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.. C'est encore moi qui vous écris (1968-2008)

Couverture du livre C'est encore moi qui vous écris (1968-2008)

Auteur : Marie Billetdoux

Date de saisie : 02/04/2010

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Stock, Paris, France

Prix : 31.00 € / 203.35 F

ISBN : 9782234063143

GENCOD : 9782234063143

Sorti le : 24/02/2010

Ce livre totalement fascinant est à découvrir absolument. Il est vrai que devant la taille de l'ouvrage, le premier reflexe est peut être un peu méfiant, d'autant plus que le sujet présenté objectivement (la vie personnelle et professionnelle de Marie Billetdoux de 1968 à 2008), peut inquiéter quelque peu le lecteur anonyme loin du petit monde parisien. En somme, cela va t'il l'intéresser ? Et bien, c'est là où ça devient réellement fascinant, ce pavé de 1400 pages où l'on commence par piocher ici et là prudemment, se lit de manière de plus en plus linéaire et compulsive. C'est un livre fait de passions, d'excès, et de colères aussi. La romancière offre à son lecteur le film brut de sa vie. Nul artifice ici, pas de réécriture, pas d'interprétation, pas de falsification des faits, juste de la littérature pure. Une autobiographie mais sans les complaisances et compromis du genre. Ce livre est sans doute bien trop inhabituel pour devenir un grand succès "commercial" mais parions qu'il restera comme une oeuvre importante et marquante dans l'histoire de la littérature.


  • Les présentations des éditeurs : 22/01/2011

Il faudrait ne rien savoir de ce livre avant de l'ouvrir, de s'y plonger, de s'immerger dans son millier de pages. Tout argument, tout résumé, tout jugement porté sur cette oeuvre serait réducteur et terriblement vain.
Marie Billetdoux a réussi en effet à élever un monument considérable : par sa taille et son ampleur bien sûr, par son impudeur et son lot presque extravagant de secrets, petits ou grands, qui nous sont ici dévoilés. C'est encore moi qui vous écris n'est pas un roman, ni un essai, ni un recueil de textes, et encore moins un livre de correspondance. C'est encore moi qui vous écris est tout simplement la preuve qu'il est encore possible au début du xxie siècle d'inventer un nouveau genre littéraire. Voici quarante ans de la vie d'une femme (1968-2008) que l'on découvre lycéenne dans les premières lignes de l'ouvrage et que l'on quittera, mère d'un fils unique de vingt-trois ans et veuve d'un homme tant aimé, à la dernière page. Entre ces deux états on suivra Marie-Raphaële, écrivain dans le succès puis plus tard dans l'échec, cinéaste, journaliste, amoureuse et amoureusement harcelée, amante, maîtresse mais toujours libre. Libre, sauf en un point : la prison familiale. Tant son père dramaturge si enclin au silence que sa mère si bavarde, tant sa soeur qui s'éloigne inexorablement que ses grands-parents aux nombreux mystères.
Ainsi, si tout écrivain a pu rêver de réunir un tel matériau, chaque lecteur, chaque individu, finit par en rêver aussi.
Le voilà, le tour de force de Marie Billetdoux, d'avoir d'une part conservé tous ses écrits de l'âge de dix-sept à cinquante-sept ans, d'avoir dans le même temps gardé précieusement chaque réponse à chacune de ses lettres, d'y avoir mêlé courrier de lecteurs, bulletins scolaires, actes de naissance, de mariage et de décès, critiques de ses livres parues dans la presse, lettres d'avocat, d'admirateurs ou de détracteurs, courrier amoureux, missives attentives et rageuses de la mère et, bien sûr, lettres d'amour fou de Paul (le père de son fils), aujourd'hui disparu.
Cette abondance méritait cependant un classement, un montage, un travail d'écrivain soucieux de sa dramaturgie, du rythme et de sa musique, désireux aussi de rendre chaque expéditeur et chaque destinataire incarné, vivant, de montrer l'évolution de tous ces personnages.
Toute comparaison, on l'aura deviné, paraîtrait saugrenue, voire déplacée. Pourtant, inévitablement, on pense au livre d'Annie Ernaux, Les Années (2007), qui à sa manière revisitait sinon la même époque, en tout cas sa propre vie. Une différence cruciale dans Les Années, pour la première fois Annie Ernaux disait «nous», dans C'est encore moi qui vous écris, Marie Billetdoux va au plus profond du «je» sans le moindre détour, sans la moindre pose. Jamais un écrivain ne nous aura semblé aussi nu, mais aussi fort.

Marie Billetdoux a publié son premier roman à 20 ans, Jeune fille en silence en 1971. Prix Interallié pour son 3e roman Prends garde à la douceur des choses (1976) et Prix Renaudot pour Mes nuits sont plus belles que vos jours (1985). Elle a publié chez Albin Michel De l'air (2001) et Un peu de désir sinon je meurs (2006) Grand Prix Figaro Madame.



  • La revue de presse Frédérique Roussel - Libération du 1er avril 2010

C'est un monstre, un livre monstrueux. Indéfinissable dans sa forme. Ni journal littéraire ni correspondance d'écrivain. C'est une liasse de documents de quelque 1 500 pages livrée en bloc. Prenez tout, semble dire Marie Billetdoux. Sans un mot d'explication. Voilà donc quarante ans d'existence, 1968-2008, compulsés dans une correspondance hyperactive et dévorante par l'auteur de Mes nuits sont plus belles que vos jours...
La vie peut tenir du roman. Avec sa galerie de personnages, ses fâcheries et ses secrets familiaux. Après papa, il y a la relation fusionnelle avec maman, Mitou et Monsieur Colin, ses grands-parents maternels... principaux confidents de ses allers et venues, de ses émerveillements et de ses tâtonnements...
Entre les missives des fidèles correspondants, d'autres font irruption - amants, lecteurs, éditeurs -, se fixent quelques années avant de retourner au néant...
Le livre s'achève sur un courrier de son arrière-grand-père à son père François, dont il connaît l'ambition littéraire. On croit bien y retrouver Marie Billetdoux. «Je ne doute pas que ce ne soit là une chose plus forte que toi. Ce doit être une aspiration qui s'est emparée de ton âme et de ta volonté à tout jamais et si puissamment que tu ne te possèdes plus, mais te sens tenu et dominé entièrement par elle.»


  • La revue de presse Nils C. Ahl - Le Monde du 12 mars 2010

Le livre charrie comme un parfum de frontières, d'océans et de grandes découvertes, alors qu'il n'en est rien. Au contraire, C'est encore moi qui vous écris est un texte monstrueusement assis, immobile et intime. La dépouille d'une époque, d'une vie et d'une carrière littéraire, celle de Marie (ex-Raphaële) Billetdoux, offerte à l'autopsie et à la traversée - mais d'une manière qui ne ressemble à aucune autre, sans médecin ni chirurgien, sans carte ni navigateur. A y regarder de plus près, la dépouille palpite encore, l'écrivain est vivant, indéniablement. Tout prêt à la dissection, mais vivant...
C'est encore moi qui vous écris dépeint une transformation, celle de l'écrivain en livre, depuis ses premières lettres adolescentes jusqu'à ses disputes avec ses éditeurs. Le plus délicieux est qu'on y croit sans réserve.


  • La revue de presse Jérôme Dupuis - L'Express du 22 fév rier 2010

Ce livre est un monstre. "Un monstrueux monument élevé à mon énigme", dit joliment de lui son auteur. Monstrueux par sa taille - près de 1 500 pages - par sa nature - il est constitué de centaines de lettres reçues et écrites par la romancière Marie Billetdoux entre 1968 et 2008, de ses bulletins scolaires à ses billets d'amour, en passant par ses échographies, photo de foetus compris... - et, il faut bien le dire, par la psychologie déroutante de l'auteur de Mes nuits sont plus belles que vos jours...
Ce "journal épistolaire" aurait pu s'appeler La Vie quotidienne d'une romancière française à la fin du xxe siècle...
Marie Billetdoux n'ignore rien de ses maux : "Mégalo, parano, asociale, hypersensible, irréductible, cyclothymique", avant de conclure : "Voilà ce qu'est un auteur." Oui, un monstre.


  • La revue de presse Antoine Perraud - La Croix du 24 février 2010

Récapitulant sa vie en un assemblage de documents bigarrés, Marie Billetdoux provoque une fabuleuse commotion affective...
Au contraire d'un fourre-tout, voici une mangeoire captivante. Chacun y ruminera comme il l'entend, dans la lenteur d'explorations au petit bonheur la chance, ou bien dans l'ardeur d'une lecture forcenée. Cette juxtaposition de documents bigarrés histoire de solder une biographie saccadée, s'avère puissamment littéraire. De singulières étincelles procèdent du frottement d'un texte avec l'autre. Tout brûle d'une lueur ensorcelante...
Ce livre ressemble à un immense sanglot épistolaire. Il récapitule un cycle millénaire, que reflète le patronyme même que Marie prolonge en ce XXIe siècle : Billetdoux, venu d'un ancêtre qui rédigeait des mots d'amour sur les marchés du Moyen Âge. Ça ne s'invente pas...


  • La revue de presse Marine Landrot - Télérama du 24 février 2010

Emboîtés les uns aux autres, comme les pièces d'un puzzle intime incomplet, ces débris écrits sont des signes de vie. Habituellement, ce genre de livre voit le jour après la mort de l'artiste, comme ce fut le cas pour François Truffaut ou Helen Hessel, auxquels on pense sans cesse. Que ­Marie Billetdoux ait voulu rassembler ces traces friables mais indélébiles ne relève d'aucune mégalomanie. Il y a, dans cette correspondance, une pudeur, un art de se nicher dans les trous, une douceur bienveillante propres aux êtres qui reviennent de loin, et cheminent vers la lumière...
Même lorsqu'elle fouille dans sa généa­logie, l'heure n'est pas au règlement de comptes mais à la compréhension profonde, source de paix. Légère et clairvoyante, elle rend hommage à tous ceux qui vous épaulent sans le savoir.


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