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Auteur : Karl-Heinz Ott
Traducteur : Françoise Kenk
Date de saisie : 17/03/2010
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Phébus, Paris, France
Prix : 21.00 € / 137.75 F
ISBN : 9782752902962
GENCOD : 9782752902962
Sorti le : 11/02/2010
Le fils est au chevet de sa mère en fin de vie. Un homme et une femme isolés et prisonniers de leur fusionnelle relation. Confronté à l'imminente perte de son unique famille, le narrateur revisite son enfance, sa vie, ses souvenirs et s'interroge...
Cet admirable récit, aux accents camusiens, nous conduit, à travers les derniers jours d'une mère, vers une profonde réflexion philosophique sur la naissance, la vie, la mort et la filiation. Bien qu'ils n'aient que l'un et l'autre pour famille, la mère et le fils se supportent difficilement. Leur quotidien, à l'instar de leur histoire commune, est jonché de non-dits, d'amertumes et de colères enfouies.
La mère, qui a conçu ce fils unique, hors mariage, a rapidement été mise au banc d'une société villageoise rustre et à la morale chrétienne omnisciente. Avec la grand-mère tout d'abord, puis à eux deux, ils ont dû apprendre à vivre et à s'aimer à leurs façons, en devenant les uniques héritiers d'un passé familial emprunt de mensonges, d'hypocrisie et de silences. L'épaisse morale des autres et l'absence du père les ont contraint à vivre ensemble, reclus dans cette demeure familiale que le fils semble fuir depuis l'âge adulte.
Aujourd'hui que le compte à rebours est déclenché, il ne lui reste plus que quelques jours pour comprendre, réparer, reconstruire et, enfin, ouvrir l'horizon.
Oscillant entre poésie et descriptions réalistes, l'enfance du narrateur défile sous nos yeux à la façon d'une projection de bobines super huit. Ce touchant témoignage, servi par une écriture directe et ample, nous perce l'âme, en réveillant en nous l'une des plus capitales interrogations de l'humanité : Qu'est-ce qu'être ?
Entre rémissions et rechutes, accompagnement au quotidien et quête de sens philosophique, Karl-Heinz Ott nous plonge dans les spécificités d'une histoire familiale particulière qui tape fort. Jamais, en ce roman, il ne nous fait oublier, comme le chantait le poète, que ce qu'il y a d'encombrant dans la morale, c'est que c'est toujours la morale des autres. Et à fortiori, quand il s'agit de celle de sa mère... Un roman «clé» à découvrir et à offrir d'urgence.
Le diagnostic des médecins est formel : la mère va mourir, elle n'a plus que quelques semaines devant elle. Le fils et narrateur de l'histoire se doit de retourner au pays natal afin de l'accompagner dans ses derniers instants.
L'homme n'était pas revenu sur la terre de son enfance depuis plusieurs décennies. Il avait fui l'univers clos et asséché d'un village dont le catholicisme à la poigne de fer et la morale étroite avaient depuis longtemps condamné sa mère célibataire, tout comme lui, le fils naturel. Au chevet de celle-ci, le voilà confronté à sa mémoire, de même qu'à une femme qui fut à la fois le pivot de sa vie et son ennemie dévorante. Pour ne pas sombrer, il essaie de tirer d'une brassée de souvenirs un portrait mesuré de sa génitrice. Ce dernier vole en éclats lorsque l'agonisante le ramène avec une ironie impitoyable à la réalité : «Ne te raconte pas d'histoires, j'ai aussi été garce.» Petite phrase libératrice qui permettra peut-être à un fils déboussolé d'embrasser des horizons plus larges et plus vivifiants.
Karl-Heinz Ott est né en 1957 sur les bords du Danube, dans la région d'Ulm. Philosophie, lettres allemandes et musicologie sont les trois axes de ses études. Il a été conseiller dramaturgique à Fribourg, puis à Bâle et à Zurich. Il est également l'auteur d'un livret d'opéra. C'est en 1988 qu'il publie un premier roman très remarqué : Que s'ouvre l'horizon (Ins Offene). Les Éditions Phébus ont fait paraître, en 2008, le deuxième livre de l'auteur : Enfin le silence (Endlich Stille, 1998). Karl-Heinz Ott compte désormais parmi les auteurs importants de la littérature allemande.
Karl-Heinz Ott décrit avec lucidité et parfois cruauté le face-à-face d'un fils et de sa mère, mourante...
Par petites phrases lapidaires, Karl-Heinz Ott orchestre leur face-à-face avec une lucidité impitoyable : tout remonte peu à peu à la surface, au fil d'une longue confession où le narrateur raconte pourquoi il ne s'est jamais libéré des démons de son passé, pourquoi il a accumulé "tant de haine dans son ventre" et pourquoi, malgré l'éloignement, sa mère n'a cessé de torpiller ses pensées. "...
Un roman tendu, foudroyé, magnifique de sobriété. Et aussi cruel que du Thomas Bernhard.
Né en 1957, Karl-Heinz Ott, également auteur d'Enfin le silence (éd. Phébus, 2008), un roman nerveux sur nos faux-semblants, a écrit ce premier livre alors qu'il avait atteint la quarantaine. Il y déploie une écriture entre tourbe et poésie, chagrin et lumière, et ne s'attache à capturer qu'une seule vérité, celle complexe, infinie, qui unit un fils à sa mère. Poignant.
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