzan sur la plage, mémoire d'un trottoir ensoleillé, de l'enfance, mémoire de l'homme, de tous les hommes.
Mais Les lettres qui ne sont jamais arrivées est surtout le roman d'un engagement - engagement pour la vie - qui ne peut laisser indifférent. Mauricio Rosencof est l'un des écrivains majeurs du continent latino-américain. Publié aux Etats-Unis, en Allemagne, en Espagne, en Suède et en Finlande, Les lettres qui ne sont jamais arrivées est son premier roman traduit en français.



  • La revue de presse Gérard Thomas - Libération du 17 décembre 2009

Une lettre de sa fille, Alejandra, a déclenché la mémoire. Ces nouvelles d'une gamine alors âgée de 9 ans, dont de larges extraits avaient pourtant été biffés par la censure, ont même fait exploser les souvenirs. A l'époque, Mauricio Rosencof, écrivain, militant révolutionnaire et l'un des fondateurs du Mouvement de libération nationale-Tupamaros (MLN-T, guérilla d'extrême gauche), croupissait dans le cul de basse-fosse où l'avait jeté la dictature militaire en Uruguay. Durant ses treize années de détention, entre 1972 et 1985, il n'eut droit qu'à peu de correspondance, mais «ce courrier de ma fille a eu pour moi la saveur de la madeleine de Proust, sourit-il en scrutant son interlocuteur d'un regard espiègle. Proust a fait un roman de sa madeleine, j'ai tiré mes Lettres qui ne sont jamais arrivées de ces mots d'enfant»...
Ces Lettres, arrivées dans leur version française grâce à la belle traduction de Philippe Poncet, témoignent enfin de l'intégration réussie - jusque dans leurs chairs meurtries par les dictatures - de ces exilés d'Europe de l'Est venus tenter leur chance dans le Nouveau Monde. Au point que, lorsque dans son cachot Mauricio Rosencof cale un violon imaginaire sous son menton («Les Juifs jouent presque toujours du violon [...]. Tu te vois embarquer un piano pour fuir un pogrom ?»), au lieu des mélodies traditionnelles d'Europe de l'Est qu'il a apprises dans son enfance, c'est un air de tango qui sort de l'instrument.


  • La revue de presse Muriel Steinmetz - L'Humanité du 17 décembre 2009

Ce livre est une sorte de catalogue de souvenirs d'une enfance passée à Montevideo, en Uruguay, auprès des rares membres de sa famille, sauvés in extremis de l'holocauste des juifs après avoir quitté leur Pologne natale...
Dans la seconde partie de l'ouvrage, Mauricio Rosencof s'adresse au père définitivement absent en lui disant «tu», avant de poursuivre, dans une ultime partie, cette adresse en relatant ses années de prison où son père fut si présent par la pensée. C'est bouleversant.


  • Les courts extraits de livres : 03/06/2010

«Quand as-tu connu tes parents ?» Au cas où vous me poseriez la question, je resterais sans voix. Ai-je seulement été capable de mesurer l'importance de cet événement ?
Mais ce dont je me souviens - ça oui - c'est d'avoir vu maman, pour la première fois, dans le patio. Notre patio, un espace considérable à l'époque où j'étais gosse (il rétrécirait au fil du temps), me faisait penser à la jungle de Tarzan. Maman y avait installé tellement de plantes qu'on aurait dit une forêt vierge. Ouvert, sans fenêtre, le patio était délimité par une cordelette sur laquelle on étendait du linge humide, pour qu'il pleuve. Étendre le linge humide fait pleuvoir, comme chacun sait.
Dans notre patio, un jour, maman avait allumé le brasero pour faire cuire un morceau de foie que les bouchers donnaient à ceux qui avaient des chats. Nous, on avait Miska, qui ressemblait à un tigre. Maman cuisinait pour Miska et aussi pour toute la famille.
La première chose que je connus de mon père : ses yeux. Ils étaient clairs, transparents, malins, remplis de bonté, espiègles, toujours rieurs. Mon père avait les meilleurs yeux du monde.
Ensuite, mon grand frère. Celui qui me défendait, toujours, contre mes ennemis. Il m'a défendu toute sa vie, jusqu'à sa mort. Mon frère était né en Pologne, il y a très longtemps. Il devait avoir, au moment où je vous raconte l'histoire, dans les dix ans. Il mourut lorsque j'en avais seize. Ma mère, ma mère s'était cognée la tête avec ses poings.


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