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Auteur : Jean-Philippe Depotte
Date de saisie : 10/03/2010
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Denoël, Paris, France
Collection : Grand public
Prix : 20.00 € / 131.19 F
ISBN : 978-2-207-26189-7
GENCOD : 9782207261897
Sorti le : 04/02/2010
1) Qui êtes-vous ? !
De formation scientifique, j'ai été tour à tour chercheur, ingénieur ou directeur de production, j'ai breveté un appareil à compter les bulles dans les parois des bouteilles de verre ou un autre à reprogrammer les stimulateurs cardiaques... Et pendant tout ce temps, je chérissais l'idée d'un jour écrire un roman. Alors, je remplissais des carnets d'énigmes, de personnages, d'images, de scènes. Jusqu'au jour où ma femme (à qui ce roman doit décidément beaucoup) m'a proposé de la suivre dans une expatriation de quatre ans au Japon. J'ai donc laissé là la science et je l'ai suivie. Cette coupure professionnelle m'a permis d'expérimenter beaucoup et d'écrire en particulier ce fameux roman qui me tournait dans la tête depuis si longtemps. Le résultat fut les Démons de Paris, envoyé chez Denoël par la poste nippone et édité à mon retour en France.
2) Quel est le thème central de votre livre ?
Les Démons de Paris est une fantaisie historique. Un peu thriller, un peu fantastique, c'est un faisceau d'histoires individuelles dans le Paris de la Belle Époque qui s'entrecroisent, qui enflent et se retrouvent pour un final en apothéose dans le métro parisien.
En premier lieu, c'est l'histoire d'un jeune prêtre qui s'est découvert le pouvoir de parler aux défunts et qui l'utilise pour aider les morts à accepter leur trépas. Mais c'est aussi celle de Papus, le célèbre occultiste, qui par naïveté se laisse entraîner par une nièce sans scrupules dans un complot ésotérico-révolutionnaire. Sans parler de Victoire Desnoyelles, la chef hypothétique du gouvernement de la France, au prise avec une visite surprise fort embarrassante du tsar Nicolas II alors que Lénine se trouve en exil à Paris.
Les Démons de Paris est un pur divertissement que j'ai voulu à grand spectacle, un jeu avec l'Histoire construit comme un thriller qui mêle personnages et événements, réels et fictifs.
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de votre livre, laquelle choisiriez-vous ?
«Que votre monde est beau !» Phrase prononcée encore et encore par Bélial, un démon descendu sur terre regardant défiler Paris derrière la fenêtre de sa voiture. J'aime cette phrase parce qu'elle résume l'atmosphère positive des Démons de Paris. Mais aussi les ballades dans les rues d'un Paris 1900 aux côtés des personnages du roman, un Paris fantasmé, romantique, le Paris du Moulin Rouge de Baz Luhrmann ou des Adèle Blanc-Sec de Jacques Tardi, le Paris de l'extraordinaire Luna Park de la porte Maillot que j'ai découvert lors des recherches historiques préliminaires et qui occupe une place de choix dans le roman.
4) Si votre livre était une musique, quelle serait-elle ?
Évidemment, la Barcarolle de Gabriel Fauré. C'est la mélodie que chante Lucrèce (la nièce sulfureuse de Papus) pour envouter Joseph (le curé, personnage principal du livre). C'est la musique qui ne m'a pas quittée de toute l'écriture du roman. Je crois beaucoup au pouvoir de la musique quand je cherche l'inspiration. C'est une drogue qui vous place, quasiment sur commande, dans tel ou tel état d'esprit avant d'attaquer l'écriture d'un nouveau chapitre.
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Je n'ai qu'une seule motivation : celle de distraire mon lecteur. Inventer une belle histoire, dans de beaux endroits, autour de beaux personnages. Je conçois l'écriture d'un roman comme un tour de magie. Je présente les faits, je monte les enchères en compliquant l'intrigue, j'enfonce les personnages dans des difficultés inextricables et je donne rendez-vous au dernier chapitre pour tout dénouer, le plus élégamment possible, d'un coup de baguette magique. Et même si le lecteur attentif trouvera quelques réflexions sur la mort ou sur la place de l'homme dans l'Histoire, je n'ai pas eu d'autre but que de le divertir.
Au début du XXe siècle, dans un Paris frappé par des attentats anarchistes, un jeune prêtre se déclare capable de converser avec les défunts et ne tarde pas à affronter une célébrité qui le propulse en première page des journaux, affublé du titre de «Saint Joseph des Morts». Une situation d'autant plus difficile qu'il cherche en secret à percer les mystères de l'après-vie, aidé dans cette tâche par un jeune garçon terrorisé par ses démons d'enfant... et par une sombre menace qui approche inexorablement de la capitale. À la veille d'une visite officielle du métropolitain de Fulgence Bienvenüe par le tsar Nicolas II, visite que la présence de Lénine à Paris ne peut que compliquer, Joseph va se lancer dans une dangereuse quête de la vérité qui lui fera approcher l'occultiste Gérard Encausse, dit Papus, ainsi que les services spéciaux du tsar et les terribles membres de la «pègre de Montreuil». Et si les maîtres de Paris n'étaient pas ceux que l'on croit ? Les Démons de Paris, qui évoque le cinéma sépia de Jean-Pierre Jeunet et les mystères praguois de Leo Perutz, est un thriller historique et surnaturel d'une rare ambition, un premier roman avec lequel Jean-Philippe Depotte trouve immédiatement sa place parmi les maîtres du genre.
Scientifique de formation, mais passionné d'histoire et de littérature, Jean-Philippe Depotte est né à Lille en 1967. Il a été programmeur, inventeur " breveté ", éditeur de méthodes de langues et directeur de production de jeux vidéo.
Sur le perron de l'Hôtel-Dieu, Pichard et Simonet ne contenaient la cohue qu'à grand-peine. Devant eux se pressaient les curieux du quartier - les badauds professionnels qu'ils connaissaient bien - auxquels s'était mêlé un étrange assortiment de belles dames dont ils ne savaient que faire. D'ordinaire, il n'y avait que les poissonnières des Halles ou les marchandes des quatre-saisons pour faire le poireau devant l'hôpital. Mais aujourd'hui, il y avait du gratin et il convenait de ne pas commettre d'impair. Même l'agent Pichard, dont on vantait le tact jusque dans le bureau du commissaire, ne savait plus quoi faire. Toutes ces élégantes, ça le paniquait. Et si la femme du préfet faisait partie de la bousculade ?
En début de service, pourtant, la journée s'emmanchait à l'idéale à discuter de la dernière Panhard, devant Notre-Dame, au soleil du printemps. Simonet, l'automobile c'était son truc. Et le planton sur le parvis, il n'y avait pas mieux pour palabrer entre collègues.
Et puis, on était venu les chercher pour une intervention devant l'Hôtel-Dieu. Pour commencer, ils avaient relevé un groupe de religieuses, des augustines qui tentaient de canaliser les premières arrivantes. Ils s'étaient installés en faction devant le porche et, le prestige de l'uniforme aidant, ces belles dames avaient rapidement retrouvé leur calme. Elles cherchaient surtout à savoir si c'était bien ici qu'avaient été transportées les victimes de l'attentat. L'attentat ! Le mot impressionnait mais, en gardiens de la paix avertis, ils savaient que d'ordinaire le quidam utilise un vocabulaire exagéré et qu'il convenait d'attendre un avis officiel avant de s'alarmer.
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