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Auteur : Knut Hamsun
Traducteur : Ingunn Galtier | Alain-Pierre Guilhon
Date de saisie : 12/06/2010
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Gaïa, Monfort-en-Chalosse, France
Prix : 14.00 € / 91.83 F
ISBN : 978-2-84720-159-8
GENCOD : 9782847201598
Sorti le : 17/02/2010
C'est l'histoire éternelle de l'amour, et on ne s'en lasse pas quand c'est si bien écrit ! Ils sont jeunes, ils sont beaux... mais ils ne sont pas du même milieu social. Il devient écrivain, inconsolable, elle est condamnée à faire un mariage riche pour éponger les dettes de toute la famille au bord de la ruine. Leurs sentiments sont impossibles et ils les étouffent mais ils ne cessent de chercher à se revoir, à guetter chaque regard comme une promesse ou un aveu. Un très beau roman sur un amour étouffé qu'on a lu avec passion d'une traite, qui nous emmène dans la campagne norvégienne, ses châteaux, ses fêtes, ses fleurs et ses îles.
Le fils d'un meunier aime la fille de son propriétaire, qui l'aime en retour mais ne sait que lui dire le contraire. Car elle ne peut l'avouer aux siens.
Amours tragiques, grand classique. Mais la finesse et la sensibilité du grand auteur norvégien, prix Nobel 1920 tristement fourvoyé dans le nazisme, donne à cette oeuvre une résonance tout à fait singulière.
Extrait :
" Assez mystérieusement, il se trouvait maintenant dans une vallée déserte. Au loin, un orgue abandonné jouait de la musique. Il s'en approcha pour l'examiner et vit que l'instrument saignait : un filet de sang s'échappait de l'un de ses flancs, sans qu'il s'arrêtât pour autant de jouer."
A noter la parution simultanée de la nouvelle biographie de référence "Knut Hamsun, rêveur et conquérant", d'Ingar Sletten Kolloen, également aux Editions Gaïa.
«Avez-vous déjà, ne fût-ce qu'une seule fois, vu un homme épouser celle qu'il aurait dû ?»
Elle est la fille du châtelain ; il est le fils du meunier. Ils s'aiment et tout les sépare, leur famille comme leur statut social. Dans une Norvège petite-bourgeoise et piétiste, deux êtres s'aiment et se déchirent sous le joug de leur indomptable orgueil. Traversé de rêveries exaltantes, ce roman d'un amour impossible fut écrit en 1898. Knut Hamsun y dresse un portrait splendide et cruel d'amants romantiques dévorés par le malheur d'aimer.
Fils de paysans, Knut Hamsun est né en 1859 en Norvège. Autodidacte, il devient écrivain. Son roman Faim lui apporte la célébrité en 1890, et il fut longtemps considéré comme le génie littéraire norvégien, "père" du roman moderne. Knut Hamsun obtint le prix Nobel de littérature en 1920.
Lire la presse
«II faut lire Victoria d'une main et sa biographie dans l'autre.» Guillaume Le Douarin, Librairie L'Écume des pages, Paris 6e, Page des libraires, février 2010
«L'écriture est magnifique, poétique, parfois lyrique, portée par des sentiments qui dépassent - souvent - nos protagonistes. Un roman qui, mine de rien, interpelle sur la difficile communication entre homme et femme, sur ces sentiments qui rongent, sur l'amour magnifié/fantasmé et l'amour réel, sur la difficulté à sortir d'un certain type de carcan et, comme il s'agit d'un écrivain norvégien, pas de happy-end lénifiant en fin de lecture. Si vous ne connaissez pas Knut Hamsun (fils de paysan et autodidacte, prix Nobel de littérature en 1920, Victoria est une belle manière de le découvrir.» Christine Salles, Café culture, blog littéraire de Psychologies Magazine, janvier 2010
Le fils du meunier marchait, songeur. C'était un grand garçon de quatorze ans, hâlé par le soleil et par le vent, l'esprit toujours bouillonnant d'idées. Plus tard, il serait allumettier. Ce travail délicieusement dangereux lui vaudrait le respect des copains, et, comme il aurait du soufre sur les doigts, personne n'oserait plus lui serrer la main.
Il chercha des yeux les oiseaux dans la forêt. Il connaissait chacun d'entre eux, savait où se trouvaient leurs nids, comprenait leurs cris et leur répondait à sa façon. Souvent, il les avait nourris de boulettes préparées avec la farine du moulin de papa.
Tous les arbres le long du chemin étaient ses amis. Au printemps, il en extrayait la sève. L'hiver, il était comme un père pour eux, les libérant de la neige qui alourdissait leurs petites branches. Même là-haut, dans la carrière de granit, les pierres, dont aucune ne lui était étrangère, avaient son amitié. Il avait gravé sur certaines des lettres et des signes, puis les avait ordonnées tels les fidèles autour du prêtre. Cette ancienne carrière était le théâtre de toutes sortes d'événements insolites.
Il se dirigea vers le lac. Le moulin était en marche et il se sentit pénétré par son bruit puissant, étourdissant. Il avait l'habitude de se promener ici et de parler tout seul. Chaque perle de mousse lui racontait sa vie ; là-bas, du côté de l'écluse l'eau tombait droit, pareille à une toile étendue à sécher. Après le barrage, le lac était riche en poissons, et il était souvent venu y pêcher.
Plus tard, il serait plongeur. Oui, plongeur. Il se jetterait du pont d'un bateau et pénétrerait dans des royaumes étranges aux vastes forêts ondoyantes et mystérieuses.
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