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Auteur : Emmanuelle Pagano
Date de saisie : 26/02/2010
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : POL, Paris, France
Collection : Fiction
Prix : 18.00 € / 118.07 F
ISBN : 978-2-84682-447-7
GENCOD : 9782846824477
Sorti le : 05/01/2010
Dans ce nouveau livre, Emmanuelle Pagano nous dévoile une histoire d'amour très intime dans laquelle la construction littéraire, sous forme épistolaire, mêle l'encre virtuelle du clavier d'ordinateur à celle, très sensuelle et poétique, du désir et de la jouissance.
La passion amoureuse naît, s'écrit, s'épanouit et se donne tant dans les mots que dans les caresses de l'amant, écrivain lui même. L'écriture se fait charnelle dans le moindre repli des corps, nous entraînant dans des flots sacrés, toujours entre les lignes.
La rupture, provoquée par le départ de l'autre, va noyer cet amour rivière, laissant sur la berge un galet de souffrance. Ses lettres se feront silence, nous ne les lirons pas. L'écrit, initialement prévu à deux voix, sera alors le monologue d'une passion vécue, submergée puis délitée par le manque et l'absence. Il fallait tout le talent d'Emmanuelle Pagano pour le dire.
Une idée à priori simple et sans danger aucun : deux écrivains décident - à l'initiative de l'un deux - d'écrire un roman d'amour épistolaire imaginaire ; pour devenir à la finale un échange à une voix.
Tout à l'air véridique, mais où commence la fiction et où finit la réalité ?
De la poésie, du charme, de la sensualité, des interrogations, des attentes, de l'espoir, de la souffrance...
Un bel éloge de la littérature, de l'imagination, ancré dans la vie.
Cela paraît dérisoire et presque inutile de commenter le nouveau livre d'Emmanuelle Paganno : il faut seulement se précipiter pour le lire.
Ce roman était à l'origine un échange de lettres avec un autre écrivain. Emmanuelle Pagano et lui se l'étaient représenté comme une oeuvre de fiction qu'ils construiraient chaque jour, à deux, et dans laquelle ils inventeraient qu'ils s'aimaient. Évidemment, ils ne savaient pas jusqu'où le pouvoir du roman les amènerait. Ils ne connaissaient pas la fin de l'histoire.
Il est sorti de sa vie brutalement, abandonnant ce texte en cours d'écriture.
En partant, il a repris ses lettres.
Il y a donc des vides, des ellipses cruelles dans ce roman, des ellipses dans lesquelles il faut imaginer ces lettres, qu'il publiera peut-être un jour, une autre fois, ailleurs, séparément. Ces ellipses sont un des éléments dramatiques important : par elles s'insinue le doute sur la réciprocité et puis la douleur du silence qui peu à peu s'installe.
Emmanuelle Pagano est née en septembre 1969 dans l'Aveyron.
Trois enfants nés en 1991, 1995 et 2003.
Le Tiroir à cheveux a reçu le Prix de la Télévision Suisse Romande (TSR) en 2005.
Les Adolescents Troglodytes a reçu le Prix Rhône-Alpes de l'adaptation cinématographique en 2009.
Les Mains Gamines a reçu le prix Wepler en 2008 ainsi que le Prix Rhône Alpes du Livre 2009.
Comparé à ses aînés, l'Absence... est un livre plus persistant, tout en variations chromatiques et à coups de ronds dans l'eau. Son élément est le liquide, il pleut par toutes les pages, le corps de l'homme mouille extraordinairement : «Tu ne transpires pas : tu coules, c'est de l'eau, tu te recouvres d'eau et tu me recouvrais d'eau. C'est cet écoulement, et ta peau de soie, cette peau très blanche, une peau de lait, qui me faisaient dire que tu avais une peau de femme..."
Il n'est pas absolument sûr qu'Emmanuelle Pagano, fille d'un gendarme et d'une institutrice, ait jamais écrit autrement qu'en recouvrant, en cicatrisant, en incorporant. Par-delà les anecdotes (lire ci-contre) qui servent de nucléons au texte, c'est la nacre autour qui fascine, le travail de la langue...
La consubstantiation de l'homme et de la femme en un même corps est une des marques de l'oeuvre d'Emmanuelle Pagano, mère de trois enfants nés en 1991, 1995 et 2003. Elle a voulu, dit-elle, avec l'Absence..., former un personnage d'homme, quand il n'y avait que des femmes et des garçons dans ses autres textes : «La voix des hommes dans mes livres, je la prends depuis très peu de temps et c'est la tienne. C'est par la tienne que je commence cette réconciliation avec la parole des hommes.»
Ainsi, la narratrice confesse : "Tu es un homme d'eau, tu sais, l'homme le plus liquide et clair que j'aie connu [...]. Tu glisses, tu échappes. Toi, tu te déshydratais, tu perdais tout ton sucre, ton eau, tu me la donnais." Car L'absence d'oiseaux d'eau, c'est celle de l'être aimé, qu'elle n'arrive pas à détester, et dont on tente, durant près de trois cents pages, à reconstituer les mots. Trouvant un équilibre idéal entre la théorie et le récit d'une passion intime, Emmanuelle Pagano livre un texte émouvant et magnifiquement écrit sur le désir féminin, qui nous interroge au passage sur la nature de nos sentiments envers l'élu(e) de notre coeur. Ou son double de fiction.
On peut dire l'amour, le désir d'amour, ainsi ? L'écrire d'une seule voix, féminine, charnelle et si vivante, jusqu'au sang, alors que l'autre est tout ? Disons-le d'emblée, avec ce sixième roman, Emmanuelle Pagano est parvenue, avec maestria, à renouveler le roman d'amour, dans une histoire qui ne cesse de grandir, jusqu'à la fêlure. L'auteur a fait le choix, ô combien périlleux, du dialogue à une voix, omettant les missives adressées par l'amant...
La force aussi d'Emmanuelle Pagano, dans ce duo pour voix seule, c'est son écriture douce mais tendue, faite d'une musique difficile à transcrire ; comme une symphonie réduite pour un piano à quatre mains. Rien qu'une histoire d'amour. Quand l'amour n'est que tout, jusqu'à en absorber les marges de la vie. Le livre refermé, le livre relu, on voudrait entendre chuchoter cette voix de femme, ce son d'amour, nuitamment, les yeux clos, en rêvant de passions.
Et si on essayait ? Si on essayait de s'envoyer des lettres d'amour qui deviendraient un roman ? Un homme et une femme, écrivains tous les deux, se sont lancés dans l'aventure. Et nous voilà, en fin de compte, avec un livre à une seule voix, celle d'Emmanuelle Pagano, à peine remise d'une rupture amoureuse, et qui s'en explique dès la première page : "Ce roman était à l'origine un échange de lettres avec un autre écrivain. Nous nous l'étions représenté comme une oeuvre de fiction que nous construisions chaque jour, à deux, et dans laquelle nous inventions que nous nous aimions. Nous ne savions pas jusqu'où le pouvoir du roman nous amènerait. Nous ne connaissions pas la fin de l'histoire. Il est sorti de ma vie brutalement, abandonnant ce texte en cours d'écriture. En partant, il a repris ses lettres... Ce roman épistolaire est loin d'être un demi-livre pour autant. L'une de ses forces réside justement dans l'absence de l'autre voix, présente en creux. On devine les mots, les élans, les hésitations de l'homme dont le nom n'est pas révélé et qui s'est laissé entraîner dans cette aventure...
Lettres d'amoureuse, folle du corps de l'autre, dont le lecteur découvre l'anatomie dans les moindres détails. Lettres impudiques, mais sauvées de la vulgarité ou de la banalité par une écriture magnifique...
"Elle ne peut plus faire l'amour avec lui que dans ce livre, en le relisant, en ajoutant des pages. Un livre un peu irréel, comme un paysage de carte postale : un lac silencieux, sans oiseaux d'eau. "Le moins réel de tous mes livres", constate, étonnée ou soulagée, Emmanuelle Pagano.
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