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Auteur : Paul Auster
Traducteur : Christine Le Boeuf
Date de saisie : 18/05/2010
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Actes Sud, Arles, France
Prix : 22.00 € / 144.31 F
ISBN : 9782742789207
GENCOD : 9782742789207
Sorti le : 01/03/2010
Pourquoi Adam Walker, au seuil de sa mort, éprouve-t-il le besoin d'écrire l'histoire de sa vie, de se raconter, voire de se livrer ? Pourquoi ce titre : 1967 ?
A la manière d'un roman policier, Paul Auster nous entraine de New York à Paris sur les traces de son personnage, naïf, généreux, mais aussi fragile et faillible : c'est à dire profondément humain. Un personnage dévoré par la culpabilité mais qui ne peut s'empêcher de "réécrire" son histoire. L'écriture est complexe et fulgurante, la narration, à plusieurs voix, parfaitement maitrisée nous entraine dans un véritable maelström.
Extrait : " On a donné ce nom à mon grand-père quand il a débarqué à Ellis Island en 1900. Apparemment, les responsables de l'immigration trouvaient Walshinksky trop difficile à manier, alors ils l'ont renommé Walker." [p15]
New York, 1967 : Adam Walker, jeune aspirant-poète, rencontre un énigmatique mécène français, Rudolf Born, et sa sulfureuse maîtresse. Sans ambages introduit dans l'intimité du couple, l'idéaliste jeune homme se voit proposer une association susceptible de placer la littérature au centre de son existence.
Mais une nuit criminelle va quelque temps plus tard sceller, de New York à Paris, l'étrange communauté de destins qui s'est ainsi formée... Tel est le prologue de l'intrigue nouée par le récit d'Adam Walker dont, quarante ans plus tard, un jour de 2007, son ancien condisciple à l'université, le célèbre romancier Jim Freeman, reçoit le surprenant manuscrit, en même temps qu'il apprend que son vieil ami est en train de se mourir d'un cancer en Californie. Très affaibli, dans l'incapacité d'achever lui-même la rédaction de la mystérieuse confession qu'il a entamée, Adam prie son ami d'accepter de mettre en forme à sa place les notes fragmentaires qu'il a rassemblées pour la suite. Jim se fait alors le scribe du deuxième chapitre du récit : désormais installé à Paris, le jeune Adam Walker retrouve sur son chemin l'inquiétant Rudolf Born, lequel semble s'employer à prendre dans ses filets une femme aux prises avec une situation difficile et sa fille, Cécile, fervente étudiante en lettres et passionnée de poésie...
Ayant renoué avec la soeur d'Adam après sa mort, Freeman est amené à s'interroger sur la véracité du récit auquel il a contribué. De passage à Paris où l'a conduit la publication en France de son dernier roman, il retrouve la détentrice d'un possible épilogue en la personne de Cécile, à présent quinquagénaire, et que Born a récemment reçue pour une ultime conversation dans le nid d'aigle où il s'est retiré, sur une petite île des Caraïbes...
Paul Auster est né en 1947 à Newark dans le New Jersey.
De 1965 à 1970, il étudie les littératures française, anglaise et italienne à Columbia University où il obtient un Master of Arts. Il publie à cette époque des articles consacrés essentiellement au cinéma dans la Columbia Review Magazine, et commence l'écriture de poèmes et de scénarios pour films muets.
De 1971 à 1975, il s'installe à Paris et, en connaisseur attentif de notre langue, il traduit Dupin, Breton, Jabès, Mallarmé, Michaux et Du Bouchet. Unearth, son premier recueil de poèmes paraît aux Etats-Unis en 1974, puis en France, en 1980, aux éditions Maeght.
Sa Trilogie new-yorkaise, constituée de Cité de Verre (1987), Revenants (1988) et La Chambre dérobée (1988), paraît aux éditions Actes Sud et connaît un succès immédiat auprès de la presse et du public.
Suivront des essais, des recueils de poésie et de nombreux romans, dont Moon Palace (1990) ou encore Léviathan qui obtient en 1993, le Prix Médicis étranger.
Paul Auster a aussi écrit des pièces de théâtre dont Laurel et Hardy vont au paradis qui a été joué au Théâtre de La Bastille en 2000, Cité de verre a été adapté en bande dessinée par David Mazzucchelli en 1995. En 1993, La Musique du hasard a fait l'objet d'un film réalisé par Philip Haas.
Son oeuvre, qui connaît un succès mondial, est adaptée au théâtre (Laurel et Hardy vont au paradis au théâtre de La Bastille en 2000), en bande dessinée (Cité de verre avec des illustrations de David Mazzucchelli en 1995) et au cinéma (La Musique du hasard réalisé par Philip Haas en 1991).
Passionné depuis toujours par le cinéma, Paul Auster réalise Smoke et Brooklyn Boogie en collaboration avec Wayne Wang. En 1996, ces deux films sont diffusés sur les écrans internationaux. Smoke obtient le Prix du meilleur film étranger au Danemark et en Allemagne.
En 1998, Paul Auster écrit et réalise Lulu on the bridge, avec Harvey Keitel, Mira Sorvino et Willem Dafoe, film sélectionné à Cannes dans la catégorie "un certain regard".
Il poursuit son activité de cinéaste en réalisant La Vie intérieure de Martin Frost d'après un scénario composé à partir de l'une des intrigues de son roman, Le Livre des illusions, en 2007.
En 2009, il publie Seul dans le noir aux éditions Actes Sud.
Son nouveau roman, Invisible paraît en librairie le 3 mars 2010.
Et dans la collection Thesaurus, l'oeuvre romanesque t.3 sort en avril 2010.
En France, toute l'oeuvre de Paul Auster, traduite en trente-cinq langues, est publiée chez Actes Sud. Il est membre de The Academy of Arts and Letters et a reçu le Prix du Prince des Asturies en 2006 (entre autres distinctions prestigieuses).
Paul Auster vit à Brooklyn avec sa femme, la romancière Siri Hustvedt.
Invisible, sombre et tragique, est une belle variation sur ce qu'il convient d'appeler l'"ère du soupçon"...
Paul Auster explore une fois encore les méandres de l'âme humaine lorsque le remords vient la tordre et la ravager. Adam Walker, jeune homme idéaliste et aspirant poète, se trouve face à sa propre lâcheté. De cette confrontation qui le hantera toute sa vie, il tirera juste assez de force pour écrire le début d'un livre. Mais s'agit-il vraiment de la vérité ? Walker a-t-il imaginé sa vie ? Paul Auster laisse ouvertes toutes les questions que son lecteur, peu à peu, se pose. Tel est son grand art : suggérer, lancer des fausses pistes, jouer avec les codes (du polar comme du roman initiatique). Invisible est une chronique de l'Amérique pacifiste. Cette Amérique du "Summer of Love", qui défilait contre le Vietnam, rêvait d'un monde où les poètes vivraient de leur plume. Les héros d'Auster se cognent contre la réalité. En évoquant les années 1960 et les années 2000, Paul Auster tend un fil entre les deux tours qui nous servent aujourd'hui de repères. A la manière d'un funambule, il danse sur un fil...
De Paris à New York, Paul Auster interroge les ressorts de la fiction. Un registre dans lequel il excelle.
Le romancier new-yorkais Paul Auster signe avec «Invisible» une ensorcelante tragicomédie avec, en vedette, la mort, l'amour et la littérature...
Paradoxe : parvenu à l'apogée de son talent, l'auteur de la «Trilogie new-yorkaise» ne semble pouvoir se satisfaire d'histoires simplement racontées comme seuls en sont capables les grands maîtres de la fiction, débarrassés de ces effets de style qui séduisent généralement les écrivains qui démarrent. Auster, lui, déchire à dessein les toiles du décor, et donne à voir, sous la chair apparente des personnages, leur vraie nature de mannequins de papier, l'armature et le rembourrage. Casse-gueule ? Oui, mais sur le fil et sans filet, Paul Auster, une fois encore, réussit le plus fabuleux saut périlleux qui soit.
L'amitié toxique entre un jeune poète et un cynique. Un labyrinthe cérébral qui nous tient captif...
La complexité indéniable de la construction d'Invisible n'est jamais un obstacle à sa lisibilité - elle oeuvre à l'intérêt romanesque du récit, aux rebondissements qui le jalonnent. Le suspense ainsi ménagé permet à Paul Auster de s'autoriser à laisser planer, sur l'histoire et son interprétation, la plus grisante incertitude. Qui, de tous ceux qui ici prennent la parole ou prétendent détenir une part de la vérité -Adam, sa soeur Gwyn, ses anciennes amantes Margot et Cécile, Jim, Rudolf Born...-, faut-il croire ? Lesquels se tiennent du côté du mal et de la transgression, lesquels du côté du bien ? Quelle est la part du réalisme, celle de l'artificialité, dans cette intrigue où s'agitent des personnages faussement tangibles et solides, en fait souvent archétypaux ? Questions sans réponse qui sont le socle et le ciment de ce livre intranquille, intrinsèquement vertigineux.
Attention mesdames et messieurs : où se situe vraiment l'histoire de ce livre ? Est-elle ici ? Est-elle là ? En êtes-vous sûrs ? Cette version-ci des faits vous semble vraisemblable ? Et si elle était au contraire entièrement fabriquée ? Qui tire les fils et lesquels ? Qui triche, qui fantasme, qui manipule qui... ? Au grand bonneteau de la fiction, Paul Auster brouille et rebrouille les cartes à une allure vertigineuse. Si bien que quiconque entre dans Invisible, son treizième roman, risque fort de ne plus pouvoir le lâcher...
Et, bien sûr, on se trompe. Ce qu'on a sous les yeux est un puzzle dont aucune pièce ne s'ajuste aux autres. Les témoignages, les non-dits, les supputations, les lettres, le manuscrit, les fantasmes sexuels, le journal intime... : tout est récit dans le récit mais rien ne s'emboîte.
Après des années en demi-teinte, l'auteur new-yorkais publie un quinzième roman formidable sur la mémoire, le sexe et la création littéraire...
Résultat des courses ? Un Auster grand cru. Peut-être son meilleur livre depuis Cité de verre, en 1987...
Partout, dans cette histoire totalement maîtrisée, l'écrivain témoigne de son amour pour l'écriture, la création, les mises en abyme, les possibilités infinies qu'offre la fiction, les jeux de miroir. Après ses maîtres Borges et Perec, Auster entraîne le lecteur dans son passionnant labyrinthe fictionnel. L'espace de 300 pages, on est absorbé dans un monde de papier qui semble plus réel que le vrai. C'est peut-être ça la magie de la littérature.
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