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Ils sont quelques enfants, séquestrés dans ce manoir perdu au milieu des arbres. Ils ne sont pas les premiers, ne seront pas les derniers. L'espoir les a quittés à la minute même où ils ont franchi ces portes. Une seule certitude : au bout du calvaire, c'est la mort qui les attend. Ils sont nombreux, de par le monde, ces enfants sacrifiés. Kara le sait bien qui, trois ans durant, a enquêté sur les réseaux pédo-criminels. La parution de son livre a fait grand bruit mais n'a pas été suivie d'effet. Frileuses, les autorités rechignent à poursuivre certains salauds trop puissants. Mais quelqu'un d'autre semble s'en charger. Et supprimer sauvagement les bourreaux d'enfants. Précipitée entre l'horreur des crimes passés et l'atrocité de la vengeance, Kara reprend l'enquête, du côté obscur de la force...
«Catherine Fradier ne choisit pas la facilité. Sur le thème de la pédophilie, elle déploie un récit saisissant, l'oeuvre d'une vraie romancière.»
R.M. - L'Humanité
Egalement chez Pocket : Camino 999.
Les courts extraits de livres : 16/04/2010
Pourquoi tu étais en retard ? Pourquoi tu n'étais pas là ?
Romain avait mal au ventre à en pleurer. Il ne leur donnerait pas ce plaisir. Où était sa mère en ce moment ? Avec son père et son frère, espérant toujours son retour. C'était certain. Il les imaginait tous les trois dans le salon, assis près du téléphone. Non, pas son frère. Lui devait continuer à le chercher, dans le bois derrière le lotissement, sur le chemin entre l'école et la maison. Dans la ville. Dans les caves, les hangars. Partout. Ce jour-là, il était en retard.
Maman, jamais on ne me retrouvera. Pas vivant...
Romain n'avait pas peur de mourir, il l'avait tellement souhaité, imploré. Quelques jours auparavant, un coma de quelques heures l'avait emporté. Juste avant qu'il ne bascule dans le trou noir, la douleur de ses blessures avait disparu et il s'était dit qu'il n'aurait plus mal. Pourtant, il avait repris connaissance et, de nouveau, il avait subi. Mais aujourd'hui, c'était la fin, il le savait. Ils n'avaient plus besoin de lui et allaient s'en débarrasser.
La lumière lui brûlait les yeux, il enfonça son visage dans le matelas posé à même le sol.