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.. Le destin de la négritude

Couverture du livre Le destin de la négritude

Auteur : Babacar Mbaye Diop

Préface : Souleymane Bachir Diagne

Date de saisie : 07/04/2010

Genre : Sciences humaines et sociales

Editeur : De la lune, Levallois-Perret, France

Collection : Litterature Et Critiques

Prix : 23.00 € / 150.87 F

ISBN : 9782916735498

GENCOD : 9782916735498

Sorti le : 15/12/2009

  • Les présentations des éditeurs : 07/04/2010

Dans sa généreuse préface à l'Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française de Senghor (1948) intitulé «Orphée noir», Jean-Paul Sartre déclare que la Négritude est «exil», «racisme antiraciste», qu'elle est faite «pour se détruire», «passage et non aboutissement, moyen et non fin dernière. [...]. Un pas de plus.., la Négritude va disparaître tout à fait». Ainsi, il proclame un «adieu à la Négritude» parce que selon lui, elle est «triomphe du Narcissisme et suicide de Narcisse». Les intellectuels noirs contesteront dans leur majorité et de diverses manières la vision sartrienne de la Négritude. Senghor lui répondra que la Négritude «ne disparaîtra [...] pas ; elle jouera, de nouveau, son rôle, essentiel, dans l'édification d'un nouvel humanisme plus humain, parce qu'il aura enfin réuni dans leur totalité les apports de tous les continents, de toutes les races, de toutes les nations». Quelques interrogations sont à l'origine de ce livre. Y-a-t-il eu un malentendu entre Sartre et les négrologues ? Comment ces derniers ont-ils défini leur mouvement ? Aujourd'hui, plus de soixante ans après la préface de Sartre, peut-on parler de la mort de la Négritude ou plutôt de sa survivance ?. Ce présent recueil de contributions, réuni par Babacar Mbaye Diop, tente d'y apporter des réponses. Il s'agit de dissiper l'ambiguïté qui pèse sur la Négritude depuis cette célèbre étude du philosophe.

Babacar Mbaye DIOP, Kasereka KA VWAHIREHI, Amadou Lamine SALI, Lilyan KESTELOOT, Cheikh THIAM, Alice Delphine TANG, Laure Clémence CAPO-CHICHI, Biringanine NDAGANO, Patricia ROJAS, Jean-Christophe L. A. KASENDE, Kathleen GYSSELS

Babacar Mbaye DIOP est docteur en Philosophie. Il est né au Sénégal et a fait ses études supérieures à l'Ucad de Dakar et à l'Université de Rouen. Professeur des lycées, Il est fondateur et Co-rédacteur en Chef de la Revue Africaine des Lettres, Arts, Sciences Humaines et Sociales. Il est co-auteur de La conscience historique africaine, 2008


  • Les courts extraits de livres : 07/04/2010

Extrait de la préface de Souleymane Bachir DIAGNE, Université de Columbia, New York

ÉLOGE DU POSTRACIAL : LA NÉGRITUDE AU-DELÀ DE LA NÉGRITUDE

Il y a plus d'un an, en Avril 2008, Aimé Césaire rejoignait en quelque paradis pour poètes ses vieux complices Léon Damas et Léopold S. Senghor. Avons-nous enterré, avec le dernier des trois mousquetaires de la Négritude, sous l'hommage unanime, le mouvement qui tisse leur nom ensemble, cet enfant francophone de la Harlem Renaissance ? Faut-il désormais vraiment dire «feu la Négritude», comme a écrit Abdoulaye Ly, pour parler de cette revendication morte de ne plus être de ce temps que nous vivons, et maintenant descendue chez Hadès d'où nul Orphée ne l'évoquera plus ?
Tous admettront évidemment que la poésie qu'elle a donnée au vingtième siècle et qui en fut l'âme demeure vivante, immortelle qu'elle est. Mais nombreux sont ceux qui déclarent que le corps, lui, a rendu ses atomes au fleuve du temps, que la Négritude comme philosophie - si elle en fut une jamais - est chose ancienne, qui n'a plus rien à dire à un monde qui est passé du moment essentialiste colonial à l'ère postcoloniale, mondialisée et peut-être postraciale si l'on en croit le symbole qui a nom propre «Barack Obama». La Négritude, celle de Césaire, disent ceux qui chantent l'éloge de la créolité n'était, de toute façon, que pour annoncer cette dernière :
«Aimé Césaire eut, entre tous, le redoutable privilège de, symboliquement, rouvrir et refermer avec la Négritude la boucle qui enserre deux monstres tutélaires : l'Européanité et l'Africanité, toutes extériorités procédant de deux logiques adverses (...) L'Assimilation, à travers ses pompes et ses oeuvres d'Europe, s'acharnait à peindre notre vécu aux couleurs de Y Ailleurs. La Négritude s'imposait alors comme volonté têtue de résistance tout uniment appliquée à domicilier notre identité dans une culture niée, déniée et reniée. Césaire, un anticréole ? Non point, mais un anté-créole, si du moins, un tel paradoxe peut être risqué. C'est la Négritude césairienne qui nous a ouvert le passage vers Y ici d'une Antillanité désormais postulable et elle-même en marche vers un autre degré d'authenticité qui restait à nommer.»
Disent les créolistes : cette Négritude était un enfermement, nécessaire pour un temps, dont l'Antillanité est l'évasion qui ouvre sur le grand large où il n'y a donc plus de «domiciliation».


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