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.. Le destin d'Angelica Kauffmann : une femme peintre dans l'Europe du XVIIIe siècle : biographie

Couverture du livre Le destin d'Angelica Kauffmann : une femme peintre dans l'Europe du XVIIIe siècle : biographie

Auteur : Françoise Pitt-Rivers

Date de saisie : 11/03/2010

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Biro éditeur, Paris, France

Prix : 24.50 € / 160.71 F

ISBN : 978-2-35119-067-8

GENCOD : 9782351190678

Sorti le : 26/11/2009

  • Les présentations des éditeurs : 22/01/2011

Le monde entier est atteint d'angelicamania, disait-on à Londres en 1777, en désignant Angelica Kauffmann (1741-1807), cette jeune femme peintre venue de Suisse via l'Italie, qui avait conquis par son charme et son pinceau toute la société britannique et, au-delà, toute l'intelligentsia européenne.
Que reste-t-il aujourd'hui des manifestations de cet extraordinaire enthousiasme ? L'oeuvre d'un grand peintre, qui mérite de retrouver la lumière des projecteurs. Cette première biographie française arrive donc à point pour redonner à Angelica Kauffmann la place qui lui revient dans l'histoire de l'art.
Sa vie est un véritable roman. Née dans une famille modeste des Grisons, elle a connu une ascension sociale vertigineuse et a su s'imposer dans un monde dominé par les hommes pour faire, en Angleterre comme à Rome, une carrière éblouissante de portraitiste et de peintre d'histoire. Elle a peint pour les cours d'Angleterre, de Naples, de Vienne, et même de Saint-Pétersbourg. Elle a appartenu à toutes les académies d'Italie et compté parmi les membres fondateurs de la Royal Academy. Elle a connu la gloire, mais, comme Mme de Staël, «au détriment du bonheur».
Le parcours de cette vie, jalonné de rencontres avec l'élite de son époque : Winckelmann, Reynolds, et surtout Goethe, son plus fervent admirateur («Elle a un talent incroyable», écrivait-il), est rempli de mystères sentimentaux - mariage secret, amour déçu... -, qui font de cette femme exceptionnelle une figure touchante d'artiste auréolée de mélancolie.

Françoise Pitt-Rivers, philosophe de formation, a étudié à la Graduate School de Yale, avant de travailler à l'Unesco, puis dans l'édition à Paris. Elle a publié Balzac et l'art (Chêne, Paris, 1994, couronné par l'Académie française) et une biographie de l'autre grande femme peintre du XVIIIe siècle, Madame Vigée Le Brun (Gallimard, Paris, 2001).



  • La revue de presse Mona Ozouf - Le Nouvel Observateur du 4 mars 2010

Dans la série de ses autoportraits, adoucie de mousselines blanches et dorées, elle a toujours le même regard quêteur, intensément sérieux, sans illusion et sans espoir. On se dit : qu'est-ce qui ne va pas, Angelica ? Le premier mari, un escroc ? Le second, un barbon ? L'amour déçu pour Goethe ? Le doute, malgré la renommée, sur sa peinture ? On erre entre les hypothèses, car elle a brûlé ses lettres et effacé ses traces. On reste convaincu d'un secret, autour duquel Françoise Pitt-Rivers tourne avec délicatesse et qui fait le charme de ce joli livre.


  • Les courts extraits de livres : 11/03/2010

Extrait de la préface

La brume venait de se lever sur le Pincio, une brume d'automne annonciatrice de beau temps. Le soleil, bas sur l'horizon, qui frappait les toits et les coupoles de Rome, nimbait de lumière les contours de ce paysage urbain découpé sur un ciel encore pâle, ajoutant à la magie du spectacle de la Ville sainte qui s'éveille. Mais personne, en cette matinée du 7 novembre 1807, parmi la foule assemblée devant la Trinité-des-Monts, ne songeait à regarder dans cette direction. L'attention de chacun était tournée vers le porche de la maison qui jouxtait le couvent, devant laquelle attendait un corbillard vide attelé à quatre chevaux drapés de noir.
Bientôt un cardinal en sortit, puis des hommes sombrement vêtus, portant un cercueil qu'ils installèrent sur le char funèbre sous un catafalque, tandis que quatre jeunes filles en robe claire s'avançaient pour tenir les cordons du poêle. Divers mouvements agitèrent alors la foule, et ce qui n'était qu'un attroupement s'organisa lentement en un cortège. Les religieux d'abord, - il y avait bien une cinquantaine de capucins en robe de bure brune, autant d'abbés en soutane noire -, puis venaient des artistes, peintres et musiciens, regroupés en délégations selon leurs académies. Et c'est seulement lorsque le convoi s'ébranla, qu'apparut, juste derrière le corbillard, un page qui portait un coussin de soie noire sur lequel reposait une main en marbre blanc d'une grande finesse. Il était suivi de deux jeunes gens qui tenaient chacun à bout de bras un grand tableau. La longue procession descendait maintenant la via Gregoriana vers Sant'Andrea délie Fratte, aux accents d'une litanie égrenée en latin par les moines.


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