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.. Lily et Braine

Couverture du livre Lily et Braine

Auteur : Christian Gailly

Date de saisie : 20/05/2010

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Minuit, Paris, France

Collection : Romans

Prix : 14.50 € / 95.11 F

ISBN : 978-2-7073-2090-2

GENCOD : 9782707320902

Sorti le : 07/01/2010

Et si la passion pouvait être le poison mortel d'un couple ? Lily retrouve Braine qui revient tout droit de l'enfer de la guerre. Elle suit et approuve sa lente reconstruction jusqu'au jour où elle se fait déborder par une ennemie qu'elle avait oubliée : la passion de Braine pour le Jazz. Certes, c'est dans un style syncopé évoquant plus les hésitations, les doutes et les colères retenues que les blues improvisés et entraînants que Christian Gailly dresse de façon déroutante le portrait d'une passion fatale. Mais la construction naïve et spontanée des personnages, le rythme effréné et coloré de son récit et la chute insoupçonné de ce dernier font de ce roman une magnifique partition loin d'être improvisée. Et qu'on ne se lassera pas de relire ! Avec Lily et Braine, Christian Gailly intronise un nouveau tempo aux histoires d'amour.


Braine revient d'un hôpital militaire après plusieurs mois de convalescence. Gravement commotionné, il semble avoir repris le chemin de la vie lorsque trois vivants l'accueillent à la gare le 20 juillet : sa femme Lily, son fils Louis et la petite chienne Lucie. Pourtant la vie hésite encore, une anxiété et une menace pèsent, le trio vacille, tangue malgré tous les efforts de Lily pour maintenir le cap dans ce réapprentissage de la vie. L'arrivée de la pulpeuse Rose semble réveiller des tourments oubliés : elle rappelle à Braine qu'il a été un brillant musicien et qu'avec quelques compères il pourrait revenir sur les planches avec succès. Braine ne sait dire non et «c'était peut-être ça, sa véritable infirmité. L'invalidité qu'il avait rapportée de là-bas. Une incapacité à ne pas aimer ?». Le lecteur espère page après page que le couple Lily et Braine surmontera les obstacles qui se dressent jour après jour devant leur bonheur. Christian Gailly grâce à son écriture par petites touches et suggestive excelle vraiment à décrire aussi bien le monde des musiciens et des clubs de jazz que les sentiments humains. Une belle musique !


Braine revient de la guerre. On ne sait pas laquelle, mais au fond, peu importe, toutes les guerres se ressemblent. Il retrouve Lily, son fils, son chien et son travail dans la concession automobile de beau-papa.
Lily sait que cet équilibre est fragile. Elle a caché deux objets appartenant à Braine : son pistolet et son bugle. Mais quinze ans après, les vibrations du jazz vont de nouveau happer Braine. Avec quelles conséquences ?
Dans cette langue magnifique qui est la sienne, Christian Gailly nous parle de ces sujets qui lui sont chers : l'amour et jazz comme vecteur de tragédie. Une partition parfaitement interprétée.


Une famille qui se reconstruit, c'est aussi banal qu'un quintette de jazz qui n'a pas joué depuis quinze ans. Il faut retrouver le rythme, le ton juste, faire chanter la note... C'est ce que tente vainement de faire Lily au retour de Braine d'on ne sait quel enfer. Mais une belle américaine, et un bugle retrouvé au-dessus d'une armoire vont changer la donne de cette histoire. Comment retenir un homme qui aime le jazz «cette musique de cinglés» plus que tout, et qui ne se sent nulle part à sa place ?

Le roman s'ouvre sur une ambiance de film années 50 avec E. Constantine, à la limite du ridicule ; les personnages ont du mal à se caler, puis le livre se met en place, bascule doucement à la manière du quintette en répétition, le blues imprègne les êtres et les sentiments, le style chante jusqu'à la note finale, sidérante.


On aime Gailly ; on aime Lily et Braine.


  • Les présentations des éditeurs : 21/01/2010

Braine vient de passer trois mois dans un hôpital militaire. Il a été gravement commotionné. Il peut de nouveau dire, lire et écrire son nom. Il va rentrer à la maison. Lily l'attend. Il est de retour. Il arrive. Souhaitons-leur de vivre enfin heureux.



  • La revue de presse Astrid de Larminat - Le Figaro du 28 janvier 2018

L'histoire de Lily et Braine est un magnifique drame antique, avec un orchestre de jazz en guise de choeurs...
Tout cela est léger et lourd, primesautier en apparence, pesant par en dessous. C'est l'été, il fait beau, mais c'est comme si l'on entendait gronder l'orage dans le lointain. Une inquiétude plane sur ces personnages charmants, attachants. Il y a le pistolet de Braine, que Lily a caché dans un placard. Il y a le père, qui tient le couple sous sa coupe. Il y a aussi qu'on ignore pourquoi Braine s'était engagé pour aller se battre dans un pays lointain...
Du moment où le jazz entre en scène, dès lors que s'enclenche la mécanique de ce que les Grecs appelaient l' hybris se met en marche, le texte s'anime, se met à vibrer. Gailly joue avec audace et dextérité de sa phrase, il la coupe ou l'allonge, enchaîne dans une même séquence récit au passé, discours indirect et discours direct.


  • La revue de presse Claire Devarrieux - Libération du 21 janvier 2010

Pourquoi faudrait-il avoir peur pour Braine, pour Lily, Louis et Lucie ? Braine a recouvré ses capacités de raisonnement, même si l'infantilisation guette ici chaque adulte. L'«incapacité à ne pas aimer» serait-elle une régression ? Rose Braxton a ressuscité le musicien en lui, «un improvisateur d'exception», disent les anciens de son groupe de jazz, à nouveau réunis, et qui répètent. Pianiste, bassiste, saxophoniste, batteur ont leur mot à dire, chacun son quant-à-soi dans un souffle, une volée de notes, au sein du concert romanesque. Braine abandonne la dépanneuse pour la musique, le puissant beau-père facilite la vie, qui possède la Société des automobiles Sligo. Lily dit oui, elle veille, elle est enceinte, «Je suis vraiment cinglée, se disait-elle». Elle est jalouse. Lily et Braine a le parfum des temps révolus, cuir, femmes fatales. Comme dit Braine : «J'aime sa sonorité de solitude et de silence.»


  • La revue de presse Amaury da Cunha - Le Monde du 22 janvier 2010

L'écrivain pourrait nous mener toujours à l'endroit qu'il désire, on le suivrait toujours, obstinément. On pense évidemment à un autre de ses livres, Un soir au club, mais celui-ci est plus éthéré, comme si Christian Gailly cherchait à rendre ses phrases transparentes pour mieux transformer son motif romanesque en impression musicale.


  • La revue de presse Bruno Bouvet - La Croix du 20 janvier 2010

Tel un musicien se lançant dans une improvisation dont il ne perd jamais le fil, Christian Gailly développe ses thèmes de prédilection : l'amour qui fuit, l'identité qui se dérobe...
De quoi est-il question derrière cette histoire de dépannage, trois ans après Les Oubliés ? D'une improvisation libre sur le thème de la recherche de l'amour et de la quête de soi, obsessions lancinantes de l'auteur qu'il développe ici avec une liberté sans limites...
Peu importe la logique. Nous sommes ici dans le registre de l'association libre. Celui dont Christian Gailly ne perd jamais la maîtrise, en virtuose de l'imaginaire. Le final, inattendu, en est la glaçante démonstration.


  • La revue de presse Jean-Louis Ezine - Le Nouvel Observateur du 14 janvier 2010

L'auteur sonore mais discret de «Dring», de «Be-bop» et de «l'Incident», récemment adapté au cinéma par Resnais, nous revient. Plus jazz que jamais...
«Lily et Braine» est un roman noir dont la mélancolie veloutée retient longtemps, très longtemps, la violence. Elle dort sur l'armoire, on sait quoi en penser. Bugle ou pistolet, elle désigne les voyous : les musiciens. «On nous pardonne, on nous passe tout, parce qu'on fait de la bonne musique, mais on est quand même des voyous», confesse Braine...
Le roman est sombre, mais délivré avec une sorte de gaieté qui lui vient de ce perpétuel déhanché musical, qui s'arrête à tout moment sur une saveur, une image, un détail inutile mais qui en paraîtra d'autant plus vrai. Ecrivain sonore et visuel à la fois, capable de traduire en mots aussi bien la douceur ronde et trompeuse du bugle que la cafouilleuse petite musique où s'illustrent les vies en panne, Christian Gailly impose ici un art consommé de la scène juste et ce n'est pas un hasard si deux de ses romans ont été adaptés au cinéma, «l'Incident» par Alain Resnais (sous le titre «les Herbes folles») et «Un soir au club», par Jean Achache. Aussi on ne vous racontera pas la fin, ça vous gâcherait la séance.


  • La revue de presse Nathalie Crom - Télérama du 13 janvier 2009

On s'en voudrait de raconter plus avant l'histoire de Lily et Braine - une histoire d'amour, comme le sont toutes celles qui naissent sous la plume de Christian Gailly, ici trempée dans une encre plus noire que jamais. Les romans de Gailly sont d'ailleurs formidablement rétifs aux tentatives de résumé, de mise à plat. Limpides, denses, agissants, ils existent par la grâce seule de l'écriture - choix des mots, rythmes changeants, respiration toute musicale des phrases et de leur enchaînement. Pour composer finalement, avec ce Lily et Braine, une mélodie grave et parfaite, ponctuée d'une note tragique et renversante.


  • La revue de presse Jean-Claude Lebrun - L'Humanité du 7 janvier 2010

Le romancier ajuste ici une perfection d'horlogerie narrative, trame serrée sous des allures de continuelle improvisation. Le groupe commençait à répéter dans un hangar. Une fille 
à Mobylette passait par là. Lily attendait un autre enfant. Braine rendait régulièrement visite à Rose dans une chambre d'hôtel. Les événements se succèdent, d'apparence chaotique mais commandés 
par un invisible engrenage. Telle une session de jazz. 
Ou la mécanique d'une tragédie. Quand Braine mangeait du poulet, il pensait à la mort du volatile, «la gorge tranchée comme un civil»  ; quand il tenait le couteau à pain, «il avait envie de le planter dans le ventre 
de quelqu'un». Une violence paraissait s'être définitivement inscrite dans son ADN, dont seuls l'amour et la musique pouvaient le divertir. Aimer et jouer, 
dans une manière d'infini recommencement  : 
la similitude est troublante, avec le programme 
d'écriture de Christian Gailly.


  • La revue de presse Jean-Baptiste Harang - Le Magazine Littéraire, janvier 2010

On refermera le livre sur une soudaine panne de son, la bande déchirée du magnéto qui claque dans le vide à chaque tour comme le battement d'un coeur déchiré, K.-O. par le gong, sonné pour le compte par les deux directs des dernières lignes, comme au sortir d'un rêve dont on croit se souvenir longtemps et dont il ne reste qu'un vague fredon, puis un silence fébrile, parce que la vie est ailleurs, loin de la musique, du côté de la mort. En 1992, lorsqu'on demandait à Gailly pourquoi il avait intitulé son livre Dring, il avait répondu : «Parce que ça sonne bien», et plus tard, dans un autre livre, il avait raconté pourquoi il avait abandonné le saxophone, lui ou son héros, après un couac impardonnable. Il n'a pas arrêté, toute la musique est dans ses livres.


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