Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.
Philippe BORDAS est un très grand écrivain, un orfèvre. Il nous offre là un livre unique et précieux, une "Invention de l'écriture" autant qu'une "Invention de la lecture". Le narrateur nous fait découvrir Bruly Bouabré, poète, artiste, prophète, et surtout créateur inspiré d'une écriture qu'il veut offrir au peuple Bété. Nous allons au coeur de cette démarche créatrice, nous touchons l'âme poétique d'un artiste exceptionnel. Il y a dans ces pages une lumière, un souffle incantatoire, une puissance évocatrice rares.
Le lecteur redécouvre l'Art de lire. Il faut en effet revenir aux origines de la lecture, à ces émotions indescriptibles des premières découvertes, lorsque nos cerveaux jeunes et neufs se frottaient aux mots et en étaient ensorcelés, pour comprendre ce que provoquent ces 140 pages.Un livre sur l'amitié, le don, la reconnaissance, la foi, sur l'écriture qui s'invente sous nos yeux, un livre beau, immense et fort.
Le journal sonore des livres : Lu par François Busnel - 21/01/2010
Il arrive que l'écriture naisse d'un humain, lettres et syllabes, qu'un alphabet naisse sous nos yeux.
Un enfant ivoirien fuit le travail forcé et devient le meilleur apprenti de la langue des Blancs.
Il décide d'offrir un alphabet à son ethnie privée de lettres et soumise aux lois d'Occident.
Il invente une écriture authentique d'Afrique et réalise la forme verbale de l'insurrection.
Je vais parler de Bruly Bouabré, poète, prophète, encyclopédiste, le plus fort exemplaire poétique vivant.
Philippe Bordas a publié L'Afrique à poings nus (Seuil, 2004) et Forcenés (Fayard, 2008).
La revue de presse Cécile Guilbert - Le Monde du 30 avril 2010
Collant par le choix de son sujet encore plus étroitement que Forcenés à un genre qui n'est ni le roman, ni le récit, ni l'essai, à moins que mixage des trois refondés par l'exigence d'un art poétique moins ciseleur que frappeur ("L'écrire n'est pas le talent de dire, mais le pouvoir de nommer, la nue frappe des noms"), L'Invention de l'écriture s'engendre simultanément comme poème, portrait, biographie artistique sur le mode de la vie brève et exemplaire, vie d'homme illustre tout auréolée d'orgueil et d'humilité dont on sent bien que son auteur - idéalement - s'y réverbère aussi. "Une vie qui se puisse indéfiniment magnifier et redire. Concentrée de défaites et d'instants héroïques. Poinçonnée du ciel, poinçonnée d'insectes. Une vie qui fasse blason. Haussée de luminations et de souffrances. Une vie dont chaque minute palpite sous le sceau de l'énonciation. Une vie manuscrite, justifiée, simplifiée, fondée." Autant dire la "vraie vie". Celle dont Rimbaud déplorait l'absence mais ici présente, dans toute la puissance de sa beauté et de sa grâce.