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Auteur : Elizabeth Coquart
Date de saisie : 09/06/2010
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Payot, Paris, France
Collection : Documents
Prix : 21.50 € / 141.03 F
ISBN : 978-2-228-90500-8
GENCOD : 9782228905008
Sorti le : 03/02/2010
Comment être libre et indépendante à une époque où le carcan des traditions enrégimentait toute vie en société ? Tel fut le défi de Marguerite Durand (1864-1936), figure de proue du féminisme qui jamais ne renonça à la féminité et dont la biographie est aussi l'histoire de la Troisième République. Jeune actrice adulée à la Comédie-Française puis journaliste, égérie du boulangisme puis ardente dreyfusarde, elle devint la première patronne de presse de France en fondant en décembre 1897 La Fronde, journal entièrement écrit et fabriqué par des femmes. Souvent vilipendé par ses confrères à moustache, il n'en joua pas moins un rôle majeur dans les grandes campagnes qui firent changer les lois en faveur de la cause féminine.
En digne briseuse de tabous, Marguerite Durand fut aussi une grande amoureuse. Courtisée par Georges Clemenceau, Aristide Briand et Guillaume II, elle ne négligea pas de séduire également le gratin de la finance. Car elle était très dépensière pour elle-même comme pour les oeuvres qu'elle défendait, et dont la plus originale fut le tout premier cimetière animalier, ouvert à Asnières en 1899. Dans un autre genre, elle créa la bibliothèque féministe qui porte son nom, située aujourd'hui dans le XIIIe arrondissement de Paris. C'est là que sont conservés ses carnets intimes, lesquels n'avaient jamais été étudiés. Ils constituent le fil conducteur de cette première grande biographie consacrée à l'une des femmes les plus remarquables, remarquées et romanesques de son temps.
Elizabeth Coquart a déjà publié chez Payot Marthe Richard. De la petite à la grande vertu (2006)
Actrice à la Comédie-Française, Marguerite Durand fonda, en 1897, le journal «la Fronde», avec une rédaction exclusivement féminine. Une révolution. Marguerite Durand (1864-1936) est enceinte de cinq mois lorsque s'ouvre à Paris un congrès féministe international. Elle travaille alors au supplément courrier du «Figaro»...
Un an plus tard, raconte Elizabeth Coquart dans cette brillante biographie, «la Fronde» regroupe des plumes d'exception comme Clémence Royer, anthropologue et traductrice de Darwin, fine théoricienne de ce qu'on nommera au siècle suivant la domination masculine. Il y a la subversive Maria Vérone, avocate appelée à jouer un rôle déterminant dans la création de tribunaux pour enfants, Hubertine Auclert, obsédée par le droit de vote, et quelques communardes. Le champagne coule à flots au journal, au 14 de la rue Saint-Georges, qu'on croirait une annexe de l'agence Elite tant les rédactrices n'ont en rien sacrifié à l'esprit sexy. Exploitation des allumettières, maltraitance des orphelins dans les cénacles catholiques, grève dans les usines ou défense de la femme épanouie dans les études : du Palais-Bourbon au Palais de Justice et à la Bourse, les intrépides franchissent en corset et robe longue des portes jusque-là interdites au beau sexe.
Jusqu'à ses 33 ans, Marguerite Durand (1864-1936) n'eut guère que des admirateurs. A la Comédie-Française, où elle fit ses débuts, tout le monde la trouvait parfaite dans ses rôles d'ingénues. Plus tard, après son mariage avec le député boulangiste Georges Laguerre, elle devint l'une des femmes les plus courtisées de la capitale...
Et puis le vent tourna. Les éloges firent place aux moqueries. Et Marguerite, jadis tant aimée, devint bientôt la risée des bien-pensants. La raison ? Sa décision, en 1897, de lancer un quotidien "féministe" et "exclusivement réalisé par des femmes". En France, c'était une première. Et pour beaucoup d'hommes, note Elizabeth Coquart dans la belle biographie qu'elle consacre à la fondatrice de La Fronde, c'était tout bonnement inacceptable.
De la vie romanesque de Marguerite Durand, Élizabeth Coquart, qui s'était précédemment penchée sur le destin de Marthe Richard, tire une biographie vivante et passionnante. Un livre qui s'appuie sur les carnets intimes, jusqu'ici jamais étudiés, laissés par cette figure originale du féminisme de la fin du XIX e siècle et du début du XX e. À travers Marguerite Durand, l'auteur brosse le portrait d'une époque, celle de la IIIe République. Une période de bouillonnement intellectuel et culturel marquée par l'affaire Dreyfus...
Marguerite Durand et ses journalistes offrirent l'image d'un féminisme à la fois séduisant et combatif.
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