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.. Orages ordinaires

Couverture du livre Orages ordinaires

Auteur : William Boyd

Traducteur : Christiane Bess

Date de saisie : 05/07/2010

Genre : Policiers

Editeur : Seuil, Paris, France

Collection : Cadre vert

Prix : 21.80 € / 143.00 F

ISBN : 978-2-02-100103-7

GENCOD : 9782021001037

Sorti le : 01/04/2010

Un jeune homme arrive à Londres et se voit très vite accusé d'un crime dont-il n'est pas coupable... Intrigue somme toute assez banale. Mais l'auteur arrive à en faire un roman remarquable. On suit cet homme et sa chute, perdu dans les bas-fonds de la société londonienne, échappant aux uns pour tomber dans les filets des autres, fréquentant les pires endroits, côtoyant des personnages hauts en couleur, on vit avec lui, on frémit ou on souffle et on en redemande.

Intelligent, prenant, d'une écriture précise, on se laisse très vite prendre par cette dégringolade qui semble sans fin. Ironie douce ou critique plus franche du monde comme il va, ce roman est sans doute aussi très politique.


Un choix de libraire lu par François Busnel


  • Les présentations des éditeurs : 22/01/2011

Par un pur hasard, Adam Kindred, jeune climatologue spécialiste des nuages, se retrouve dépouillé en quelques heures de tout ce qu'il tenait pour acquis : sa carrière, sa réputation, ses cartes de crédit, son passeport, son portable, et même ses vêtements, soit tous les signes extérieurs de son identité humaine. Une succession de terrifiantes coïncidences fait de lui l'auteur tout désigné d'un meurtre. Police et tueur à gages lancés à ses trousses, sa seule issue est d'entrer dans la clandestinité et de rejoindre la multitude de ces disparus qui hantent les grandes capitales mais demeurent indétectables sous les rayons inquisiteurs des radars sociaux.
Entre ses poursuivants multiformes et insaisissables et ses frères en misère, Adam fait l'apprentissage cruel et fascinant de l'art de la survie à l'intérieur d'un Londres hors normes, peuplé de personnages forts inventifs face aux vicissitudes existentielles. En opérant - grâce à la chance et à l'amour -sa remontée à la surface du monde dit civilisé, Adam regagne l'espoir de redevenir lui-même et d'en finir avec cette vie en fuite orchestrée de main de maître par un auteur qui, lui, n'a rien laissé au hasard.

Né à Accra (Ghana) en 1952, William Boyd a étudié à Glasgow, Nice et Oxford, où il a également enseigné la littérature.
Il est marié et vit aujourd'hui entre Londres et la Dordogne.



  • La revue de presse Florence Noiville - Le Monde du 22 avril 2010

La force du roman, c'est de montrer à quelle vitesse la civilisation s'efface. En un clin d'oeil, dans les broussailles d'un terrain vague sous le pont de Chelsea, on peut se retrancher de tout, vivre "hors du monde" dans une capitale européenne, tuer des mouettes à mains nues pour subsister. Dans sa cavale, notre Robinson de la Tamise croisera un gourou illuminé, des vétérans des Malouines, des prostituées en tout genre et quelques grands patrons de l'industrie pharmaceutique dont l'un, perpétuellement sur son yacht - mais jamais très loin de son jet privé -, a au moins un point commun avec Adam, l'absence d'adresse fixe...
On lit d'une traite ce thriller moral à l'intrigue classique - l'homme seul face à des adversaires ultra-puissants et sanguinaires - mais diaboliquement construit, solidement documenté et parfaitement traduit.


  • La revue de presse Alexandre Fillon - L'Express du 15 avril 2010

Intrigue bien menée et personnages savoureux composent ce thriller...
William Boyd a toujours un don incroyable pour tenir les rênes d'une intrigue au cordeau, l'art de creuser ses personnages afin d'en montrer la complexité et les différentes facettes...
Boyd est, il est vrai, parvenu à faire cohabiter dans son dixième roman le suspense et la fresque. A y explorer les diverses couches de la société anglaise et leurs niveaux de langue respectifs, à s'y livrer à une pénétrante réflexion sur l'identité. Orages ordinaires entrelace savamment un portrait de Londres en ce début de XXIe siècle, une satire du monde impitoyable des affaires tout en se livrant à une variation sur "cette vie compliquée, difficile, éphémère que nous menons". Chef d'orchestre au sommet de son art, William Boyd mérite une longue et fervente standing ovation.


  • La revue de presse André Clavel - Lire, avril 2010

Retour en fanfare de William Boyd, qui narre les tribulations d'un fugitif entre un trust pharmaceutique et les caniveaux de Londres. Haletant...
Adam pourra-t-il retrouver le paradis perdu ? Réponse dans ce thriller où, au passage, "Rocamboyd" règle ses comptes avec le monde pas très reluisant de l'industrie pharmaceutique, une mafia dont les sombres magouilles attisent les foudres des Orages ordinaires. Résultat : un roman haletant qui est à la fois une histoire de dégringolade sociale, une réflexion sur la fragilité de l'identité et une machine infernale à la Hitchcock. Du très grand Boyd.


  • Les courts extraits de livres : 12/06/2010

Commençons avec le fleuve - toute chose commence avec le fleuve et nous y finirons, sans doute -, mais attendons de voir comment ça se passe. Bientôt, d'une minute à l'autre, un jeune homme va venir se poster au bord de l'eau, ici, au pont de Chelsea, à Londres.
Tiens, le voilà qui descend avec une certaine hésitation d'un taxi ; il règle le chauffeur, regarde machinalement autour de lui, jette un coup d'oeil vers l'eau claire (la marée monte et le niveau du fleuve est inhabituellement haut). C'est un grand jeune homme au teint pâle, la trentaine, des traits réguliers, les yeux battus, les cheveux noirs coupés court, rasé de frais comme s'il sortait de chez le barbier. Il est nouveau dans la ville, un étranger, et il s'appelle Adam Kindred. Il sort d'un entretien d'embauché et il a eu envie de voir le fleuve (l'entretien ayant été la rencontre tendue classique, avec un gros enjeu) répondant à un vague désir de «prendre un peu l'air» comme s'il avait le projet de gagner la côte. Le récent entretien explique pourquoi, sous son imperméable coûteux, il porte un trois-pièces gris foncé, une cravate marron, une chemise blanche neuve, et pourquoi il trimballe un superbe et solide attaché-case noir avec grosse serrure et cornières en cuivre. Il traverse la route, sans soupçonner à quel point, dans les heures qui viennent, sa vie va changer - du tout au tout, irrévocablement, sans qu'il en ait le moindre soupçon.


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