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"Le phénomène social de la xénophobie présent à l'état latent dans toute société humaine ne peut asseoir son empire sur le champ politique que lorsque les élites dirigeantes désignent l'étranger comme un problème." Jerôme Valluy
La création en France en 2007 d'un ministère de l'identité nationale et de l'immigration était-il un simple gadget de campagne éléctorale ? A cette question, chercheurs et spécialistes répondent, montrant que ce ministère est la résultante de l'institutionnalisation d'une xénophobie de gouvernement ancienne, séculaire, qui puise ses racines dans l'histoire coloniale et dans l'émergence des premières politiques anti-migratoires. Une xénophobie qui s'illustre notamment par les traditions de mise à l'écart des populations immigrées à travers l'étude des camps d'étrangers et des foyers de travailleurs migrants.
Un essai érudit, accessible pour apprendre, pour comprendre et contester.
Les présentations des éditeurs : 13/03/2010
La création d'un ministère de l'identité nationale et de l'immigration, en 2007, a fait franchir à la France un seuil symbolique dans la transformation de sa culture politique. L'événement puise cependant ses racines dans une histoire déjà longue : celle du fait colonial et de la relation à l'indigène, des effets politique de la décolonisation sur la métropole, de la genèse des politiques anti-migratoires, du retournement des politiques du droit d'asile contre les exilés, des recompositions du champ politique et des consensus construits au sein des élites... Au cours de cette histoire, se forme une xénophobie de gouvernement exprimée par les actes et discours d'autorités publiques qui désignent l'étranger comme un problème, un risque ou une menace et activent ainsi d'autres formes de xénophobie. Le nationalisme d'Etat incarné par le nouveau ministère apparaît comme un résultat de cette histoire au long cours.