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.. Monarchie et identité nationale en Italie (1861-1900)

Couverture du livre Monarchie et identité nationale en Italie (1861-1900)

Auteur : Catherine Brice

Date de saisie : 26/03/2010

Genre : Histoire

Editeur : Ecole des hautes études en sciences sociales, Paris, France

Prix : 29.00 € / 190.23 F

ISBN : 9782713222344

GENCOD : 9782713222344

Sorti le : 29/03/2010

  • Les présentations des éditeurs : 18/03/2010

La monarchie est longtemps restée un acteur oublié de l'Italie unifiée. Une fois le Royaume d'Italie proclamé, en mars 1861, une fois les opérations militaires du Royaume Piémont-Sardaigne achevées, le 20 septembre 1870, avec la prise de Rome, les souverains semblent disparaître de la scène. Pourtant, l'institution monarchique constitue le pilier de l'ordre constitutionnel régi par le Statuto, la charte octroyée par Charles-Albert en 1848. Les rituels et commémorations en l'honneur de la famille royale permettent à celle-ci d'être présente sur la scène politique et sociale de la nation en construction. La monarchie est active dans le domaine de la charité, visitant le pays à l'occasion de nombreux voyages ou lors d'événements dramatiques. Mais loin d'incarner une représentation archaïque du pouvoir, les souverains forgent un lien symbolique important entre un pays, à l'identité récente, et une population encore peu «nationalisée» et politisée. A la fin du siècle, la monarchie descend de plus en plus souvent dans l'arène politique jusqu'à ne plus incarner la nation tout entière, mais seulement une fraction des Italiens. Remettre la monarchie au coeur du processus de construction nationale permet aussi de mieux comprendre les racines de la «faible» identité nationale italienne.


  • Les courts extraits de livres : 18/03/2010

Extrait de l'introduction

A la mémoire
de Filippo Mazzonis

Il s'agit moins d'étudier la monarchie italienne à la fin du XIXe siècle que de s'interroger sur la place prise par cette institution dans l'instauration d'un sentiment national en Italie.

La monarchie italienne n'a pas très bonne réputation chez les historiens. On serait presque tenté de dire qu'elle est considérée comme un facteur accessoire de l'unité italienne. Il ne paraît pas déplacé de trouver dans un livre consacré à la naissance de la nation anglaise un chapitre entier dédié à la Majesty et aux efforts de George III pour construire une identification entre le roi et son royaume (Colley, 1992 : 201-236). Il ne semble pas que la même démarche ait été à ce jour tentée pour la monarchie italienne, entachée par son attitude durant la période fasciste et son rejet, en 1946, par une (courte) majorité d'Italiens. Pourtant, dans le mouvement de réexamen de l'unification de l'Italie mené aujourd'hui, la fonction monarchique est souvent omniprésente, et il semble difficile d'en faire totalement l'économie.

Il est significatif que, tout récemment, l'historien italien Filippo Mazzonis se soit engagé dans une réécriture de l'histoire de la monarchie italienne, entreprise hélas interrompue par une maladie fatale. Dans la préface de son livre posthume, il écrivait : «Je voudrais plutôt attirer l'attention sur le rôle de l'institution monarchique [...] dans l'histoire politique de l'Italie unie et sur sa contribution (si elle l'a donnée, dans quelle mesure et dans quels termes) à la formation d'une conscience nationale collective [...] C'est une tâche bien difficile, d'autant que le débat historiographique, même après la fin de la monarchie, a longtemps privilégié d'autres facteurs, soit politiques-institutionnels (le Parlement, le gouvernement, les partis, les forces armées, l'école, la magistrature, la police, etc.), soit économiques, sociaux et culturels (le développement économique, ses conséquences, et ses effets sur l'ensemble de la société, les changements de mentalité et de sensibilité).


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