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_ Le dernier Juif

Couverture du livre Le dernier Juif

Auteur : Yoram Kaniuk

Traducteur : Laurence Sendrowicz

Date de saisie : 12/03/2010

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Fayard, Paris, France

Collection : Littérature étrangère

Prix : 25.00 € / 163.99 F

ISBN : 978-2-213-63447-0

GENCOD : 9782213634470

Sorti le : 06/01/2010

Cette vaste fresque, qui foisonne de destins, de terres et d'époques, retrace une histoire d'Israël. Et avec elle, la mémoire de celui qui se fait appeler «Le dernier juif»

Ambitieux et passionnant, ce roman couvre toute l'histoire moderne du peuple juif dans le but d'explorer les complexités même de son identité. De la terre brûlée de l'Europe au milieu du XXème siècle aux plaines arides de la Terre Sainte, jusqu'à l'agitation des mégapoles de la diaspora américaine, Yoram Pamiuk retrace l'itinéraire entre ascensions et chutes des Juifs à travers le personnage original et énigmatique de Evenezer Schneorsohn. Entre réalisme et fantastique, Evenezer, qui se fait ironiquement appeler «le dernier Juif» y apparaît comme le «sabra» et l'incarnation même de l'idéal sioniste.

Construit sous la forme linéaire d'un testament, dont on aurait redistribué les feuillets, ce roman présente Evenezer comme légataire universel de toute la mémoire d'un peuple. Son protagoniste reconstitue, en les enregistrant sur cassettes magnétiques, et grâce à un travail de gommage de l'ego, tout le savoir historique, biblique, culinaire et poétique de l'histoire juive, en véritable encyclopédiste vivant. Tel un patchwork littéraire, ce roman fragmenté s'articule de souvenirs, de récits, de légendes, de lettres et de témoignages et conduit le lecteur d'un Moyen-âge à un futur imaginaire, à travers le monde.

L'un des plus talentueux et productif écrivain israélien nous livre, en ce fertile et foisonnant roman, une oeuvre littéraire majeure de l'Histoire juive. Il va sans dire que cette grande Histoire est subjective, puisque romancée, et assumée comme telle. Bien sûr aussi, car nous le savons tous, ce sont les «petites» histoires personnelles qui permettent la constitution et l'entretien de la Grande Mémoire collective. Nous ne devons, pas plus que nous ne pouvons, faire abstraction de cette Grande Mémoire. Pas plus que nous ne pourrions faire abstraction d ?une telle oeuvre, qui marquera, à son tour, l'Histoire littéraire : la Grande.


  • Les présentations des éditeurs : 02/02/2010

Sujet d'études d'un centre spécialisé de Tel-Aviv, Evenezer Schneorsohn enregistre des cassettes sur lesquelles il témoigne de son expérience unique dans un camp de la mort : convaincu qu'il serait le seul survivant de l'holocauste, il a réussi, par un curieux phénomène d'effacement de soi, à emmagasiner dans son cerveau tout ce qui, d'après lui, constituait le savoir juif (la théorie de la relativité d'Einstein, le texte intégral des cinq livres de la Bible, une recette de cuisine...).
Il est le " dernier Juif ", autour duquel s'articulent tous les autres personnages de ce roman fragmenté. Récits, légendes hassidiques, témoignages, lettres viennent se greffer sur l'histoire d'Evenezer pour composer un étrange puzzle qui emmène le lecteur de Ternopol à New York, de la Galilée à Marseille, du Moyen Âge à un futur non encore vécu. Ainsi, nous suivons la correspondance du professeur Henkine avec un écrivain allemand qui n'en finit pas d'expier le rôle joué par son père pendant la guerre, les diverses activités de Boaz Schneorsohn au sein de sa lucrative entreprise de commémora tion, les échecs sentimentaux et les grandes réussites agricoles de la très belle Rivka Sourka, qui, dit on, possède le pouvoir de détourner la mort.
Tous ces personnages ont un lien avec l'intrigant Joseph Reina, poète et don juan aux yeux de démon, géniteur de cent enfants qu'il a semés de par le monde. Mêlant fantastique, ironie et grotesque, cette grande fresque retrace une histoire d'Israël portée par la totale subjectivité d'un de ses acteurs privilégiés dont elle constitue l'oeuvre maîtresse.

Né en 1930 à Tel-Aviv, Yoram Kaniuk est peintre, journaliste et écrivain.
Après avoir participé à la guerre d'Indépendance d'Israël, en 1948, il est parti vivre à NewYork. De retour en Israël en 1962, il commence à publier romans et nouvelles. Traduites en quatorze langues, ses oeuvres ont été couronnées de nombreux prix. En France, Il commanda l'Exodus a reçu le prix Méditerranée (2000). Parmi les romanciers que j'ai découverts en traduction, les trois pour lesquels j'éprouve la plus grande admiration sont Gabriel Garcia Marquez, Peter Handke et Yoram Kaniuk.
(Susan Sontag).



  • La revue de presse Eglal Errera - Le Monde du 12 février 2010

Pas de chapitres pour ce long roman, pas question pour le lecteur de reprendre son souffle. C'est un fleuve où l'on s'immerge et où parfois on se noie, une suite de visions puissantes et d'une sensibilité extrême, portées par une écriture à la fois lyrique et pétrie d'implacable ironie. C'est une expérience unique de lecture où, chahutés, pris à contre-pied et à contretemps, on accède au plus profond de notre commune fragilité, à la féroce cruauté qui nous habite, à la compassion à laquelle nous touchons parfois. On en sort étonnamment réconcilié avec le genre humain...
Réédité près de trente ans après sa parution, Le Dernier Juif est devenu, à l'instar de quelques-uns des vingt ouvrages de Yoram Kaniuk, un livre-culte de la jeunesse israélienne. "Peut-être parce que les Israéliens font l'expérience intime de la vieille insécurité juive dont ils se croyaient exempts. Ils connaissent la peur. La force militaire ne fait rien à l'affaire. Allez donc savoir d'où nous vient la peur."


  • La revue de presse André Clavel - Lire, février 2010

Quant à ce qui l'a poussé à écrire, c'est la tragédie de son peuple : il met en scène des personnages meurtris, souvent déboussolés, dont les tourments intérieurs sont attisés par le souvenir cauchemardesque de l'Holocauste. Il a fallu près de vingt ans à Kaniuk pour venir à bout du monumental Dernier Juif, une fresque qui a été publiée en 1982 en Israël et qui brasse toute l'histoire de ce pays en multipliant les registres - du merveilleux à la chronique sociale en passant par le témoignage...
. Le dernier Juif est un roman inépuisable, le testament spirituel d'un écrivain qui s'est toujours identifié à son peuple.


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