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L'univers de Rosa Matteucci est peuplé d'étranges créatures. L'on y croise des dames âgées pas plus sympathiques qu'hygiéniques, des femmes divorcées aussi midinettes que bébêtes et des hommes autant vénaux que menteurs. Dans l'impitoyable monde de Rosa, les mamans ne sont pas particulièrement câlines, les aides à domiciles difficiles à débusquer et les fêtes de Noël ardues à célébrer. C'est avec un humour grinçant que l'auteur nous entraîne dans les travers les plus sombres des relations humaines, des liens familiaux et des tristes banalités des quotidiens rongeurs. C'est grâce à son style foisonnant, baroque et soigné, que Rosa Matteucci parvient à nous faire avaler les couleuvres d'un quotidien lugubre et banal qui conduit irrémédiablement au drame. Il va sans dire que tous les personnages et situations de ce roman ne peuvent être que fictifs puisque, comme vous le savez, les êtres humains ne sont que sagesse et bonté. Un roman qui fait beaucoup de bien là où ça pourrait faire mal...
Le journal sonore des livres : Lu par François Busnel - 11/02/2010
D'un côté, une vieille femme, recluse entre les quatre murs de sa maison qu'elle semble prendre un malin plaisir à laisser envahir par le désordre et la solitude. De l'autre, sa fille, toujours en quête du prince charmant après que son mari l'a délaissée, harcelée par sa mère hostile à qui elle rend pourtant consciencieusement visite chaque semaine. De ce face-à-face, à la fois déchirant et terriblement drôle, Rosa Matteucci tire une fable rythmée par son humour féroce. Une peinture grinçante des relations familiales, dépourvue des oripeaux de la bienpensance, qui n'épargne aucun des détails qui fâchent. «Je ne la connais pas, j'ignore quelles sont ses références littéraires. D'instinct, trois noms me viennent à l'esprit : Céline, Beckett et Thomas Bernhardt, enclins à une vision de la vie si désespérée qu'elle touche au comique le plus grandiose» (Carlo Fruttero, La Stampa)