Michèle Halberstadt, au micro de Thibault Bonnafoux
Les présentations des éditeurs : 22/06/2010
1974. Laure quitte sa famille. Elle a 19 ans et devient serveuse dans un bar des Landes dont le propriétaire est aussi dealer. Elle se fait piéger par la police un jour d'automne. Condamnée à six ans de prison, elle s'évade.
1977. Laure s'appelle Louise, vit à Nice, avoue son passé à l'homme qu'elle aime.
1995. Louise habite les beaux quartiers de Paris, elle a deux enfants, un mari parfait, mais toujours peur.
Lorsqu'un matin l'ancien directeur de la prison de Pau débarque chez elle, elle sait qu'elle en a terminé avec l'imposture et que l'heure de la délivrance est enfin venue.
Se remet-on jamais d'une erreur de jeunesse ? À travers le destin d'une femme traquée, Michèle Halberstadt raconte le cruel apprentissage à la vie d'adulte et le vertige d'une vie plurielle. Un récit sobre et maîtrisé, tendu sur cette ligne de crête, fragile et fatale, entre la normalité et l'illégalité.
Michèle Halberstadt est productrice, entre autres, des derniers films de Benoît Jacquot, Alain Corneau, Laetitia Masson ou François Dupeyron. Elle a publié trois romans, Prends soin de toi en 1991 chez Flammarion. En 2004, Michèle Halberstadt a publié Adjani aux pieds nus, un journal de tournage, chez Calmann Lévy et, chez Albin Michel, Café viennois, en 2006 ainsi que L'incroyable histoire de Mademoiselle Paradis, en 2007.
La revue de presse Audrey Levy - Le Point du 7 juin 2010
L'histoire commence mal. En 1974, Laure, insouciante et naïve, commet l'erreur de tomber sous le charme de Didier, un trafiquant de drogue qui l'embarque dans un sordide traquenard...
Dans Un écart de conduite, la productrice et écrivain Michèle Halberstadt, distributrice récemment du film Biutiful avec Javier Bardem, signe de saisissantes tranches de vie qui défilent comme de belles séquences de film.
La revue de presse Christine Ferniot - Lire, mai 2010
Condamnée à la suite d'une broutille, une jeune fille paie le prix fort pour sa naïveté. Michèle Halberstadt traite la banalité tout en finesse...
Il n'y a pas de morale dans les livres de Michèle Halberstadt, c'est un mot qu'elle n'aime pas. Après Café viennois et L'incroyable histoire de Mademoiselle Paradis, elle se rapproche de la France d'aujourd'hui, mais continue de se pencher sur les mêmes thèmes : la solitude, la confiance trahie, les marques du passé...
L'écriture, apparemment fluide, est très descriptive et s'attarde sur les détails infimes, les transformations physiques, les bruits les plus ténus. Ce sont tous ces éléments minuscules qui permettent de mieux comprendre ses personnages dé-passés par les événements, démunis, enfantins.
Les courts extraits de livres : 22/06/2010
La 4L verte avait son odeur habituelle d'essence et de crème solaire. Elle y pensa machinalement en ouvrant la portière, sans que cela lui procure le moindre plaisir. D'habitude, s'installer dans le siège passager la faisait sourire, tellement la voiture de Didier sentait la mer, les serviettes humides, les sandwiches au thon oubliés sur la banquette arrière. Mais dans la fraîcheur de ce petit matin, l'increvable Granny n'évoquait plus rien. La peur avait effacé les souvenirs.
Didier avait trouvé le type antipathique au téléphone.
«Il arrêtait pas de me dire : "Elle vient avec vous, la blonde, hein ? Elle au moins, on la connaît ! " Non mais il se croit où ? C'est moi qui décide où je livre et avec qui !»