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Auteur : Sophie Chauveau
Date de saisie : 04/06/2010
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Télémaque, Paris, France
Collection : Romans historiques
Prix : 21.00 € / 137.75 F
ISBN : 978-2-7533-0101-6
GENCOD : 9782753301016
Sorti le : 14/01/2010
S. CHAUVEAU comme à son habitude nous fait découvrir des personnages historiques sous un angle différent.
1) Qui êtes-vous ? !
Si vous me posez cette question, c'est que vous devez en avoir une meilleure idée que moi !
2) Quel est le thème central de votre livre ?
Le thème central de mon Diderot, c'est lui, sa vraie nature, sa personnalité, sa jeunesse et sa genèse : comment on devient Diderot.
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de votre livre, laquelle choisiriez-vous ?
Elle n'est pas de moi mais bien sûr de Diderot "... mes pensées, ce sont mes catins..."
4) Si votre livre était une musique, quelle serait-elle ?
Bach, version jazzy.
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Partager avec mes lecteurs, la passion définitive pour la langue française, le style, la force de certains personnages comme Diderot, Vinci,... à l'ombre desquels tout s'épanouit.
À peine libéré des prisons de Vincennes, Diderot plonge corps et âme dans l'aventure de l'Encyclopédie.
Ses relations avec Rousseau atteignent un paroxysme émotionnel qui éclate en une rupture terrible dont la cicatrice brûle encore aujourd'hui leur mémoire.
Diderot rencontre enfin le grand Voltaire, à Paris, sur la scène de son théâtre privé. Une fois de plus, la réalité fait faux bond au rêve fraternel de Denis. Il invente alors la critique d'art et de peinture, arpentant les allées du Salon de Paris.
Invité par la Grande Catherine de Russie à sa cour, il découvre en route la mer avec émerveillement et délectation. À Saint-Pétersbourg, un dialogue privilégié s'ouvre avec la souveraine qui suscite rapidement jalousie et malentendus.
De retour à Paris, attaqué sans relâche mais toujours défendu par ceux qui l'aiment, célébré dans toute l'Europe mais singulièrement peu en France, Diderot s'évertue encore à tomber amoureux autant de fois qu'il le peut.
Jusqu'au bout gourmand de vie, avide de sensations, il savoure les jours jusqu'à leur dernière goutte, l'ultime bouchée d'un fruit, un après-midi d'été.
À mille lieues du Diderot académique si souvent décrié, Sophie Chauveau nous dévoile, au contraire, la merveilleuse énergie, la liberté sensuelle, l'audace de celui qui doit reprendre sa place parmi les plus contemporains de nos penseurs.
La seconde moitié de la vie passionnée de Denis Diderot est encore plus irrésistible que ses années bohèmes.
Laissez-vous à nouveau emporter par le «génie débraillé».
Après le succès de sa trilogie du «Siècle de Florence» et ses portraits brillants de Lippi, Botticelli et Vinci, Sophie Chauveau se penche aujourd'hui avec la même érudition et la même verve enthousiaste sur le siècle des Lumières et l'épopée des encyclopédistes.
La première époque du Génie débraillé, les années bohème, est parue en 2009 dans la même collection.
Pour rendre justice à Denis Diderot, elle lui consacre, dans un style vivant, une biographie romancée en deux volumes. Le premier, sorti en octobre dernier, décrivait la jeunesse tumultueuse d'un jeune homme ambitieux, fils d'un coutelier aisé de Langres, monté à Paris pour y étudier tout en menant une vie de bohème. Le second, en librairie aujourd'hui, retrace les années de maturité de celui qui fut le directeur de la fameuse Encyclopédie. Mais, en réalité, Sophie Chauveau nous montre que Diderot resta toute sa vie un éternel adolescent. De sa tentative de fugue du domicile familial pour rejoindre Paris, en 1728, alors qu'il n'a que quinze ans, jusqu'à sa mort en 1784, l'ami de Rousseau, jusqu'à leur rupture, et de Voltaire, même s'il ne le rencontra qu'une seule fois, ne supporta jamais l'autorité. Diderot fut un rebelle qui toute son existence eut à se méfier de la censure. Forte d'une solide documentation et d'une passion sans borne pour son héros - elle lisait à ses enfants en bas âge Le Neveu de Rameau ! -, Sophie Chauveau met Diderot à nu.
1749
L'Encyclopédie libérée
J'ai été forcé toute ma vie de suivre des occupations auxquelles je n'étais pas propre, et de laisser de côté celles où j'étais appelé par mon goût, mon talent et quelque espérance de succès. Je me crois passable moraliste, parce que cette science ne suppose qu'un peu de justesse dans l'esprit, une âme bien faite, de fréquents soliloques et la sincérité la plus rigoureuse avec soi-même, savoir s'accuser et ignorer l'art de s'absoudre.
Correspondance
Quelle année tout de même que cette année 1749 ! Pour la France, ce qui compte dans les almanachs comme l'événement le plus considérable est la première apparition d'un rhinocéros vivant, venu des Indes, exhibé à la foire Saint-Germain ! Diderot ne l'a pas vu et le déplore. En prison, il se remémore les années passées ! Il a le temps de revenir sur les mois écoulés... Et découvre ébaubi, furieux et scandalisé qu'il n'a jamais pris le temps de pleurer sa mère, ni sa petite soeur. Qu'il a refusé de toutes ses forces de s'y arrêter comme s'il pouvait les nier !
Sa mère est morte en octobre 1748. Il n'y a pas un an. Comment a-t-il pu se voiler la face si longtemps ? Comment ? Pourquoi surtout a-t-il feint que cette mort n'avait pas eu lieu, n'existait pas ? Pourtant il doit reconnaître qu'il ne s'en remet pas. Sa mère, c'est son amour secret, son amour blessé, la première femme qui l'a trahi, avec tous ses autres enfants qui, venus après lui, la lui ont volé. Mais au secret de son coeur, elle est toujours sa mère adorée. Et, depuis sa fuite dans le cachot où son père l'a enfermé, il ne l'a pas revue. Jamais. Il n'a pas été l'enterrer. Comme sa soeur Angélique dont il a appris la mort une semaine après que le couvent l'a inhumée. C'est ça qui a tué sa mère. Elle s'est consumée de chagrin, a écrit Denise, chagrin dû à l'étrange mort de son autre fille. Celle-ci avait vingt-cinq ans. Quelques années plus tôt elle était entrée au couvent des Ursulines, où très vite, elle est «tombée folle». «Folle en Dieu», telle est l'expression consacrée ! C'est dire si ça doit arriver plus souvent qu'on ne le croit. Ils l'ont rendue folle, précise Denise qui, par chance, n'est pas relue par la police de Berryer, ni par le curé de Saint-Médard. Furieuse et inconsolable de ces morts iniques, elle blasphème sans vergogne Dieu et la religion, qu'elle accuse d'avoir assassiné sa soeur. Elle ne mâche pas ses mots. Soeurette, sa digne soeur.
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