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Auteur : Nam Le
Traducteur : France Camus-Pichon
Date de saisie : 01/04/2010
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Albin Michel, Paris, France
Collection : Grandes traductions
Prix : 20.00 € / 131.19 F
ISBN : 978-2-226-19578-4
GENCOD : 9782226195784
Sorti le : 06/01/2010
«À couper le souffle, puissant, émouvant, aussi remarquable que bouleversant.»
William Boyd
Avec ce livre, Nam Le a fait une entrée remarquée sur la scène littéraire internationale en 2008. Traduit en quinze langues, couronné par plusieurs prix dont le Dylan Thomas Prize, il s'affirme d'emblée avec ce premier recueil de nouvelles comme un écrivain d'une maturité exceptionnelle.
Des taudis de Colombie aux rues de Téhéran, de New York à Hiroshima, d'un petit village de pêche australien aux mers du sud de la Chine, Nam Le porte son regard aux quatre coins du monde. À travers ces nouvelles aussi bouleversantes qu'intelligentes, il pose cette question : qu'est-ce qu'être humain ?
«Ambitieux et parfaitement maîtrisés, ces récits abordent des cultures et des personnages aux sensibilités radicalement différentes dans un formidable éventail de mondes imaginés.»
The Washington Post
Il est né au Vietnam, mais n'avait pas trois mois quand il est arrivé à Melbourne, Australie, en 1979. Il a été avocat avant de se lancer dans l'écriture. De cette expérience, Nam Le a tiré une nouvelle clairement ironique et un brin provocante...
De fait, si les nouvelles de Nam Le se passent aux quatre coins de la planète, si ses personnages se retrouvent, malgré eux, à jouer un rôle dans la tragédie de l'Histoire, elles n'ont rien de sociologique : ce sont avant tout des drames humains...
Et les voix sont particulièrement justes - notamment dans "Hiroshima" ou "Le bateau", où, à travers la traversée de la jeune Maï, Nam Le nous fait vivre l'enfer des boat people. Là encore, il interroge la part d'humain en chacun de nous. La perte et la douleur, le poids des responsabilités et celui de l'Histoire
Nam Le pense qu'on ne connaît jamais rien ni personne et que seule la fiction permet de s'approcher des autres. Il faut donc écrire sur ce qu'on ne connaît pas, à l'inverse du précepte de Wittgenstein. Ce dont on ne peut pas parler, il ne faut pas le taire. Il faut le dire, l'écrire, mais sans expliquer. Être romancier, c'est ça : on écoute des inconnus, nos pères, nos proches, comme s'ils parlaient une langue étrangère qu'il faut apprendre, en sachant que la comprendre, on ne le pourra jamais. "Choisir sa manière propre d'échouer en littérature", dit Nam Le. Est-ce cela, le style ? Nam Le a trouvé le sien dès son premier livre, un mélange de grâce et de douleur, une lancinante poésie masquée par la trivialité du réalisme.
Même s'il n'a pas fait abstraction de ses origines, le jeune (31 ans) écrivain australien - d'origine vietnamienne - a choisi d'autres voies, déroulant à travers la réplique précitée des histoires à suivre. On passe ainsi du destin d'un sicario (assassin sur commande) de Medellín à celui d'un champion sportif supportant mal la violence autour de lui, de quelques boat people affamés au bruit des B-52 au-dessus d'Hiroshima...
Au vu de sa justesse psychologique et de son habileté dans la narration, Nam Le n'a rien d'une petite frappe littéraire.
Coup d'essai, coup de maître : les sept nouvelles réunies dans Le Bateau sont tout simplement remarquables. Parce qu'elles épousent toute la palette des émotions, à fleur de peau, à fleur de mots. Et parce qu'elles ne sombrent jamais dans la répétition...
D'une nouvelle à l'autre, Nam Le dessine au fusain des destins précaires, fragiles, prêts à se fracasser à la croisée de chemins où rôdent la violence, la peur, la solitude, la mort. Sa voix ne sacrifie jamais au pathos, parce qu'il la maîtrise avec panache. Une révélation.
Le jeune écrivain (il est né en 1978 au Vietnam) ne se contente pas d'écrire des histoires bouleversantes. Il expurge ses textes de tout manichéisme, donne à sentir l'envers du décor, l'envers des âmes. Au fil d'une narration aussi sinueuse que maîtrisée, il s'aventure dans des dialogues d'où suinte l'urgence de vivre, crée des arrêts sur image d'où surgissent folie et grandeur des hommes.
Nam Le a publié son premier livre, les nouvelles rassemblées sous le titre le Bateau, l'année de ses 30 ans, en 2008. Il est australien, dans la mesure où son foyer se trouve là, c'est le pays où il a grandi. Le Vietnam est sa patrie, il y est né. Il était enfant lorsqu'il a changé de continent, il a fui parmi les boat people. Mais aux Etats-Unis, il est devenu ce qu'il est...Nam Le déplore «le scepticisme» à l'égard des oeuvres d'imagination. Une certaine école du récit, très en vogue, qui se confond avec l'expérience vécue, n'est pas la sienne - «cette conception limitée de l'authenticité dans la fiction». Les critiques le voient en ventriloque, il est aussi bien un caméléon : adolescent tueur à gages qui tient tête à son patron («Cartagena»), vieux peintre alcoolique qui a rendez-vous chez son gastro-entérologue avant de faire la connaissance de sa fille adulte qui ne veut pas entendre parler de lui («Revoir Elise»), petite Japonaise une seconde avant la bombe atomique («Hiroshima»), jeune bourgeoise américaine désespérée partie retrouver une amie en Iran («Ici Téhéran»). Nam Le dit qu'il veut donner une voix à ceux qu'on n'entend pas, à ceux qui ne s'expriment pas...
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