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.. Colette journaliste (1893-1941)

Couverture du livre Colette journaliste (1893-1941)

Auteur : Colette

Date de saisie : 23/06/2010

Genre : Essais littéraires

Editeur : Seuil, Paris, France

Prix : 21.00 € / 137.75 F

ISBN : 9782020998949

GENCOD : 9782020998949

Sorti le : 19/03/2010

  • Les présentations des éditeurs : 22/01/2011

C'est une part importante de l'oeuvre qui se trouve conservée dans les archives de la presse française. Une part qui échappait jusqu'à présent aux nombreux lecteurs de l'écrivain. Une part d'autant plus significative que Colette se sert souvent de la presse comme d'une sorte de banc d'essai, esquissant dans ses chroniques des thèmes et des idées qu'elle développera ensuite dans son oeuvre romanesque ou autobiographique ; et qu'elle ne considérait pas cette activité journalistique comme une besogne alimentaire, mais comme un pan de son oeuvre. De sorte qu'on y retrouve les mêmes bonheurs d'écriture, la même alacrité. Ces articles qui, pour l'essentiel, datent des années 1930 et début 1940, montrent une Colette en prise directe avec son époque. Qu'il s'agisse d'un procès d'assises, de la traversée inaugurale du paquebot Normandie, de la représentation d'une pièce de Guitry, d'un portrait du Président de la République Albert Lebrun, d'une séance de music-hall avec Mistinguett, on s'apercevra qu'aucun spectacle terrestre ne la laisse indifférente. Acuité du regard, précision du style, souci du lecteur, bonne longueur - ni trop long ni trop court. Quelle meilleure définition du journalisme pourrait-on donner ?

Gérard Bonal est spécialiste de Colette et reconnu comme tel, auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet, il est également président de la société des Amis de Colette. Frédéric Maget, professeur de français, est l'auteur de nombreux écrits sur Colette dont il a également édité les Lettres à Missy (Flammarion, 2009)



  • La revue de presse Gilles Heuré - Télérama du 23 juin 2010

Bonheur de voir, de flâner, d'écrire, de raconter : c'est la Colette écrivain que l'on connaît. Mais c'est aussi la journaliste qui, tout au long de sa vie, rédigea plus de mille deux cents articles dans d'innombrables titres, y compris les plus grands comme Le Matin ou Paris-Soir...
Colette sait rapidement trouver son lectorat par les sujets qu'elle traite, mariant le reportage, les rencontres et les dialogues.


  • La revue de presse Christine Rousseau - Le Monde du 7 mai 2010

Peu de politique chez Colette mais un journalisme à hauteur d'hommes et de femmes. Les portraits d'anonymes croisent ceux d'artistes et de têtes couronnées comme la reine Marie de Roumanie qui l'accueille d'un "Que faites-vous là au lieu d'écrire des romans ?" Du journalisme avec délectation... Friande de mets (voir ses articles sur les bonbons ou le chocolat) et de mots, Colette virevolte d'un sujet à l'autre. Des enfants à ses chers animaux, des "niaiseries" de la mode (cheveux courts et régimes qu'elle fustige) aux beautés de la neige, et des prostituées du Palais Royal aux primeurs des Halles. La vie palpite constamment sous le trait vif, drôle, incisif, direct de cette fine observatrice qui, de bout en bout, nous enchante autant qu'elle nous émeut.


  • La revue de presse Thierry Clermont - Le Figaro du 8 avril 2010

L'écrivain fut aussi une brillante journaliste. Au fil de sa longue vie marquée par une oeuvre bien fournie, Colette (1873-1954) a publié de nombreux articles de presse, et ce, dès l'âge de vingt ans, alors qu'elle venait d'épouser Willy. Pendant plus d'un demi-siècle, l'auteur du Blé en herbe aura prêté sa plume à une multitude de journaux, parmi lesquels Le Petit Parisien et Le Matin, qui tiraient à plus d'un million d'exemplaires, La Cocarde, fondé par Maurice Barrès, Paris-Soir, dirigé par Pierre Lazareff, Le Journal et Le Figaro. Au total, quelque 1 300 articles, dont une large sélection est pour la première fois réunie dans ce florilège polytonal, par Gérard Bonal et Frédéric Maget. «Le journalisme est une carrière à perdre le souffle», avouera-t-elle au soir de sa vie.


  • La revue de presse Jérôme Garcin - Le Nouvel Observateur du 25 mars 2010

De tous les métiers qu'elle exerça - mime, actrice, dialoguiste de films, créatrice de produits de beauté -, le journalisme est le seul auquel Colette fut passionnément fidèle. Il était fait pour elle, qui aimait tant plaire, briller, s'enthousiasmer, se mettre en colère, écrire dans l'urgence pour le plus grand nombre, se mêler à la foule, saisir un personnage sur le vif...
Dans ce savoureux choix de chroniques, publiées entre 1893 et 1945, Colette s'en donne à coeur joie, et nous le rend au centuple...
Et elle ne manque jamais une occasion de condamner les régimes amaigrissants, de faire l'éloge des chocolats, de l'escargot bourguignon et de l'ail provençal, de célébrer les seins voluptueux, d'exiger la protection des rossignols d'Auteuil et de chanter les abeilles de Passy qui font un miel au «parfum d'amandier en fleur, de cire chaude et de prairie printanière». Le style de Colette a le goût exact de ce miel.


  • Les courts extraits de livres : 22/03/2010

Extrait du prologue

«Le Journal de Colette» [On ne redevient pas journaliste...] La République, 15 décembre 1933

On ne redevient pas journaliste sans appréhension, ni sans coquetterie, ni sans mauvaise foi. Mais à quel âge, quand on a été journaliste, renonce-t-on à l'être ? Je croyais bien y avoir renoncé. Un article de loin en loin, dans un beau numéro de Noël, dans une revue franco-américaine, un magazine de modes, ça ne compte pas... Et puis je reprends, comme par coup de tête, un poste de critique dramatique. Mais un feuilleton hebdomadaire, participe-t-il au halètement quotidien du journal ?
Inutile argutie ! Vient un jour - aujourd'hui - où la bille est jetée : tous les jours, tous les jours, je courrai l'aventure d'écrire. Tous les jours un souci s'éveillera en même temps que moi, m'accompagnera en voyage, nagera l'été à mon flanc et s'insinuera dans mon songe.
D'où me vient cette tentation ? De très loin, de ma vingtième année. D'un temps où, silencieuse, je contemplai Fouquier, Mendès, Courteline et Sarcey. De l'ancien Écho de Paris, de La Cocarde, du vieil Intransigeant... De la me du Croissant, des salles de rédaction souillées, irrespirables, du gaz vert. De l'odeur d'encre, d'hommes, de gros tabac, de boue mouillée et de bière... Catulle Mendès écrivait ses articles de critique en parlant, en fumant, en invectivant, en buvant du Mariani, Willy parlait sans écrire, mais quel joli timbre de voix !... Courteline, chevaleresque, défendait Marsolleau, et Marsolleau ne s'en relevait pas. Minuit, deux heures, deux heures et demie, un bourdonnement agréable de fatigue dans les oreilles...


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