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Auteur : Paul Yonnet
Date de saisie : 17/05/2010
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : Ed. de Fallois, Paris, France
Prix : 18.00 € / 118.07 F
ISBN : 9782877067201
GENCOD : 9782877067201
Sorti le : 12/05/2010
Le 18 novembre 2009 marque un tournant dans l'histoire des relations que les sociétés entretiennent avec le premier des sports-spectacles. La main volontaire de Thierry Henry, qualifiant la France pour la prochaine Coupe du monde au détriment de l'Eire, a provoqué une onde de choc planétaire. Le plus symptomatique a été la révolte soulevée, spontanément, chez les neuf dixièmes des Français.
C'est que le football, à l'instar des grands événements sportifs, est un drame et une cérémonie rituelle de l'identité collective, où il entre du sacré ; il appartient à tout le monde, puisque ses acteurs sont les représentants d'une société qui se rend tout à coup visible, et non plus une élite représentant le seul football ; à ce titre, les faits et gestes des joueurs et des responsables institutionnels engagent non seulement l'image du pays aux yeux des autres nations, mais l'estime que la communauté se porte à elle-même.
Jurant avec ces enjeux, «la fabrique du score» transforme insidieusement le football en spectacle de l'injustice. Les spectateurs ont cessé d'être un magma soumis à l'obligation de voler au secours de la victoire. Un certain âge d'or du foot est fini. Le 18 novembre 2009 ont pris fin les temps naïfs.
Paul Yonnet a publié plusieurs ouvrages dans la collection «Bibliothèque des sciences humaines» de Gallimard, dont, en 2006, Le Recul de la mort. L'avènement de l'individu contemporain. Il est aussi l'auteur de plusieurs essais dont François Mitterrand, le phénix, La Montagne et la mort et Le Testament de Céline (Éd. de Fallois, 2003 et 2009).
Le jour où, pour l'équipe de France,
De battre mon coeur a cessé
Devant un match de football, il nous est arrivé de ressentir de la joie, du plaisir, de l'extase même, d'éprouver le sentiment du beau, du travail bien fait, de la complémentarité, de l'intelligence technique, du brio tactique, d'être pris par la tension extrême née de l'équilibre de l'opposition quand l'incertitude du résultat se prolonge. Nous avons pu éprouver aussi de la tristesse, de la déception, un sentiment de révolte par impuissance devant l'injustice qui aurait frappé l'équipe ayant notre faveur, de l'amour et du désamour. Mais jamais ce que nous avons vécu ce 18 novembre 2009. Comme jamais nous n'avions vécu cette onde de choc planétaire, médiatisée, en conséquence de l'événement et de ses immédiats prolongements. Il a joué un rôle de révélateur en catalysant d'un coup des éléments épars, qui sont apparus en pleine lumière : le football, à l'instar des grands événements sportifs, est un drame et une cérémonie rituelle de l'identité collective ; il appartient à tout le monde, puisque ses acteurs sont les représentants de la société, et non plus une élite représentant le seul football ; à ce titre, les faits et gestes des joueurs et des responsables institutionnels engagent non seulement l'image du pays tout entier aux yeux des autres nations, mais l'estime que la communauté se porte à elle-même. Le 18 novembre 2009, lors du match France-Eire, les neuf dixièmes des Français ont jugé qu'elle avait été trahie - ce qui, faut-il le dire, est rassurant et tout à leur honneur. À ce titre, ce qui s'est passé est plus qu'une péripétie, et marque probablement un tournant.
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