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.. Warlock

Couverture du livre Warlock

Auteur : Oakley Hall

Préface : Rick Bass

Traducteur : David Boratav

Date de saisie : 03/12/2010

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Passage du Nord-Ouest, Albi, France

Collection : Traductions contemporaines

Prix : 24.00 € / 157.43 F

ISBN : 978-2-914834-37-7

GENCOD : 9782914834377

Sorti le : 19/02/2010

Un western... genre moins connu en littérature qu'au cinéma, mais il s'agit bien d'un western littéraire.
Première traduction française du roman de l'écrivain Oakley Hall (à l'origine du film "L'homme aux colts d'or"), ce prodigieux ouvrage nous entraîne dans l'ouest américain de la fin du XIXe siècle. Au delà de l'action pure, des trahisons, des duels, attaques de diligence, c'est une réflexion sur la société, la justice et le droit que nous offre l'auteur.
Des personnages complexes, des dialogues époustouflants, une construction originale.
Magistral !


1880, territoire de l'Arizona. Warlock est une ville créée de toutes pièces par l'auteur, entre Tombstone, Nothing Gulch, et les villes champignons de la ruée vers l'or. A la fois imaginaire et bien réelle, sorte de patchwork de l'histoire de l'Ouest, elle se situe à la frontière. Cette frontière, c'est la limite du monde civilisé, mais ce n'est déjà plus le monde juste. Le personnage principal c'est la ville, ses habitants, ses héros, ses mineurs, ses filles de joie, ses mauvais garçons. Et le sujet, c'est l'absence de loi et la présence de grands espaces. Dans ce décor écrasant, comment réagissent des hommes livrés à eux-mêmes ? Et bien mal, assez mal. Et c'est beau.

A la lecture, c'est un western. Un bon vieux western. Avec les clichés du genre bien sûr, mais bizarrement, ça magnifie plutôt l'ensemble. Mais ce n'est pas que ça, c'est une sacrée réflexion sur la Loi. Celle du Livre, celle de la bonne morale, celle des hommes, celle que l'on manipule ou celle que l'on détourne, contourne. Un vrai plongeon dans l'âme.


  • Le courrier des auteurs : 27/08/2010

1) Qui êtes-vous ?
Mon nom est David Boratav, c'est sous ce nom que je publie. J'ai longtemps vécu aux États-Unis : c'est là que j'ai découvert Warlock, lors de sa réédition par New York Review Books, une maison d'édition indépendante basée à Manhattan. Dès ma première lecture de Warlock, je savais que j'allais traduire ce livre - je n'avais jamais rien lu de pareil de ma vie ! J'ai parcouru (virtuellement) les bureaux des éditeurs pour tenter de les convaincre, une tâche difficile, étant donnée la taille de cet immense western. Je suis romancier - j'ai publié un roman, Murmures à Beyoglu, chez Gallimard au mois de septembre dernier - un livre qui n'a, par ailleurs, rien d'un western. Je travaille actuellement à un nouveau roman, qui n'aura rien d'un western lui non plus, quoique.

2) Quelles sont, selon vous, les qualités demandées à un traducteur ou une traductrice ?
De la rigueur, de la concentration, une vraie propension à l'absorption dans une tâche, de la curiosité aussi, si l'on tient compte de ce qu'une traduction exige en terme de recherches sur la langue. Et beaucoup, beaucoup de travail. Il faut trouver un ton, une voix, celle du roman, et lorsque le roman est polyphonique (comme Warlock), la pluralité de ces voix, donc une harmonie. Il faut aussi avoir de l'oreille. Comme en musique, en somme.

3) Quel est le thème central du livre que vous venez de traduire ?
La justice est l'un des grands thèmes de ce livre, sa perversion par le système politique. C'est aussi un très grand roman sur les hommes, leurs faiblesses et leur fragilité, moins un document ou une fable qu'une sorte de fresque shakespearienne de la Frontière, à la dramaturgie confondante de justesse.

4) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
"La ville était vide et dans le matin grisâtre les bâtiments et les habitations se détachèrent graduellement comme des pensées émergeant de l'orée grise de son esprit, pour flotter devant ses yeux, sans attache, des images à deux dimensions, étranges dans ce silence rompu par le seul bruit sourd et creux que faisaient ses bottes sur les planches de la promenade."

5) Si ce livre était une musique, laquelle serait-elle selon vous ?
La musique de ce livre existe déjà. Elle a été composée par Leigh Harline pour Warlock, le film réalisé par Edward Dmytryk (L'Homme aux colts d'or en français) et sorti en 1959, l'année qui suivit la publication du roman d'Oakley Hall.


  • Les présentations des éditeurs : 22/01/2011

«La ville de Tombstone en Arizona, pendant les années 1880, est notre Camelot national. Une terre fabuleuse où les vertus de l'Amérique s'incarnent chez les frères Earp et ses maux dans la bande des Clanton ; une terre imaginaire aussi, où l'affrontement d'OK Corral se revêt de la pureté dépouillée des joutes arthuriennes.
Dans son magistral roman Warlock, Oakley Hall rend son humanité véritable, sanglante et mortelle au mythe de Tombstone. Wyatt Earp s'y métamorphose en un tireur d'élite nommé Blaisedell qui, à cause de l'image donnée de lui dans les magazines spécialisés sur le Far West, pense qu'il est un héros. Et c'est parce qu'ils croient en ce héros que les citoyens exaspérés de Warlock font appel à lui. Mais lorsque Blaisedell découvre qu'il ne peut répondre à leurs attentes, il est obligé de reconnaître ses failles, son abîme intime n'étant pas si éloigné de celui qui règne en ville.
Avant même que s'achève l'angoissante épopée du livre [...], Warlock doit admettre que ce que l'on nomme la société et l'état de droit sont des concepts aussi fragiles et précaires que la chair, voués à retourner à la poussière des déserts aussi rapidement qu'un cadavre. C'est la sensibilité profonde de Warlock qui fait de cet ouvrage un grand roman américain.
Nous sommes, dans ce pays, encore nombreux à trouver naturel de jeter nos papiers d'emballage au fond du Grand Canyon avant de prendre une photo couleur et de remonter en voiture ; par conséquent, notre nation a besoin de voix comme celle d'Oakley Hall pour se rappeler l'existence de ce morceau de papier voltigeant qui, dans sa chute scintillante, n'en finit pas de tomber.»

Thomas Pynchon



  • La revue de presse Gilles Biassette - La Croix du 29 avril 2010

Son premier mérite est de rappeler que le genre du western est, aussi, un genre littéraire. Adapté au cinéma en 1959 par Edward Dmytryk, avec Henry Fonda et Anthony Quinn dans les rôles principaux, Warlock est entré dans la légende de Hollywood sous le titre L'Homme aux colts d'or...
Warlock est aussi une leçon de politique, la cité en devenir étant un laboratoire où se reconstruit la démocratie. On voit chacun avancer ses pions, sous couvert d'intérêt général.


  • La revue de presse Mathieu Lindon - Libération du 4 mars 2010

Warlock, nom de la petite ville où se déroule l'intrigue dans les années 1880, est un livre qui épuise un genre cinématographique, un roman qui contient tous les westerns, et plus que ça. En 1959, un an après sa parution, il devint un film au titre homonyme d'Edward Dmytryk avec Henry Fonda, Richard Widmark et Anthony Quinn, connu en France comme l'Homme aux colts d'or...
On rencontre dans Warlock, aujourd'hui traduit aux éditions Passage du Nord-Ouest (la couverture du livre est magnifique), tous les ingrédients du western...
Les épisodes amoureux et sexuels du roman sont aussi placés dans l'idéal sous le patronage du courage, cette notion parfois indécelable, indéterminable. Le journal du notable, encore, évoquant les habitants de la ville : «Jadis, au moins, ils avaient su ce qu'était le courage et l'avaient respecté. Peut-être qu'ils refusaient de respecter le sien, ou peut-être qu'ils ne savaient plus ce que c'était, qu'ils ne connaissaient plus à présent que la peur, la haine et la violence.»...
Oakley Hall conclut sa «note préliminaire» à Warlock ainsi : «Le rôle de la fiction n'est pas d'exposer les faits, mais la réalité.» Le roman est gros mais il se dévore rapidement. C'est comme s'il imposait une histoire des Etats-Unis un peu différente de celle à laquelle on a été habitués.


  • Les courts extraits de livres : 29/08/2010

Extrait de la préface de Rick Bass

Warlock commence peu de temps après qu'un homme - qui n'est autre que le shérif - a été chassé de la ville par des hors-la-loi, laissant derrière lui une bourgade d'autant plus humiliée que ses habitants n'ont pas eu le courage d'être solidaires et d'empêcher son expulsion. Une fois entamés, de tels cycles de violence, où tyrannie et lâcheté vont main dans la main, sont difficiles à interrompre. Et c'est cette manière qu'a l'Histoire - pour ne pas parler de destin tout tracé - de se répéter qui, justement, intéresse la plus grande partie de ce roman. A Warlock, tout le monde ou presque, qu'il ait un rôle de premier plan ou assume une fonction secondaire, a un passé qui lui fait honte. Les habitants ont soit été expulsés d'une autre ville, soit choisi de leur propre initiative de laisser derrière eux leur existence passée pour venir prendre à Warlock un nouveau départ. Ils sont, le plus souvent, déjà usés par la vie, même si une étincelle d'espoir continue, malgré tout, de brûler faiblement en eux. L'ex-maquerelle Kate Dollar, une femme cynique et prompte à la colère, soupire toujours après Tom Morgan, copropriétaire du saloon. Kate fait languir Gannon, l'adjoint au shérif, cependant que le tueur à gages Clay Blaisedell espère toujours se tailler une réputation d'homme intègre. Les espoirs de Morgan, qui est aussi joueur de cartes, sont si profondément enfouis au fond de lui que longtemps le lecteur est porté à croire qu'ils existent à peine, ou se sont envolés.


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